Gaspillage alimentaire : quel M-E.L(1)i M-E.Lo !

Voilà un député, Monsieur Garot qui propose une loi qui devrait satisfaire tout le monde.

http://www.ouest-france.fr/gaspillage-alimentaire-un-enjeu-ethique-economique-et-ecologique-3332223

Gaspillage alimentaire. « Un enjeu éthique, économique et écologique »

Le propos est clair, le principe est lumineux et généreux et qu’on veuille aller vite est la preuve que ce monsieur a de l’énergie à revendre, sauf que…. jusqu’à il y a peu il était à la fois le bras droit du ministre de l’agriculture en tant que ministre délégué à…l’alimentation, et le bras droit de la ministre de l’écologie en tant que n° 2 du courant de cette dame au sein du Parti Socialiste, c’est-à-dire les deux destinataires de son rapport. On se demande pourquoi il ne l’a pas fait alors si c’était aussi urgent. Certains ont décidément l’esprit d’escalier après avoir eu celui de l’ascenseur au moment des désignations ministérielles. Mais comme le dit un livre sacré d’une religion très répandue en Europe, « Il y a plus de joie dans la maison du Père pour un pêcheur converti que pour… »

L’enjeu est, dans l’ordre, éthique, puis économique et enfin écologique. Ce classement n’est pas sans signification

Ethique d’abord, donc on fait appel à la morale, en fait à la culpabilité. Mais qui est coupable ? le consommateur ? le marchand ? Puisque cela finit à la poubelle, c’est forcément le consommateur.

Economique ensuite. Là on fait appel à notre porte-monnaie, en fait à notre pouvoir d’achat. Ignorant de consommateur, si tu dépensais moins en bouffe, tu pourrais te payer un machin électronique très cher et inutile tous les ans. Ou alors, tu pourrais moins nous les casser avec tes revendications salariales

Ecologique enfin. Ah tiens ! on se rend enfin compte que gaspiller des produits alimentaires, c’est épuiser inutilement la terre. Et si c’était la priorité numéro 1. Décidément comme on dit dans les publicités « nous n’avons pas les mêmes valeurs ! »

Evidemment comme ce monsieur est socialiste, donc de gauche (rires dans l’assistance !), il met aussi les entreprises à contribution, c’est-à-dire ici les grands de la distribution. L’idée est a priori intelligente sauf que…non !

http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/gaspillage-alimentaire-pourquoi-obliger-les-supermarches-a-donner-ne-resoud-rien_1670961.html

Gaspillage alimentaire: pourquoi obliger les supermarchés à donner ne résout rien

Mettre en avant des contraintes logistiques ou réglementaires et le faire dire par ceux qui devaient être les principaux bénéficiaires, c’est du lobbying grand art. Mais en fait la vraie raison de l’opposition de la grande distribution n’est pas là. S’il y a du gaspillage alimentaire, n’est-ce pas surtout parce que la grande distribution l’organise. Les consommateurs ne sont pas complètement idiots mais ils sont soumis à un  tel matraquage qu’il est souvent difficile d’y résister : quand on vous propose le 3° à -25% et le 4°tion pro à -50% si vous en prenez quatre d’un coup, au début vous résistez puis à la fin vous vous dites « Ah, c’est trop c.. ! de toute façon je les mangerai. » Sauf que quand vous arrivez au 4°, il a vraiment une sale gueule ou il est « périmé » (sur l’étiquette seulement mais ça vous ne le savez pas). Et je passe sur les packs de 12 au lieu des packs de 6 etc….

S’il y a quelque chose à faire dans la loi, c’est un peu comme pour les produits manufacturés : « interdire la péremption programmée » comme on interdit l’obsolescence programmée.

C’est dommage qu’il n’y ait pas eu dès le début du quinquennat un grand ministre de la consommation qui aurait eu à la fois la fibre sociale et la fibre écologique, et du poids au sein de ce gouvernement. En effet, c’est ce qu’il aurait fallu car une telle rareté aurait nécessairement accompagné cette loi sur la consommation écologiquement et ethiquement responsable d’actions pédagogiques pour accompagner ces changements de mentalités sans lesquelles aucune transition écologique n’est possible.

Au lieu de cela on a « ça »

Et du coup, on a en face des grands patrons de la grande distribution qui se la joue tranquille et ce permettent même parfois quelques provocations bien sentyies comme celle-ci

http://www.larevuedudigital.com/2014/06/12/e-leclerc-ce-nest-pas-au-client-de-decider-de-ce-que-nous-mettons-sur-le-marche/

E.Leclerc : « ce n’est pas au client de décider de ce que nous mettons sur le marché »

Voilà quelqu’un qui sait communiquer et qui vous dit droit dans les yeux, la RSE, c’est pour les autres. Le client n’est pas roi, sauf que le client il a un seul moyen d’action : aller acheter ailleurs, s’il le peut car dans un système aussi concentré (oligopolistique diront les cuistres qui se croient économistes), le choix reste malgré tout limité.

Une loi pour rien, une loi pour du beurre ? Peut-être sauf si les ministres savent lire entre les lignes et que les parlementaires savent que quand une certaine presse dit que ce n’est pas possible, cela veut dire « ce n’est pas souhaitable pour nos annonceurs. »

(1) : M-E.L comme Michel-Edouard Leclerc

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