Et le TTIP dans tout cela

C’est la règle du jeu de l’actualité, un sujet chasse l’autre et ce qui paraissait être un enjeu vital pendant quelques jours ou quelques semaines disparaît brutalement des écrans comme s’il ne s’agissait plus que d’un épiphénomène.  Ainsi, on nous a gavé de COP 21 pendant deux mois. On nous gave actuellement « d’état d’urgence ». Espérons que le premier reviendra rapidement sur nos écrans de contrôle, ce sera la preuve que le sujet a été véritablement pris au sérieux. Souhaitons que le second passe à la trappe, cela prouvera que nos dirigeants auront compris que cela ne sert à rien de dramatiser les enjeux sécuritaires et que l’état de droit, tel qu’il est, est suffisant et qu’il vaut mieux s’assurer que ce qui existe fonctionne mieux plutôt que d’inventer une nouvelle usine à gaz qui brasse surtout du vent. Demain, chassant ces deux sujets, peut-être nous gavera-t-on de la reprise de la crise déclenchée cette fois par les explosions en cascades des bulles spéculatives accumulées en Chine comme on nous gava des subprimes. Dans ce jeu de chasse-clou, il  a des sujets qui sortent de la lumière et c’est très dommage pour la transparence démocratique.

Ainsi en est-il des négociations commerciales internationales qui nous ont tant occupés au printemps dernier qu’on les appelle TAFTA, CETA ou TTIP ? L’alerte nous vient d’un pays beaucoup plus sensible que nous à ces questions de commerce international, compte tenu de l’importance des exportations dans son activité économique , l’Allemagne https://mail.google.com/mail/u/0/#inbox/1521c6131d460a19 Le « TTIP » et les craintes légitimes de l’opinion allemande Pour un chantre de la mondialisation heureuse et du libre-échange, c’est quand même un aveu de taille. Mais nos voisins ont raison de s’inquiéter car nos « partenaires » atlantiques ne jouent pas vraiment franc-jeu . En France, pour l’instant la fièvre anti-TAFTA est un peu retombée et c’est le silence radio dans les médias. C’est dommage car un des secteurs où les Etats-Unis sont les moins coopératifs es justement un de nos secteurs d’excellence  TTIP: l’agroalimentaire dénonce la faible ouverture du marché américain TTIP: l’agroalimentaire dénonce la faible ouverture du marché américain Les petites « gueguerres » sur le Roquefort ou le foie gras ne sont que des anecdotes par rapport à d’autres gros marché et voici comment se fait le blocage http://www.euractiv.fr/sections/agriculture-alimentation/le-point-dentree-unique-penalise-fruits-et-legumes-europeens-aux  Le point d’entrée unique pénalise fruits et légumes européens aux Etats-Unis La méthode est astucieuse mais parfaitement déloyale. On a beau jeu ensuite de dire que c’est la faute du « système bureaucratique lourd et couteux des États-Unis », ce qui serait un comble dans le pays du libéralisme où tout est en théorie fait pour réduire la pesanteur bureaucratique de l’Etat.

Mais cela ruine les espoirs de certains qui voyant ces titres http://www.letelegramme.fr/economie/chou-fleur-les-prix-flambent-aux-etats-unis-29-12-2015-10903650.php Chou-fleur. Les prix flambent aux États-Unis  auraient pu imaginer, pour faire face aux crises récurrentes des primeurs bretons, de recommencer à travers l’Atlantique, ce que leurs ainés avaient si bien réussi à travers la Manche en créant une ligne de ferries légumiers. On n’en est pas là, car Brittany Ferries a actuellement d’autres chats à fouetter et l’Atlantique est un peu plus large que la Manche

Mais pour revenir au TTIP, ce qui se passe en sous-main et qui est connu des seuls spécialistes mériteraient d’être remis sur la place publique. C’est une exigence démocratique. Rappelons à nos négociateurs, les fonctionnaires de la Commission Européenne que les citoyens européens se sont massivement exprimés sur ce sujet par une pétition d’initiative populaire d’une rare ampleur Une pétition recueille trois millions de signatures contre le TTIP.

Et si vous avez le moindre doute sur les intentions réelles des entreprises multinationales, il suffit de lire ceci http://www.bastamag.net/Rejet-de-l-oleoduc-Keystone-XL-la-societe-TransCanada-reclame-15-milliards-de Une multinationale réclame 15 milliards de dollars suite à l’abandon d’un projet d’oléoduc Vous noterez que d’un côté, il s’agit d’une entreprise dont le fonds de commerce sont les énergies fossiles dont la condamnation a été actée par la communauté internationale lors de la COP 21 et de l’autre, l’Etat le plus puissant du monde. Des confrontations comme celle-là se multiplieront si les accords en cours de négociation aboutissent. Une telle attaque frontale devrait faire réfléchir l’administration fédérale américaine.

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