ESS : il y a encore loin de la coupe aux lèvres

L’économie sociale et solidaire, surtout depuis qu’elle est devenue solidaire, porte les espoirs de beaucoup de ceux qui espèrent qu’un autre monde est possible.

Il y a d’abord les penseurs historiques de ce mouvement qui ont vu sa transition du Tiers Secteur vers l’Economie Sociale, puis vers l’Economie Sociale et Solidaire. Dans la foulée des grandes déclarations prophétiques d’Edgar Morin qui y voit un moyen de faire reculer progressivement les frontières de l’économie capitaliste, ils ont commis ces jours-ci un papier dans Libération dont le titre suffit à dire les ambitions qu’ils veulent donner au mouvement au nom duquel ils s’expriment

http://www.liberation.fr/economie/2014/04/24/l-economie-de-proximite-et-de-resistance_1003811

L’économie de proximité et de résistance

PAR CLAUDE ALPHANDÉRY, CHRISTIANE BOUCHART, CHRISTIAN SAUTTER ET HUGUES SIBILLE POUR LE CONSEIL DU LABO DE L’ESS

Par cette prise de position, ils réaffirment l’idée que les entreprises de l’ESS, quel que soit leur statut et quelle que soit leur taille revendiquent une responsabilité sur leur territoire mais aussi une responsabilité  vis-à-vis de la société dans laquelle elles évoluent afin de la faire changer. C’est déjà le sens du billet que j’avais commis il y a quelques années

RSE et ESS , les deux faces d’une même (r)évolution?

Et j’expliquais ensuite pourquoi on en était encore loin dans bien des domaines, quel que soit d’ailleurs le statut ou la taille de ces entreprises

Pourquoi les entreprises d’économie sociale ne peuvent pas (encore) être des entreprises vertueuses

Pourquoi les entrepreneurs sociaux ne peuvent pas (encore) être un modèle d’entreprise vertueuse

 

Parmi ceux qui mettent leurs espoirs dans l’économie sociale et solidaire, il y a bien entendu les jeunes qui sans hésiter plébiscitent l’économie sociale et solidaire, surtout s’ils y ont goûté, même si le titre de l’article ci-dessous est en décalage par rapport à l’étude dont il fait la relation, et qui montre, il faut le dire, un enthousiasme moins débordant pour ces entreprises.

http://www.arftlv.org/actualites/15739__16/Presque_jeunes_pensent_travailler_dans_permet_sentir.aspx

Presque 90 % des jeunes pensent que travailler dans l’ESS permet de se sentir utile

Ils nous disent toutefois la même chose que leurs aînés : « l’économie sociale et solidaire est une façon de se sentir utile dans la société, sous-entendu d’assumer une responsabilité au sein de cette société pour la rendre meilleure. »

 

HELAS ! 1.000 fois HELAS ! il y a une autre réalité, celle des entreprises de l’économie sociale officielle et d’autres que moi ont dénoncé cet état de fait

http://blogs.mediapart.fr/edition/le-monde-de-leconomie-sociale-et-solidaire/article/240414/banques-cooperatives-tout-va-bien-surtout-pour-les-dirige

Banques coopératives : tout va bien, surtout pour les dirigeants

C’est un peu l’ambiguïté dans laquelle vit depuis des décennies l’économie sociale et les débats qui ont eu lieu depuis trois ans n’ont pas contribué à lever cette ambiguïté. Le Conseil Economique, Social et Environnemental est tombé dans ce travers dans le rapport préparatoire à la grande loi sur l’ESS qu’il a commis dans le même temps que le Labo de l’ESS lançait ses propres Etats Généraux. Ses conclusions nous laissent sur notre fin.

RSE et ESS : le CESE a tranché (à tort).

Du coup, la série de billets que j’avais commise il y a près de 4 ans reste d’actualité

L’ESS : LA ou UNE solution pour sortir de la crise 1/5 « Statut ne fait pas vertu (et vice versa) »

L’ESS : LA ou UNE solution pour sortir de la crise? 2/5 « small is beautiful ! » « D’accord ! Et quand t’es grand, t’es quoi ? »

L’ESS : LA ou UNE solution pour sortir de la crise? 3/5 Comment a-t-on pu laisser faire ça?

L’ESS : LA ou UNE solution pour sortir de la crise? 4/5 La question de la gouvernance

L’ESS : LA ou UNE solution pour sortir de la crise ? 5./5 « Faut-il vraiment une loi-cadre pour l’ESS ? »

Et j’ai le regret de dire que le projet de loi qui est en débat en ce moment au Parlement ne répond que très imparfaitement aux questions que je posais en août 2010 et les débats qui ont lieu autour de ce texte ne laissent pas penser que la loi qui en sortira y répondent, au risque de décevoir aussi bien les vieux pontes de l’Economie Sociale et Solidaire que cette jeunesse qui y voit une alternative crédible à l’aliénation dans un salariat dont ils ne comprennent pas le sens.

Mais peut-être est-ce à cette jeunesse de la construire, avec comme seuls mots d’ordre « démocratie » (active), « responsabilité »(sociale et environnementale) et « convivialité » en faisant fi des considérations sur le statut juridique qu’ils utilisent?

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