Un écologiste dans la ville

Jean-Marie Pelt est mort hier à l’âge de 82 ans. Sa disparition va sûrement laisser un grand vide dans le monde scientifique où il fut un des précurseurs de l’écologie. La création de l’Institut Européen de l’Environnement, dans la ville de Metz a sûrement fait beaucoup pour la reconnaissance de toutes ces disciplines qui constituent le corpus scientifique de l’écologie.  Mais ce n’était pas seulement un grand scientifique, c’était aussi un magnifique vulgarisateur et ses émissions sur France Inter étaient toujours une source d’information et d’étonnement.

Mais ce qu’on sait peut-être moins, c’est que Jean-Marie Pelt était aussi un homme politique, engagé dans la cité. La première fois que j’ai entendu parler de lui, c’était à la fin des années 60 où il faisait figure d’homme d’avenir du Centre Démocrate en Moselle. Son engagement était donc résolument au centre, modéré dans la forme mais ferme sur le fond, déjà.

J’ai connu la ville de Metz, triste, engoncée dans sa carapace de casernes et d’installations militaires. L’armée était partout chez elle avec sa manie de l’ordre et du rangement, ses espaces minéralisés et l’absence de verdure qui caractérisent les lieux qu’elle occupe. Et quand ce n’était pas l’armée, c’était l’industrie car Metz  tenait à rappeler que plus que Longwy, Hayange ou Rombas, elle était la véritable capitale de la sidérurgie mosellane, voire lorraine.

Mais voilà l’armée et partie et la sidérurgie aussi. Et Metz est devenu …la 5° ville la plus verte de France, commune « zéro insecticides », ville aux 42.000 arbres. Je n’y était pas revenu depuis 30 ans quand j’ai eu l’occasion d’y retourner  pour raisons professionnelles en 1999. Fini la caserne Ney, devenue centre culturel important, rasés les ilots insalubres de la caserne Chambières et de la rue du Pontiffroy. Même le vieux collège jésuite de St Clément avait retrouvé une nouvelle jeunesse en accueillant le Conseil Régional de Lorraine, là où d’autres régions ont bâti à grand frais des « Hôtel de Région » dont la moitié va se révéler inutile grâce à la réforme territoriale . Il n’y a pas jusqu’au bras mort de la Moselle entre Ile du Saulcy et Ile Saint Symphorien qui n’ait subi une mue profonde se transformant en plan d’eau de loisirs au charme certain. Et je ne peux m’empêcher de penser qu’on voit là en action la pensée écologiste de celui qui fut pendant plus d’une décennie le premier adjoint d’un maire a priori peu sensible aux charmes de l’environnement. Il a dû  falloir beaucoup de la persévérance et de ténacité à Monsieur Pelt pour aboutir à ce que tout le monde reconnait comme une mue réussie.

Scientifique reconnu, pédagogue apprécié, Monsieur Jean-Marie Pelt a ainsi montré que écologie et politique peuvent faire bon ménage dès lors qu’en faisant de l’écologie on arrive à transformer la cité là où d’autres en faisant de la politique prétendent faire avancer la cause écologique, à coup d’idéologie.

Sa vie est une belle leçon d’écologie politique. Merci Monsieur Pelt.

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