« Les écologistes aux gouvernement : entre la tentation de l’Aventin et la montée au front sans espoir, il y a…..

 

Les écologistes ont cru avoir signé un pacte avec la social-démocratie en novembre 2011 et ils se sont trompés.

La majorité des Français ont cru avoir donné un mandat pour que « cela change…maintenant » et ils se sont trompés.

La majorité des Français et les écologistes voulaient que cela change vraiment et ils ont été trompés.

Parce que les écologistes avaient été trompés, fallait-il qu’ils contribuent à tromper les Français?

Après avoir longtemps hésité, EELV a décidé qu’il fallait arrêter ce jeu de dupes. Il y a dans cette décision un peu de courage pour certains, beaucoup d’opportunité pour d’autres, beaucoup de soulagement pour la majorité et beaucoup de dépit pour une grosse minorité.

Ce n’est un secret pour personne, car c’est une tradition qui perdure depuis les premiers jours des Verts, qu’une partie des militants d’EELV sont pour ne participer à aucun gouvernement tant que le rapport de force ne sera pas favorable. Ils sont donc cohérents avec eux-mêmes puisque de conseil fédéral en conseil fédéral, ils réclament la sortie du gouvernement .

Ce n’est un secret pour personne non plus, car c’est une tradition depuis les premiers jours des Verts, qu’une partie des dirigeants d’EELV sont pour participer de toute façon au gouvernement car quand on se veut un parti de gouvernement, on participe au gouvernement.

Ce n’est un secret pour personne enfin, et c’est peut-être une nouveauté à EELV, qu’une majorité des militants sont très interrogatifs quant à une participation au gouvernement.

Au congrès de Caen, une majorité de 55% a basculé dans le sens d’un maintien au gouvernement mais sur des bases politiques qui auraient mérité plus de clarté, de la même façon que le congrès précédent, celui de La Rochelle avait opté, en 2011, pour une participation, en 2012, au gouvernement mené par les socialistes sur des bases qui étaient déjà politiquement un peu opaques.

A la charnière du mois de mars (après les ides de mars hélas !) et du mois d’avril (après le 1° avril hélas !) , la question s’est de nouveau posée et la réponse a encore provoqué des débats au sein de la famille EELV.

Il y a toujours ceux qui, par principe refusent la participation au gouvernement et prônent de se retirer sur l’Aventin de leurs certitudes.

Il y a toujours ceux, qui par principe, veulent participer au gouvernement et sont prêts à monter au front pour se faire massacrer avec leurs alliés socialistes même si ceux-ci ont passés deux ans à leur faire avaler des couleuvres contre la douceur d’une ou deux petites lois.

Mais il y a aussi la majorité de ceux qui sont toujours interrogatifs sur une participation au gouvernement, sauf que maintenant ces interrogations ont changé de sens. Elles portent essentiellement sur la confiance qu’ils peuvent faire à leurs alliés socialistes. Manifestement, les écologistes comme la majorité des Français, de gauche je précise, ont répondu « NON » à cette question de confiance, en se fondant sur les reniements du Président par rapport à ces propos enflammés et un peu décalés qu’ils avaient tenus au Bourget.

Parce qu’ils ont jugé que les 20 derniers mois ne correspondent pas à ce qui avait fait leur adhésion, parce qu’ils pensent que la parole donnée l’a été, non pas à un homme, ni à un parti, mais à un projet politique partagé, les écologistes ont fini par dire « pour cette fois, c’est sans nous », au nom justement de cette parole donnée, au nom justement de ce à quoi ils avaient adhéré.

Mais ce refus des cadeaux offerts par un Premier Ministre, manifestement aux abois, n’est pas une porte fermée définitivement. Le fait de reproposer aux écologistes les points qui avaient faits que l’accord était devenu possible en 2011 est un aveu de taille et qui dit : « Nous, socialistes, nous savons où nous avons failli et la meilleure preuve est qu’on vous le repropose. » Mais comme dit la sagesse populaire, chat échaudé craint l’eau froide et les négociateurs écologistes étaient de trop matois matous pour accepter ce marché….chat en poche.

Il faut donc attendre ce que fera ce gouvernement et c’est aux actes qu’on verra si l’actuel gouvernement est « écologique et social ».

En attendant, entre le retrait sur l’Aventin et la montée, sans espoir, au front, il y a le fameux « wait and see » des Britanniques.

Et cela tombe bien car la séquence électorale n’est pas finie. En effet les hasards du calendrier font que la campagne des municipales s’achève au moment où commence la campagne des européennes. Or les élections au Parlement Européen sont « la mère des batailles électorales » des écologistes. En effet, l’Europe est dans leurs gènes et même dans leur nom. Il est surtout dans leur conception de l’action politique qui ne peut se limiter aux limites étroites des nations. C’est d’ailleurs le seul parti au sein duquel la question européenne ne fait pas débat. C’est donc par excellence l’élection où les écologistes doivent manifester leur autonomie politique et aller à ses élections sous leurs propres couleurs, sans être retenus par des réticences nées d’alliances gouvernementales à respecter coûte que coûte.

Ensuite tout dépendra du résultat de ces élections. Si elles ne sont pas, pour les socialistes, la défaite historique  que les augures leur promettent, on peut craindre que le vent du boulet s’étant éloigné, les bonnes intentions s’éloignent également. Ce n’est pas l’hypothèse la plus couramment retenue.

Si donc, ces élections européennes sont une dégelée de plus pour les socialistes, la question sera : « Et comment s’en sortent les écologistes ? » S’ils y vont unis et s’ils arrivent à expliquer pourquoi ils se sont retirés, ils ont des chances de s’en sortir mieux que leurs alliés de naguère. Comme les socialistes ne connaissent, tant en interne qu’en externe, que la logique du rapport de force, cela change la donne et pour peu que le résultat soit suffisamment accentué, on ne peut pas totalement exclure qu’une nouvelle fenêtre d’opportunité s’ouvre et là il ne faudra pas hésiter à y aller franchement.

Si par contre les résultats des écologistes étaient décevants, voire simplement mitigés, il n’y aura rien à négocier mais on imagine quel aurait été l’inconfort d’un ministre écologiste dans un tel rapport de force, même avec le titre officiel de n° 2.

Donc l’urgence est donc maintenant d’attendre et surtout de …gagner les élections européennes.

Le 26 mai on y verra plus clair. Il sera alors temps d’agir mais il faudra faire vite.

« Wait and See » ne veut pas dire s’assoupir ne serait-ce que d’un œil. »

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