Quelques fausses bonnes idées pour commencer l’année ?

Faute de bonnes nouvelles, les journaux nous proposent assez régulièrement les bonnes idées, les solutions miracles qui arrivent à combiner les contraires. Et nous évidemment nous les croyons.

Tenez, prenez par exemple cette belle centralehttp://www.entreprises.ouest-france.fr/article/energie-centrale-biomasse-havre-fait-revivre-site-pollue-05-01-2016-248362 Energie. La centrale biomasse du Havre fait revivre un site pollué. Il faudrait avoir l’esprit mal tourné pour y voir le mal. Il n’y a rien que des avantages. Premier avantage, voilà Le Havre (dont les quais vont être du coup, encore plus blancs) débarrassés d’un site pollué, que « beaucoup comparent à Metaleurop » c’est-à-dire ce que la société industrielle des Trente glorieuses a produit de plus dégueulasse. Deuxième avantage, et c’est toujours tout bénéfice pour l’environnement, l’usine va nous débarrasser de déchets qui jusqu’à présents n’étaient pas recyclables et finissaient donc dans les décharges à déchets ultimes. Troisième avantage, cela va produire de l’énergie pour toutes les industries alentour et quelques communes en plus. Voilà un tiercé gagnant quand on s’appelle Suez « environnement ». Mais ce n’est pas fini, cela va créer en plus des emplois, un peu pour la construction, beaucoup moins pour le fonctionnement mais en cette période de guerre déclarée au chômage, on ne fait pas la fine bouche sur les moindres victoires. Il ne manquerait plus que cette installation soit rentable et le triangle magique du développement durable serait parfait. Mais cet aspect des choses est occulté, car en effet ça ne nous concerne pas, les bénéfices c’est l’affaire des seuls actionnaires, mais la rentabilité est forcément au rendez-vous quand on s’appelle « Suez » Environnement. Mais il y a un autre aspect sur lequel l’article est, sinon muet, mais d’une grande discrétion, c’est la technologie employée. On sait seulement qu’elle est peu usitée mais d’origine scandinave. Cela aussi ça pose son développement durable car en la matière, les scandinaves sont les champions, d’ailleurs c’est une d’entre eux qui a popularisé le concept. C’est certain mais on aurait aimé savoir par quel tour de force, les fours arrivent à rejeter dans l’atmosphère un air sain, en partant de combustibles malsains. C’est peut-être là que ce projet présente une faiblesse car c’est souvent là que ces projets ont une faille. Elle peut être de taille à la longue.

Deuxième exemple, toujours dans le monde de l’entreprise. Voici une entreprise qui a fait de la RSE son cheval de bataille et son patron fourmille de bonnes idées, comme il les expose ici : http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/retro-patrons-bruno-hug-larauze-pour-contrat-unique-travail-05-01-2016-248470 La rétro des patrons. Bruno Hug de Larauze pour un contrat unique de travail. Comme beaucoup de patrons de choc français, sa première hantise c’est le salarié, la seconde étant l’Etat. Le salarié parce que le droit du travail est d’un compliqué et qu’il serait tellement plus simple d’avoir un seul type de contrat plutôt que des CDI et CDD. Il n’en dit pas plus sur sa solution miracle mais admettons quand même qu’il a peut-être raison sur un point, il faut rendre le code du travail plus lisible mais sans pour autant jeter le bébé des acquis sociaux avec l’eau polluée d’une réglementation exagérément tatillonne. La salarié ensuite parce qu’il coûte cher et que cela plombe les marges. Il faut donc encore augmenter les cadeaux fiscaux aux entreprises. Vous vous rendez compte, à cause des coûts salariaux, « que les marges des entreprises françaises sont encore inférieures de dix points à celles des sociétés allemandes ». ah bon ! Comme je suis pragmatique, je suis allé me renseigner pour voir ce qu’il en était réellement. J’ai lu des tas d’études incompréhensible jusqu’à ce que je tombe sur ceci : http://www.journaldunet.com/management/expert/56243/allemagne-france—comparons-les-feuilles-de-paye-des-salaries.shtml Allemagne/France : comparons les feuilles de paye des salariés. Regardez bien le tableau comparatif : « coût pour l’entreprise » 2% d’écart entre la France et l’Allemagne. Difficile ensuite de nous faire croire que c’est là, la cause de la sous-rentabilité des entreprises françaises. Quitte à avoir des bonnes idées, les patrons français feraient mieux d’aller regarder dans les autres postes de leurs compte de résultat pour expliquer leur piètre performance .

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