COP 21 = sobriété énergétique et énergies propres

Ce sont les deux maîtres mots de la prochaine COP, comme c’était d’ailleurs ceux des COP précédentes. Vu comme ça, la lutte contre les dérèglements climatiques c’est simple. Et effectivement, c’est simple si on prend les problèmes à l’endroit et qu’on se pose les bonnes questions au bon moment

Mais hélas, tout le monde ne se pose pas les bonnes questions et surtout pas au bon moment, par ignorance, paresse intellectuelle ou goût du lucre.

A quelques jours de l’inauguration de la 21° Conférence des Parties, certains ont encore du mal à intégrer dans leur business plan ce qu’induisent les travaux scientifiques, notamment ceux du GIEC, en termes de préservation de toutes les ressources naturelles, sol, sous-sol, eau, air, faune flore confondus.

Evidemment, je ne vais pas aller chercher les cas les plus évidents, tout le monde a leur nom en tête. Intéressons-nous plutôt aux autres, les cachés ou les inconscients.

Financer la transition énergétique, c’est du propre !

Commençons par ceux qui avancent masqués ? Tiens prenons les banques. Une banque, quand ça ne spécule pas, ça sert à financer l’économie, c’est-à-dire des entreprises, leurs projets et leurs investissements. Or, tous ne sont pas équivalents du point de vue de leur impact climatique. Financer une centrale à charbon ou une mine de charbon à ciel ouvert ce n’est pas la même chose que financer une ferme éolienne en mer, même à rentabilité égale. Or de ce point de vue les banques françaises ne semblent pas avoir compris cela et cette surdité commence à énerver sérieusement les organisations non gouvernementales environnementales http://www.lesechos.fr/paris-climat-2015/actualites/021457432081-rechauffement-climatique-quand-les-ong-denoncent-les-banques-fossiles-1172893.php#xtor=EPR-7-%5Bmatinale%5D-20151106-%5BProv_%5D-1681742%402 Réchauffement climatique : quand les ONG dénoncent les « banques fossiles »

Investir 7 fois plus dans des énergies fossiles (129 milliards tout de même) que dans les énergies renouvelables (18 millions seulement) : on peut s’interroger sur cette attitude apparemment désinvolte des dirigeants de ces banques. Je ne peux toutefois pas faire quelques rapprochements utiles. Jusqu’à récemment, une entreprise à capitaux publics était ouvertement financée pour promouvoir à l’export son savoir-faire en matière de production d’électricité à partir de sources fossiles et elle était, de tout temps, dirigée par des ingénieurs issus des plus grands corps. Et il est de notoriété publique que ces banques sont dirigées pour la plupart par d’anciens grands commis de l’Etat, énarques en général, passés dans le privé. Formé dans le même moule, ces grands corps  comme on dit ont des solidarités qui les doivent les rendre myopes, sourds et ineptes, au sens premier de ce mot. Je ne vois pas d’autres raisons, ce ne peut quand même pas être un calcul de pure rationalité économique à long terme compte tenu de l’évolution prévisible des cours et des ressources disponibles.

Il y a sobriété et sobriété

Tout ce qui contribue à réduire la consommation énergétique des activités humaines est évidemment bienvenue mais encore une fois pour juger de la qualité de la démarche, il faut se poser les bonnes questions au bon moment. Tenez, prenons cet exemple apparemment anodin présenté comme un fait divers insolite par la presse quotidienne régionale http://www.ouest-france.fr/brest-quelle-est-cette-etrange-lumiere-rose-dans-le-ciel-3818442 Brest. Quelle est cette étrange lumière rose dans le ciel ?

Voilà une information croustillante, qui allait faire du buzz et de fait, elle en a fait un peu. Mais c’est beaucoup de bruit pour rien. Ou plutôt, juste un « teaser » comme disait les publicitaires quand il parlaient encore un franglais que je comprenais, bref quelque chose pour attirer l’attention sur un message qu’on veut faire passer. Et le message est le suivant « voilà un serriste responsable ! il est passé à l’éclairage LED  et ça fait une belle lumière rose ! » Effectivement dit comme cela, ça semble aller dans le bon sens, c’est-à-dire la sobriété énergétique. Mais allez plutôt lire l’article et surtout regarder les illustrations. Que voit-on ? Une installation qui semble éclairer plusieurs kilomètres alentour. Cherchez l’erreur ! En fait cet exploitant agricole s’est trompé de question. La bonne question n’aurait-elle pas été : « ai-je besoin de temps de lumière pour faire pousser des tomates ? » ou même mieux : « Est-ce bien raisonnable de vouloir faire pousser des tomates en hiver, en Bretagne ? »

Quand le stupide le dispute à l’odieux

Et puis il y a les inconscients, les fondus de technologies pour qui toutes les prouesses techniques justifient qu’on sacrifie un peu plus l’avenir de notre planète. Nous avons quelques spécimens de cette engeance et cela a donné Concorde, cela aurait pu donner le super TGV (mais la SNCF n’avait plus les moyens) et cela donne encore l’EPR de Flamanville. Mais en la matière les fertiles cerveaux de nos ingénieurs, qui entre nous trouveraient sûrement à mieux s’occuper dans d’autres aventures technologiques qu’à ressasser jusqu’à plus soif les recettes des deux siècles passés pour voir jusqu’où on peut perfectionner la chandelle, se sont fait damer le pion par plus inconscients qu’eux http://www.ouest-france.fr/aviation-bientot-un-paris-new-york-en-40-minutes-3816109 Aviation. Bientôt un Paris-New York en 40 minutes ? Je ne connais pas les performances énergétiques de cet engin mais cela doit « »sucer  grave » comme on dit dans le langage raccourci d’aujourd’hui. Chaque voyage va vous coûter une forêt amazonienne en compensation carbone au moins. On voit donc l’absurde de la proposition Mais celle-ci devient franchement odieuse quand on pense au peu de monde que ça peut intéresser et à la masse de capitaux que ça devrait mobiliser pour se réaliser et qu’on rapproche cette information de cette autre information parue le même jour. http://www.ouest-france.fr/pauvrete-labsence-de-moyens-de-transport-est-un-facteur-aggravant-3818227 Pauvreté. L’absence de moyens de transport est un facteur aggravant

Quel rapport me direz-vous entre un super-jet pour happy few et les trains de banlieue ? Ben demandez la réponse aux ingénieurs, aux industriels qui fabriquent des moyens de transport et aux banquiers qui les financent ? Quand vous mettez du savoir, des outils de production et des finances à un endroit, forcément vous ne les avez plus pour les mettre ailleurs où ils seraient réellement utiles au plus grand monde.

La COP 21 c’est donc bien une question de choix économiques, environnementaux et sociaux  simultanément. Ça ne vous rappelle rien ce trépied ? Moi, si.

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