Il y a quelque chose qui cloche là-dedans…

Il y a quelques semaines quelques producteurs de légumes ont saccagé le centre de Morlaix pour montrer leur exaspération face à un marché qui n’absorbe plus leur production. Il est vrai que leur situation a été aggravée par un cumul d’événements défavorables : une météo particulièrement clémente qui les a mis en concurrence avec les pays dont les productions arrivent traditionnellement avant la leur sur les marchés européens, une décision d’embargo vers la Russie, qui, si elle est politiquement justifiable compte tenu de l’attitude de ce pays, n’en arrivait pas moins mal à propos dans un tel déséquilibre du marché.

Mais je rajouterai que, régulièrement, les artichauts et les choux-fleurs sont déversés sur le pont autoroutier de Morlaix pour cause de surproduction.

Mais, comment se faisait-il que dans le même temps dans les hypermarchés de Morlaix, les mêmes artichauts qu’on déversait par milliers de têtes avant d’y mettre, bêtement, le feu, se vendaient à plus d’un euro, la tête ?

Il y a quelque chose qui cloche là-dedans….

Et puis voilà que le marché du lait va à son tour se mettre à bouillir, et on sait que quand le lait bout, ça déborde.http://www.ouest-france.fr/lait-fin-des-quotas-les-producteurs-europeens-de-lemb-prets-laction-2992717

Lait. Fin des quotas: les producteurs européens de l’EMB prêts à l’action

Là aussi, l’embargo russe va se conjuguer avec une modification des conditions de marché, la fin des quotas. Mais qu’est-ce en fin de compte ces fameux « quotas laitiers » ? C’est une « contrainte administrative » mise en place en France puis dans l’ensemble de l’Union Européenne pour limiter les coûts de régulation liés à la surproduction endémique à une époque. Et maintenant, on voudrait supprimer cette façon de réguler le marché afin de laisser « la main invisible » réguler elle-même. Les producteurs annoncent à l’avance qu’ils n’y croient pas. Il y a même des auteurs pour dire que cette suppression va être une catastrophe pour la diversité de l’agriculture européenne et française (voir l’article de Wikipédia consacré aux quotas laitiers)

Mais à quoi cela sert-il de financer des hordes de fonctionnaires dans les DRAAF dont le rôle est d’accompagner les politiques publiques agricoles ? Mais à quoi cela sert-il d’avoir des dizaines d’agents dans les chambres d’agriculture dont le rôle est de conseiller la profession agricole ? mais à quoi cela sert-il d’avoir des filières agro-alimentaires bien organisées pour orienter les productions en fonction des besoins finaux ?

Mais à quoi cela sert-il en fin, tout cela, si pour finir, on en arrive à la conclusion que les résultats sont aussi anarchiques que s’il n’y avait rien ?

Il y a quelque chose qui cloche là-dedans…

Et ne voilà-t-il pas que maintenant même le sacro-saint maïs semble touché

En général, quand il ya de la qualité, les prix montent. En général quand il y a quantité, les prix s’effondrent.

Mais quand il y a à la fois quantité et qualité, que se passe-t-il ? Eh ben,euh…. Les prix s’effondrent aussi

http://www.ouest-france.fr/cereales-mais-2014-top-qualite-et-quantite-mais-flop-pour-les-prix-2992591

Céréales. Maïs 2014 : top qualité et quantité mais… flop pour les prix

Peut-être bien que ce qu’on appelle qualité, c’est-à-dire qualité sanitaire du produit, n’est pas un critère déterminant pour le consommateur final, je parle évidemment de l’éleveur, pas du bétail, qui, lui, mangent sans barguigner . Que cela couvre à peine les coûts de production, je veux bien l’admettre mais alors pourquoi vouloir en remettre une couche en irriguant des zones qui ne sont pas les plus favorables à cette production ?

Il y a quelque chose qui cloche là-dedans….

Mais me rétorquera-t-on, vous n’y connaissez rien à l’agriculture. Eh, oui, je le confesse, je n’ai fait aucune étude particulière dans ce domaine et le peu que je sais, ce sont mes professeurs de marketing des produits agro-alimentaires à l’ESSEC qui me l’ont appris ainsi que les ingénieurs agronomes que j’ai fréquentés à Office des Fruits et Légumes, à l’Office National des Aliments pour Bestiaux ou à la Société nationale des Lièges et Bois en Algérie.

Il n’empêche, quand ça cloche, ça cloche !!

Et ça cloche d’autant plus quand on lit que par ailleurs, plus de 800 millions d’êtres humains ne mangent pas à leur faim dans le monde. http://www.ouest-france.fr/faim-dans-le-monde-la-sous-alimentation-aussi-un-cout-economique-2983803

Faim dans le monde. La sous-alimentation a aussi un coût économique

J’ai un peu de mal à faire le lien entre les deux mais manifestement, il y a quelque chose qui cloche là-dedans. C’est évident.

Heureusement, il y en a qui ont réfléchi à la question et qui ont des solutions toutes trouvées pour résoudre cet intolérable paradoxe. Pour une agriculture au service de la sécurité alimentaire 
et nutritionnelle en Afrique

Voilà des gens qui ont des tas de bonnes idées pour y aboutir.

Mais pourquoi ne parlent-ils pas du poulet « fabriqué » ailleurs qui coûte de toute façon moins cher que le poulet élevé localement ? Pourquoi n’évoquent-ils pas le riz vietnamien qui de toute façon coûtera moins cher que le riz produit au Mali ? Pourquoi ne dénoncent-ils pas ces légumes (petits pois, haricots, etc. ) qu’on fait pousser en Afrique de l’Est et qui arrivent par avion en Europe à un prix inférieur aux productions locales ? Pourquoi ne dénoncent-ils pas ces milliers d’hectares déforestés pour produire soit de l’huile de palme soit des agro-carburants ?

Ce n’est pas leur propos Mais allez quand même voir le site de cette fondation pour vérifier qui la dirige.

Pour le coup, vous pourrez dire avec moi, « Il ya vraiment quelque chose qui cloche là-dedans. »

Mais comme je vous l’ai dit, je n’y connais rien en la matière et je n’ai donc que des questions.

Mais peut-être ne suis-je pas le seul, car je ne dois pas être le seul à constater qu’il y a quelque chose qui cloche là-dedans sans comprendre pourquoi ça cloche.

Moi, en tout cas, je sais une chose, c’est que quand ça cloche, en général ça dure moins longtemps que les contributions, comme on dit.

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