Le Produit Marin Brut, quelle (fausse) bonne idée !

Nous savons tous que pour faire passer une idée, il faut COM-MU-NI-QUER et que souvent la communication est une simplification de l’information.  C’est un peu ce que fait cette ONG environnementaliste en essayant de trouver une approche-choc pour attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur les océans http://www.ouest-france.fr/oceans-une-richesse-de-24-000-milliards-de-dollars-menacee-3353557 Océans. Une richesse de 24 000 milliards de dollars menacée

Il n’est pas sûr que ce message soit clairement audible par le grand public, ce qui en soit ne serait un problème que pour WWF qui aurait ainsi raté sa campagne de communication. Mais le pire serait que cette campagne ait une audience et que les gens croient à la lettre ce que communique WWF.

En effet,  en adoptant cette approche de la valeur des océans, les auteurs de cette campagne accrédite l’idée que la nature est une valeur marchande puisqu’elle a une valeur monétaire. A l’heure où de plus en plus de voix s’élèvent pour dire que toute la vie ne peut se résumer à un seul chiffre, celui du P.I.B, alors que les députés français ont adopté à une large majorité la proposition de loi de la députée écologiste Eva SAS  sur la prise en compte par l’Etat de nouveaux indicateurs de richesse, complémentaire du PIB, alors que, au moins deux prix Nobel d’économie ont dit la même chose, il est paradoxal qu’une organisation dont la raison d’être est justement de dire que le monde ne doit pas être régi par la seule économie, utilise un mode de communication qui singe celui des économètres.

Du coup, on aboutit à un message brouillé et à une communication paradoxale : les bancs de coraux de la Grande Barrière au large de l’Australie sont menacés, alors que justement ces bancs de coraux n’ont aucune valeur marchande.

Une telle évolution n’est peut-être pas étrangère au fait que  WWF s’est appuyé sur les conseils éclairés du cabinet de consultants Boston Consulting Group qui est une  des principales fabriques de la pensée économique des plus grandes entreprises mondiales et à ce titre tête chercheuse du noé-libéralisme et inspirateur notamment de la conversion de ces grands groupes à « l’économie verte » dans sa version greenwashing.

C’est avec ce genre de subterfuges que des cabinets comme le BCG ont réussi à faire prendre pour une solution miracle « les mesures compensatoires », quelle que soit la forme que celles-ci prennent, alors qu’elles ne sont rien d’autres qu’un droit à polluer que s’octroient moyennant finances les puissances économiques de ce monde.

C’est pourquoi le « Produit Marin Brut » est vraiment une  très mauvaise « bonne idée »

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