Petits et grands scandales du 13 juillet

Manifestement pendant le week-end avant le 14 juillet, l’actualité a été chiche en petits et grands scandales, sauf à considérer que le sommet européen qui a traité le dossier grec a été un scandale en soi mais , sur ce sujet, je reviendrai, je pense dans les jours qui viennent car la décantation permet toujours d’y voir plus clair. Donc le 11 et le 12, rien à signaler de particulier, c’est pourquoi je passe directement au 13 juillet qui fut lui aussi un jour « sans » ou presque

Petit scandale sanitaire et environnemental

Les pesticides, qui furent le bonheur des jardiniers paresseux et le sauveur des agriculteurs en mal d’ivraie et autres saletés dans leurs cultures, sont devenus leurs plus mortels ennemis et pour une fois cette expression peut être prises au sens propre, car nous savons que  ces produits tuent et le plus emblématique porte un drôle de nom, qui commence par Ro et fini par Up. Les sénateurs, s’appuyant sur un amendement du groupe des « écologistes » a confirmé leur interdiction, ce qui est un bien ;

http://www.actu-environnement.com/ae/news/interdiction-vente-pesticides-particuliers-2022-2019-24954.php4#xtor=ES-6

L’interdiction de vente des pesticides aux particuliers avancée de 2022 à 2019

Mais alors, me direz-vous, pourquoi est-ce un scandale ?

C’est un scandale tout d’abord parce que si ces produits sont vraiment extrêmement dangereux, pourquoi attendre 2019 pour les interdire ? En 4 ans, ils peuvent encore faire des dégâts.

C’est surtout un scandale parce que lors du vote de la loi proposée par le sénateur Labbé, le parlement avait essayé de la vider de son sens en en reportant l’application à….2022 , c’est-à-dire aux calendes grecques.

Mais au-delà de ces petits scandales calendaires, il y a plus profondément le scandale de la sélectivité de l’interdiction. Puisque d’autres molécules sont également considérées comme dangereuses, comme les glyphosates ou les néonicotinoïdes, pourquoi ne pas être aller jusqu’au bout de la démarche de prévention et les interdire également à la vente?

Mais  le plus scandaleux est quand même l’hypocrisie de la ministre quand elle décrit les modalités d’application de la vente : les produits seront sous clé et ne pourront être vendus qu’à un public averti. Cela ressemble aux précautions prises en France pour vendre des munitions dangereuses. Est-ce par peur de Monsanto qu’on n’ose pas interdire TOTALEMENT la vente du produit-phare et qu’on utilise ce subterfuge qui ne trompe personne, un petit peu comme on interdisait dans les années 60 la vente de revues pornographiques?

Comme quoi même sans TAFTA, les grands groupes financiaro-industriels font déjà leur loi, par l’intimidation .

Petit scandale de la sous-information

L’an dernier à la même époque, une bande dessinée largement popularisée par une ONG environnementaliste faisait pleurer les chaumières sur le saccage des grands fonds, jetant pêle-mêle aux chiens, les bateaux-usines des industriels de la mer et les petits artisans,, de la pêche côtière ou hauturière.

Heureusement, cette publication vient rétablir une part de vérité.

http://www.lemarin.fr/secteurs-activites/peche/22500-hors-serie-peches-francaises-2015

Hors-série : pêches françaises 2015

Qu’y a-t-il de scandaleux à cela ? Ben, en premier lieu, comme ce rapport dit que les choses s’améliorent dans la pêche française, les médias s’en foutent un peu, comme si les efforts faits par l’immense majorité de la profession n’avaient aucun intérêt et ne méritaient pas d’être, sinon mis en valeur, au moins mentionnés même dans un bref communiqué.

En deuxième lieu, il faut quand même convenir que ce rapport reste incomplet, justement parce, lui, passe sous silence, les dégâts faits par la pêche en eaux profondes, qui sont tout sauf anecdotiques.

Puis derrière ces scandales, somme toute médiatiques, il y a les scandales liés à la pratique même de la pêche et à sa réglementation . De l’avis même des spécialistes, on n’a qu’une connaissance très parcellaire de l’état du stock de poissons par espèces et de la façon dont celui-ci évolue et quelle est la part de l’activité humaine dans ces évolutions. Ceci relativise quand même la pertinence des mesures de limitation trop draconiennes.

Et puis, scandale parmi les scandales, la pêche partage avec l’agriculture quelques défauts communs dans son organisation. Tout d’abord, les circuits de distribution semblent parasités par toute une cascade d’intermédiaires dont l’intervention ne se justifie pas, sauf pour ponctionner au passage, une partie de ce que paie en bout de chaîne, le consommateur. Ensuite, il y a une concurrence acharnée entre industriels de la mer et artisans de la pêche. Et enfin, il y a un secteur qui peine à se moderniser et qui subit pour cette raisons les aléas des politiques européennes : un jour on finance la destruction des navires, le lendemain, on subventionne la construction. Tout cela rappelle d’autres politiques, dites communautaires et ce dévoiement  de l’esprit qui a présidé à la constitution progressive de l’Union Européenne, est déjà un scandale en soi.

Publicités
Cet article, publié dans COUPD'GUEULE, l'économie comme on la subit, mondialisation quand tu nous tiens, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s