Il y a des écologistes au gouvernement, mais est-ce suffisant ?

Dans un précédent billet, je m’interrogeais sur la nécessité d’avoir des écologistes au gouvernement.

Il est urgent qu’il y ait des écologistes au gouvernement

Depuis ce billet, je ne dirais pas que les choses ont changé ou que la vie politique s’est accélérée. Simplement certains textes sont arrivés à maturité.

La loi ALUR, le logement collectif et écolo à petite allure ?

Il en va ainsi de la loi ALUR dite loi Duflot qui a été votée le 17 février dernier avec toutes les voix des écologistes, des radicaux et du Front de gauche. Par contre, il manquait une quarantaine de voix socialistes. Il y a beaucoup à redire de cette loi comme de la précédente loi Duflot,  qui était une sorte de loi Scellier un peu rosie, même pas verdie. Certains ergotent sur la redensification urbaine mais ce sont là les contradictions internes des écologistes qui ont du mal à choisir entre une ville compacte, avec des tours mais moins de déplacements pendulaires quotidiens  ou une ville aérée mais qui bouffent du sol et obligent les moins favorisés à des trajets journaliers de plus en plus longs et pénibles. Mais sans un ministre écolo, aurions-nous des règles permettant l’expérimentation d’éco-habitat collectifs, aurions-nous des règles protégeant un peu mieux les locataires, aurions nous les conditions de déploiement d’une rénovation énergétique des logements anciens. Rien n’est moins sûr mais est-ce suffisant ? On peut en douter quand on voit la difficulté que ce ministère du logement a à atteindre les résultats pourtant médiocres des précédents gouvernements en matière de constructions nouvelles et notamment dans le parc social. Une loi aussi belle soit elle ne vaut que si elle est appliquée, c’est-à-dire qu’elle a les moyens budgétaires et que sur le terrain les troupes, leurs chefs en premier se mobilisent pour la mettre en œuvre.

La RSE, si je veux !

Autre texte qui arrive à maturité, la première loi sur le développement qui n’en doutons pas, si elle arrive à son terme, portera le nom de son auteur. Il se trouve que sur ce coup, il y a des parlementaires qui poussent encore un peu plus loin le bouchon sur un point fondamental de l’aide au développement, la responsabilité sociale et environnementale de ces entreprises françaises qui contribuent, parait-il, au développement de nombreux pays par leurs investissements directs

http://www.novethic.fr/novethic/rse_responsabilite_sociale_des_entreprises,politique_developpement_durable,rse,integrer_rse_dans_objectifs_politique_developpement_est_premiere_etape,142167.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

« Intégrer la RSE dans la politique de développement est une première étape »

Sans la volonté farouche d’un ministre écologiste, très à cheval sur les questions d’éthique et d’affaires, il n’est pas certain qu’un projet de loi sur cette question serait arrivé sur le bureau des Assemblées. Notons cependant que cette audacieuse proposition est surtout portée par un socialiste (appuyé certes par deux députés écologistes). Notons surtout que cette loi reste muette sur les sanctions. Quand on connait les pratiques en matière de RSE de ces grands groupes qui pratiquent l’Investissement Direct à l’Etranger à grande échelle, cette lacune est plus qu’un handicap, c’est une tare. Une loi qui ne peut pas s’appliquer fait au mieux plaisir à celui qui l’a fait voter, au pire donne l’illusion qu’on fait quelque chose et permet surtout de faire taire les grincheux qui veulent partir.

Mélenchon, sors de ce corps !

Il y a aussi cette péripétie savoureuse intervenue lors du vote de la loi Pinel

http://www.lagazettedescommunes.com/221068/dividendes-exageres-les-deputes-votent-le-remboursement-sous-conditions-des-aides-publiques/?utm_source=quotidien&utm_medium=Email&utm_campaign=15-02-2014-quotidien

Dividendes exagérés: les députés votent le remboursement, sous conditions, des aides publiques

Pinel, une radicale au sens français du terme, donc tout sauf une révolutionnaire. Et voilà que son texte est affublé d’une disposition qui n’aurait pas détoné dans le grand discours de Stalingrad du camarade Mélenchon. Comme quoi, on peut influer sur le travail des législateurs sans forcément être au gouvernement. Un peu d’habileté est toutefois nécessaire.

Vote blanc, fermez le ban !

Et il y a eu le vote de la loi sur le vote blanc. C’est inscrit dans les gènes des écologistes depuis leur nuit des temps et la mise en œuvre en interne de cette règle fait les délices des votes fédéraux, régionaux et locaux. D’autres partis la demandaient également et c’est pour cela que c’est passé aussi rapidement. Mais pourquoi l’appliquer aux européennes et pas aux municipales ? Pour le coup, on peut se demander si sans la présence des écologistes au gouvernement, ce texte n’aurait pas été de toute façon présenté au Parlement tellement son adoption parait opportune au pouvoir en place. Je commencerai à croire à la pureté des intentions du législateur le jour où la communication civique fera officiellement la promotion du vote blanc sur le thème « voter blanc, c’est exprimer une opinion ! »

 

Et on pourrait continuer la litanie des textes qui sans nous faire hurler de colère ne nous font pas non plus bondir de joie. Je pense à la loi sur la formation professionnelle, avec quelques avancées et beaucoup d’occasions ratées. Je pense à la loi sur l’ESS et ce qu’aurait pu en faire un écologiste de la trempe de ceux qui siégèrent dans le gouvernement Jospin.

 

Voilà, c’est une fois de plus la théorie du verre à moitié vide ou à moitié plein. Si on considère qu’il est à moitié plein, c’est qu’il y a encore de la marge de manœuvre et hâtons-nous de pousser les feux avant qu’il ne soit trop tard. A l’inverse, si on le voit à moitié vide, c’est qu’une grande partie de notre crédit s’est épuisé et qu’il est temps de songer à partir. En effet en même temps que le verre se remplissait ou se vider à moitié, s’est rempli un autre verre : celui de l’amertume des renoncements que ce gouvernement n’a cessé de nous imposer au point de nous amener à défendre des positions à l’opposé de nos valeurs ou à nous démettre. La question alors n’est plus de savoir si le verre est à moitié plein ou à moitié vide mais si ce verre des lois que nous pourrions soutenir est de taille suffisante pour nous faire oublier le plat de couleuvres amères que nous avalons tous les jours.

L’heure de la réponse est proche. Après mai, il sera vraisemblablement trop tard !

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