Les paradoxes du référendum grec

Le résultat du référendum, organisé rapidement, à la va-vite disent certains, par le gouvernement grec sont difficiles à décrypter tellement ils sont paradoxaux.

Certains, les mêmes mais aussi d’autres , d’avis diamétralement opposés, dissertent très sérieusement et très doctement de ce que les Grecs ont voulu dire et ce que leur décision, démocratique, forcément démocratique, va impliquer dans les jours et les semaines à venir.

On peut le dire sur tous les tons et je ne vais pas m’en priver

Sur le ton « amusé-badin »

Comment voulez-vous qu’ils se comprennent en Europe sur cette question ? Quand le Grec dit OUI, il dit NAI et l’Allemand comprend « NEIN » et quand il dit NON, il dit OXI et l’Italien, le Portugais et l’Espagnol comprennent « O, SI ». Difficile d’être polyglotte, dans une Europe démocratique mais hétérogène .

Sur le ton « ironique-moqueur »

Ceux qu’on appelle les néo-libéraux ne veulent qu’une chose « toujours moins d’Etat, moins de taxes, moins de réglementation ». Ce qu’on reproche à la Grèce, c’est un Etat aux abonnés absents, incapables de faire rentrer les impôts et d’établir ne serait-ce qu’un cadastre. Et qui le leur reproche avec le plus de véhémence condescendante ? Les néo-libéraux.

Sur le ton  « ironique-rageur »

Dans ce référendum, le principal défenseur du NON était le ministre de l’économie. Le NON l’emporte et qui est emporté ? Le ministre de l’économie.

Sur le ton « interrogatif –sentencieux »

Le peuple grec a été invité à se prononcer. Il a donné une réponse massive à défaut d’être totalement claire. Que lui répond la chancelière allemande ? « Il y a 18 peuples dans l’Eurogroupe et il faut en tenir compte ». A-t-on pensé à demander leur avis à ces 17 autres peuples ?

Sur le ton « interrogatif-narquois »

Des économistes très sérieux nous disent « La Grèce est un tonneau des Danaïdes ». D’autres économistes tout aussi sérieux nous affirment, graphiques à la clé : « la Grèce est le pays qui a fait le plus d’effort depuis le début de la crise et son budget est excédentaire avant service de la dette. » Cruel dilemme pour le béotien que je suis. Mais tous ces chiffres sont-ils fiables ? Rappelez-vous tout est parti de ce que les financiers ont pris peur quand ils ont découvert que l’outil statistique hellène était….fantaisiste.

Sur le ton « dramatique »

« Pousser la Grèce vers la sortie, c’est la jeter dans les bras de Poutine » « la victoire de Tsipras, ce n’est pas une victoire de la gauche, c’est une victoire des extrêmes puisqu’il gouverne avec le parti ANEL, ultra-nationaliste ». Mais les Grecs veulent-ils vraiment sortir de l’Europe ? On n’en sait rien puisqu’on ne leur a pas demandé. Le référendum ne portait pas sur cela.

Etc…

Je pourrais continuer encore longtemps tant on entend tout et son contraire sur le cas grec, et cela depuis bientôt 5 ans.

Je ne sais plus qui a raison ou qui a tort, ce que je sais par contre, c’est que quand quelqu’un se noie, on lui tend la main ou on lui lance une bouée de sauvetage, on ne l’attrape pas par le cou avec une élingue au risque de l’étrangler.

Au fait, si vous vous posez la question de savoir si la Grèce a sa place dans l’Europe, allez compter dans ce billet le nombre de mots dont la langue française lui est redevable, à commencer par…paradoxe.

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Un commentaire pour Les paradoxes du référendum grec

  1. roscoff dit :

    Guinaouécos et moi sommes toujours preneurs de ton blog

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