Lutte de classes et lutte de castes

Warren Buffet, l’un des hommes les plus riches et les plus influents de la planète, a dit :  « La lutte des classes existe et nous l’avons gagné. » Belle arrogance ! Mais aussi, bel aveu ! Effectivement la lutte des classes existe mais elle prend parfois une tournure surprenante et ce n’est pas sûr que la victoire annoncée par Warren Buffet soit définitive.

En effet, qu’est-ce que la lutte des classes, si ce n’est le constat que des groupes sociaux ont des intérêts structurellement antagonistes, qui peuvent se réduire à la revendication suivante « Je veux ma part, la plus grosse, du gâteau. » ?

Chez les philosophes libéraux français, qui l’ont inventé, comme chez Marx, qui l’a théorisé, cela voulait dire : il y a d’un côté les détenteurs du capital et de l’autre les travailleurs et ce que l’un prend, l’autre ne l’a plus.

Mais voilà, est venu s’infiltrer dans ce débat de nouveaux larrons : les managers. Ils ne sont pas tout à fait des capitalistes, car au départ du moins, leurs apports financiers, ne sont pas énormes et surtout, ils sont pour la plupart salariés. Ils ne sont pas pour autant des prolétaires car leur statut ne les met pas tout à fait en situation de totale dépendance. Ils sont d’autant plus indépendant qu’ils arrivent à passer des accords avec une partie des détenteurs de capitaux qui y voient aussi leurs intérêts

Ces managers, on les retrouve évidemment dans les entreprises capitalistes où ils ont su habilement jouer de l’ambiguïté de leur statut pour s’accaparer une part de la richesse produite grâce soit au travail fourni par les uns, soit au capitaux apportés par les autres. Mais leur gloutonnerie finit par se voir et cela commence à provoquer des réactions de rejet. http://www.ouest-france.fr/salaires-les-primes-de-grands-patrons-agacent-actionnaires-et-syndicats-3401145 Salaires. Les primes de grands patrons agacent actionnaires et syndicats . En effet, en période de vaches grasses quand tout le monde avait droit à un petit quelque chose, le fait que quelques uns s’en mettent plein la lampe, faisait un peu râler mais pas trop. Maintenant que tout le monde, et surtout les salariés, est mis à la diète, de tels excès passent mal. Cela dit, les actionnaires n’ont pas trop à se plaindre non plus quand on voit l’évolution des dividendes depuis 3 ou 4 ans, mais on ne se refait pas : quand on investit pour maximiser son profit, ça fend le cœur de voir que certains s’en mettent encore plus dans les poches, avec la complicité nécessaire d’ailleurs d’une partie des actionnaires, les gros porteurs. Y aurait-il une alliance objective entre petits porteurs et salariés ? Je n’irai pas jusque là mais convenons quand même que dans l’entreprise capitalistes, il en est comme dans l’océan : les gros poissons mangent les petits. En fait, la lutte des classes est aussi est surtout une lutte des castes, avec d’un côté tous ceux qui, quelque soit leur statut ou leur classe d’origine, décident et dirigent et de l’autre, ceux qui, quel que soit leur statut et leur classe d’origine subissent. Cela est vrai dans le monde de l’entreprise capitaliste, c’est aussi vrai dans la sphère publique et à bien des égard, c’est également vrai dans les grandes organisations qui ne relèvent ni du système capitaliste, ni de la sphère publique. C’est la taille qui fait la caste. En effet, il n’y a guère plus de conflit de caste dans une PME, encore moins dans une TPE que dans une association ayant quelques salariés. Par contre, ces clivages de castes sont nettement palpables dans les entreprises d’une certaine taille, qu’elle soit une ETI visant à entrer en Bourse, une coopérative ou même l’Administration avec un grand A. C’est vraisemblablement ce sentiment de détenir sa puissance de sa capacité à maitriser les rouages d’une grosse structure qui fait que tous les membres de ces castes, qu’on appelle parfois « la classe dirigeante » se reconnaissent et s’apprécient au-delà de leurs différences de statut et malgré des intérêts parfois divergents des organisations qu’ils dirigent.

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