I.D.E. : Les investissements étrangers sont-ils vraiment bénéfiques ?

Pour mesurer l’attractivité et la compétitivité de l’économie française, les « économistes » mettent souvent en avant le montant des IDE pour Investissement Direct de l’Etranger dans nos entreprises. C’est en partie vrai. Mais en partie seulement. Cela montre aussi et peut-être surtout la vulnérabilité de ces entreprises. Je n’aurai pas la cruauté de rappeler le cas emblématique de Mittal qui a investi massivement dans Arcelor pour mieux le tuer.

Je veux illustrer mon propos par deux cas, qui, et c’est le pur hasard, concernent deux entreprises bretonnes. Il ne s’agit pas de grands groupes. Il ne s’agit plus de PME mais d’entreprises en voie de devenir des ETI (pour Entreprises de Taille Intermédaire).

Le premier cas concerne une entreprise industrielle, née de l’intelligence industrielle d’un technicien et qui marche plutôt bien. Cela marchait d’ailleurs tellement bien que le fond d’investissement Carlisle, dirigé rappelons-le par un demi-frère du Président de la république de l’époque s’y intéressa en 2010

http://www.ouest-france.fr/morlaix-le-fonds-carlyle-envisage-dinvestir-dans-giannoni-france-581863 23 avril 2010

A Morlaix, le fonds Carlyle envisage d’investir dans Giannoni France

Dans les mois qui suivirent, des bruits ont rapidement couru d’une possible délocalisation vers les pays de l’Est européen. Ce n’était vraisemblablement que des fantasmes nourris par les succès à l’exportation vers ces pays et par l’execrable réputation qui accompagne en général les fonds de placement états-uniens.

Mais manifestement le vent a changé puisque la BPI appuyé sur une banque régionale permet au fondateur de revenir dans le jeu

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/morlaix-bpifrance-soutien-poids-sermeta-07-06-2014-148626?utm_source=newsletter&utm_medium=OFentreprise&utm_campaign=20140609_local_votreNewsletter

Morlaix. Bpifrance, soutien de poids de Sermeta

Espérons que cela se terminera bien. Et cerise sur le gâteau, les produits de cette entreprise contribue à réduire sensiblement les consommations d’énergie, ce qui n’est pas pour me déplaire ;

A l’inverse, toujours en Bretagne et toujours dans le pays de Morlaix, une triste aventure d’investissement étranger vient de connaître son douloureux épilogue

http://www.ouest-france.fr/marine-harvest-cest-fini-poullaouen-2564734

Marine Harvest. C’est fini à Poullaouen

Voilà une entreprise norvégienne, aux reins particulièrement solides, qui n’hésite pas à sacrifier ses investissements en Bretagne pour rentabiliser d’autres investissements en Pologne. C’est exactement le scenario redouté maintenant par tous les « repris ». Et pourtant, contrairement à ce qu’annonce les dirigeants de l’entreprise en question était-ce inéluctable ? Ne peut-on plus vivre du fumage de poisson en Bretagne ?

Une entreprise bretonne en apporte le démenti semble-t-il.

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/finistere-truite-guyader-trouve-sa-recette-08-06-2014-148654?utm_source=newsletter&utm_medium=OFentreprise&utm_campaign=20140609_local_votreNewsletter

Finistère. Avec la truite, Guyader a trouvé sa recette

Là aussi, la recette est simple : beaucoup d’investissement localement, exploitation de ressources locales et volonté de rester au pays. C’est vrai que dès lors qu’on est du coin, qu’on a ses parents, ses copains, qui habitent dans le coin, cela devient tout de suite plus difficile de ne pas penser à développer ce coin. Délocaliser devient alors une vraie trahison pour tous ceux qui chaque matin vous croisent.

Ce n’est évidemment pas pareil quand une entreprise n’est qu’une ligne dans un portefeuille de participation ou un chiffre dans une batterie de ratios.

Alors, vous savez, les bulletins triomphants d’ Ubifrance me laissent, non pas méfiant mais dubitatif, surtout si on me dit que c’est LE vecteur de l’intégration économique mondiale(1)

http://www.ubifrance.fr/0019789264191716+statistiques-de-l-ocde-sur-l-investissement-direct-international-2013.html

 

 

(1)       Voir à ce sujet  Le TAFTA, c’est pas du velours !

 

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