Le bon sens paysan à Bercy ? Le Contresens à Matignon ?

Les accusations de « social-libéralisme » fleurissent pour parler du gouvernement Valls 2 sans bien savoir souvent ce qu’on met sous ce vocable qui se veut immanquablement infamant.

S’il s’agit de dire par là qu’on se fait élire par des voix de gauche pour mener une politique de justice sociale et ensuite mener une politique servant les intérêts les plus privés de groupes financiers qui n’ont plus d’entreprises que le nom, alors il n’est pas sûr que le plus social-libéral soit celui qu’on dit.
En effet, il y a de cela 4 ans, j’avais publié un billet que m’avait transmis un haut fonctionnaire, tenu alors au devoir de réserve, qui démontrait comment le gouvernement de l’époque, authentiquement libéral et ouvertement ami des grands groupes financiers s’arrangeait pour financer les programmes qui lui tenait à cœur sans donner l’impression de (trop) creuser les déficits

Est-ce parce que l’Etat est devenu pauvre qu’il faut accepter des financements de pauvre?

Il était démontré dans cet article que les partenariats public-privé jouaient sur les finances publics le même rôle anesthésiant que le crédit revolving et toutes les formes de crédit facile sur le budget des ménages surendettés. Il y démontrait aussi que c’était l’astuce suprême qu’avaient trouvé les grands groupes qui font l’essentiel de leur chiffre d’affaires avec la commande publique pour maintenir un haut niveau de commande en période de vaches maigres budgétaires. Mais comme le dirait un opticien « ça c’était avant ! »

Hélas non ! Quelle n’a pas été ma surprise de lire cet article dans Acteurs Publics, par ailleurs fin observateur des évolutions de l’administration

http://www.acteurspublics.com/2014/09/02/manuel-valls-se-fait-l-avocat-des-partenariats-public-prive 

Manuel Valls se fait l’avocat des partenariats public-privé

Certes le contexte s’y prêtait mais était-il nécessaire de le faire en présence d’un dirigeant d’un groupe de travaux publics qui en fait ses choux gras. Certes, il faut soutenir l’investissement public, qui est un des moteurs du développement, dans cette période-ci mais s’endetter pour investir dans des travaux d’infrastructures, ce n’est pas vraiment s’endetter, en tout cas moins que pour assurer ses fins de mois. C’est surtout moins onéreux pour les finances publiques que d’accepter des surcoûts de marché pouvant dépasser les 10% uniquement par ce que c’est plus facile. C’est d’autant moins admissible que le même jour ou presque le Trésor empruntait 8 milliards à un taux négatif. C’est d’autant moins acceptable que dans le même temps, le gouvernement français fait le forcing pour que l’Union Européenne emprunte pour financer….des infrastructures.

J’ai envie de rappeler au Premier Ministre la phrase que vient de lâcher son ministre de l’économie

http://www.ouest-france.fr/emmanuel-macron-il-nest-pas-interdit-detre-de-gauche-et-de-bon-sens-2791811?utm_source=of_alerte-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_alerte-generale&utm_content=20140901&vid=040032044041061035060111042044040038059044034033035018038035034044035123038060057

Emmanuel Macron. « Il n’est pas interdit d’être de gauche et de bon sens »

Cette interview ayant été faite après sa prise de fonction, on peut considérer qu’il a fait cette déclaration en toute connaissance de cause et que cela sera sa marque de fabrique.

Mais là attendons un peu car comme il le dit lui-même : il faudra le juger non sur ce qu’il dit mais sur ce qu’il fera.

Rappelons toutefois, ce que dit d’ailleurs l’article d’Acteurs Publics, qu’il existe un rapport parlementaire, mais aussi plus d’un rapport de la Cour des Comptes, qui met en garde contre l’usage des partenariats public-privé.

http://www.acteurspublics.com/2014/07/16/les-ppp-un-contrat-juge-fallacieux-pour-les-collectivites-locales

Les PPP, un contrat jugé “fallacieux” pour les collectivités locales

On ne peut être plus virulent dans l’attaque, s’agissant d’un rapport parlementaire. Et au-delà de toutes les arguties en faveur ou contre les PPP, l’un des deux auteurs de ce rapport résume bien ce qui fait le fond du problème« Car un PPP, c’est de la dette durable que l’on transmet aux générations futures ».

Alors Monsieur le Premier ministre, monsieur le ministre de l’économie, toujours favorable aux PPP ….au nom du bon sens ?

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