L’argent du pouvoir, le pouvoir de l’argent : l’ambiguïté de la gouvernance économique

Je concluais un précédent billet, billet L’argent du pouvoir, le pouvoir de l’argent !  par le constat assez désespérant que le pouvoir financier était en train de s’abstraire du pouvoir des états fussent-ils démocratiquement élus.  Prenons un exemple a contrario qui montre la lutte sans merci que se livrent le pouvoir politique et le pouvoir de la finances, qui est devenue une sphère à part, hors du champ de l’économie réelle. L’Etat américain vient de sanctionner plusieurs banques et leur infliger des amendes astronomiques. La dernière décision en date constitue même un record

http://www.ouest-france.fr/subprimes-amende-de-17-milliards-pour-bank-america-un-record-2771029

Subprimes. Amende de 17 milliards pour Bank of America, un record !

Est-ce à dire que les Etats ont encore les moyens de faire plier les puissances financières au nom de l’intérêt public. Cela serait en contradiction avec la thèse que je développais dans un précédent Mais ceci n’est contradictoire qu’en apparence.

Ce n’est qu’une des nombreuses passes d’armes qui vont émailler pendant quelques décennies, on peut le penser, la lutte d’influence que vont se livrer ces deux pouvoirs jusqu’à ce que l’un cède. Cela rappelle , toute chose égale par ailleurs et notamment en faisant abstraction de l’arrière-fond religieux de l’époque, la lutte que mena la monarchie française contre , déjà, les puissances financières. L’archétype de ces luttes est le règne de Philippe le Bel qui vit les Templiers monter au bûcher, les Lombards et les Juifs être lourdement taxés, ces dernier devant même être chassés de France après avoir été spoliés. Déjà, à l’époque, la réponse la plus brutale d’un pouvoir d’Etat, en phase ascendante cependant, était de frapper les puissances financières là où cela faisait mal. A l’époque, la passe d’arme finit au bénéfice du pouvoir d’Etat parce qu’il était en phase de conquête. Pas sûr que l’issue soit identique dans la phase actuelle où l’Etat, dans sa version Etat-Nation, a dépassé depuis quelques temps déjà son apogée, sans qu’il l’est vraiment admis.

Mais ce que peut se permettre l’Etat états-unien, peu d’Etat peuvent se le permettre. La meilleure preuve en est l’incapacité des Etats européens à mettre au pas leurs secteurs financiers respectifs.

Mais ne nous leurrons pas ! Cet impressionnant de bras de fer entre Washington et ses banques n’empêche pas pour autant une grande connivence quand les « intérêts supérieurs » le justifie. Nous savions déjà que les Etats-Unis voulaient exclure les services bancaires de l’accord TTIP

 Les services financiers restent exclus des négociations transatlantiques

Les services financiers restent exclus des négociations transatlantiques

. Voici maintenant que le secteur de l’assurance, qui pèse au moins aussi lourd dans la sphère financière que le secteur bancaire, ferait l’objet d’une exclusion

http://www.euractiv.fr/sections/euro-finances/lue-renonce-inclure-la-question-de-la-reassurance-dans-le-ttip-308036?utm_source=EurActiv+Newsletter&utm_campaign=6e1e4b137e-newsletter_derni%C3%A8res_infos&utm_medium=email&utm_term=0_da6c5d4235-6e1e4b137e-55417197

Bruxelles renonce à inclure la question de la réassurance dans le TTIP

Quand on se souvient que ce sont les Européens qui ont inventé la réassurance et qu’ils tiennent encore le haut du pavé, l’arrogance de l’alliance banque-Etat états-uniennes est encore plus insupportable et justifierait à elle seule qu’un rejette ce traité, quel que soit son nom.

Pour des raisons exactement parallèles, nous devrions également refuser de signer un accord similaire entre l’UE et l’Afrique de l’Ouest

Nouvelles du front : stopper l’APE entre l’UE et l’Afrique de l’Ouest, 9 août

Ceci pour montrer que des deux côtés de l’Atlantique, la gouvernance économique est à peu près la même, la différence vient peut-être de la puissance d’impact des parties prenantes à ces gouvernances.

« Et la démocratie dans tout cela qu’est-ce qu’elle devient ? » me direz-vous. Si vous ne faites rien, elle périclitera. Le plus dur sera de réinventer quelque chose pour la remplacer car comme disait Churchill « la démocratie est le pire système, à l’exclusion de tous les autres. »

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