Le TAFTA, c’est pas du velours !

Sur le TAFTA, il y a plusieurs façons de critiquer et d’analyser le TAFTA

Il y a les plus soft qui reprochent un mandat mystérieux et des négociations secrètes et qui seraient prêts à discuter dès que les négociations se feraient au grand jour. Erreur, le problème du TAFTA ce n’est pas la nature du mandat, c’est le contenu

Il y a donc les moins mous qui reprochent au contenu de permettre les importations d’eau javel parfumée au poulet, d’hormones nourries à la viande de bovins ou d’autres horreurs de même acabit et qu’il suffirait d’être ferme sur ce qui est trash pour que cela redevienne négociables. Erreur, le TAFTA ne se résume pas à un abaissement des normes sanitaires mais à un abaissement de toutes les normes, ce que dans leur jargon, ils appellent les barrières non tarifaires.

Il y en a donc de plus durs qui reprochent au contenu de cet accord de se traduire par un désencadrement de la production et de la commercialisation de tous les biens au mépris des lois locales existant en matière sociale, sanitaire et environnementale. Erreur, le TAFTA ne se résume pas à l’abaissement du rôle normatif des Etats, il vise surtout à réduire le rôle des Etats face aux grands groupes industriels ET financiers.

Et il y a les plus durs qui reprochent au projet d’accord de vouloir mettre les Etats sous tutelle des grands groupes via le recours massif aux tribunaux arbitraux. Là, ce n’est déjà plus une erreur car c’est un vrai danger. Le dépérissement de l’Etat-Nation, quel qu’en soit sa taille et son organisation, est une des conditions de la nouvelle gouvernance mondiale.

S’ils avaient connu l’étendue du mandat, les mêmes auraient pu trouver argument dans la position américaine d’exclure les services financiers de la négociation, une raison supplémentaire de refuser ce projet d’accord tant il est vrai que c’est de cette autonomie de la sphère financière vis-à-vis du reste du monde que viennent tous nos déboires actuels et que viendront nos désillusions futures.

Mais si malgré tout cela, les plus durs de chez durs étaient quand même dans l’erreur et que le problème ne soit pas le contenu de l’accord mais le principe même de l’accord.

Après tout, si on pousse le raisonnement des puissances d’argent et qu’on considère que les Etats-Nations sont devenus un frein au développement de la planète, la réponse n’est certainement pas la réduction de leur influence dans le cadre d’une nouvelle gouvernance mondiale où les grands groupes financiers (je retire industriels) discuteraient d’égal à égal avec n’importe quelle puissance. Elle est peut-être dans l’organisation d’un nouveau pouvoir réglementaire ET coercitif au niveau mondial, ce que n’a pas su être l’OMC. Cela exclut toute forme d’accords bilatéraux ou même multilatéraux. C’est donc le principe même de cet accord qu’il faudrait dénoncer comme tous les accords bilatéraux.

 

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