NDDL : Rien ne justifie un tel déchaînement de violence !

Tout avait pourtant bien commencé comme l’atteste les titres des premières dépêches publiées par la presse locale et régionale

http://www.ouest-france.fr/nd-des-landes-direct-la-manifestation-lancee-dans-une-ambiance-festive-1951249?utm_source=of_alerte-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_alerte-generale&utm_content=20140222

ND-des-Landes la manifestation lancée dans une ambiance festive

http://www.letelegramme.fr/loire-atlantique/nantes/nantes-tracteurs-et-masques-contre-le-projet-d-aeroport-20-02-2014-10044610.php?xtor=EPR-3-[quotidien]-20140222-[detailarticle]?

Nantes. Tracteurs et masques contre l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes

Il s’agissait bien d’une manifestation festive où la couleur, la musique et la dérision avait trouvé toute leur place. Quand j’écris « avait trouvé toute leur place », il s’agit d’un abus de langage puisque les manifestants, pour des raisons qui m’échappent, se trouvaient agglutinés sur un espace qui se révélait de plus en en plus confiné au fur et à mesure qu’affluaient les occupants des dizaines de cars et des centaines de voitures qui avaient conflué vers Nantes sans compter tous ceux qui étaient venus de Paris et de l’Est de la France en TGV.

Il s’agissait bien d’une fête populaire avec ses masques, ses fanfares, ses sonneurs, ses danseurs de gavotte mais aussi avec son défilé de chars d’un style un peu particulier, les 520 tracteurs que conduisaient un bon millier de paysans (deux par tracteur en moyenne) venus témoigner de façon très visible que la profession paysanne refusait de voir sacrifier plus de 2.000 hectares.

Certes, ils étaient en colère tous ces gens mais ils étaient pacifiques et plutôt bon enfant. En un mot, cela ressemblait à d’autres manifestations auxquelles j’avais pu participer en 40 ans. En prime, nous avions tous eu une belle émotion à l’entrée de Nantes quand notre bus avait dépassé une des colonnes de tracteurs : cent tracteurs (je les ai comptés) avançant à la queue-leu leu à 20 km/h, ça se remarque et chacun d’eux nous saluait comme pour nous remercier d’être venu les soutenir.

C’est pourquoi, nous avons tous été écœurés, dégouttés, ulcérés et finalement atterrés de voir apparaître, au fur et à mesure que notre cortège avançait, des slogans violents, des tags imbéciles sur les murs, la chaussée et les vitrines dont le seul but semblait être de souiller tout ce qui pouvait l’être. Le passage devant les bureaux de Vinci ont fini de nous alerter : un saccage d’une rare violence dont on a du mal à comprendre l’utilité même symbolique. 100 mètres plus loin, les yeux commencent  à piquer et la gorge à s’irriter. Ceux qui refluent nous le confirment : les gaz lacrymogènes sont de sortie. Il n’est pas encore 16h00 mais pour nous la manif’, c’est fini. On sent en effet que la fête est en train de mal tourner d’autant qu’on vient d’apprendre qu’une pelleteuse est en flamme. La suite nous l’apprendrons par la radio du bus en rentrant

Rien ne justifiait un tel déchaînement de violence. D’ailleurs, rien ne justifie la moindre violence dans une manifestation, pas plus quand on défend une certaine conception de la famille que lorsqu’on veut dire son opposition à un impôt qui déplait ou que comme ici on veut dire aux pouvoirs en place qu’on en a assez de ces projets aussi inutiles que coûteux.

Nous les avons bien aperçus, par petits groupes, ces gens en noir qui manifestement  n’avaient pas l’air de vouloir faire la fête. A la limite, on se demandait ce qu’ils faisaient là puisqu’ils n’arboraient aucune des revendications des autres manifestants. Mais comme ils n’étaient pas nombreux (j’en ai vu au plus qu’une dizaine à la fois mais c’est vrai qu’ils se ressemblent tous avec leur tenue uniforme), on n’y a pas trop prêté attention au moment du rassemblement initial de la manifestation. Pour la première fois, je rencontrais ce qu’on appelle le Black block. Je ne devais pas être le seul manifestement. Et pourtant, il est bien connu parait-il des forces de l’ordre comme la fin des années 60 et au début des années 70, il y avait déjà eu « les casseurs ».

Peut-être avons-nous été naïfs de croire que notre pacifisme aurait raison de ces pulsions violentes. C’est en fait l’inverse qui s’est passé : ce radicalisme véhément a presque réussi à gâcher notre action.

En effet, même si les médias ne retiennent que les photos d’un sensationnalisme un peu douteux, les décideurs politiques se souviendront aussi que deux cortèges d’un peu plus de 20.000 chacun ont défilé dans Nantes un samedi de février 2014 pour dire haut et fort « Il est encore temps d’arrêter ce projet d’aéroport que rien ne justifie si ce n’est la mégalomanie de quelques barons locaux et l’avidité d’une entreprise qui ne vit que de la commande publique, donc de nos impôts. »

Mais notre message ne sera finalement audible que si nous disons aussi haut et aussi fort que nous dénonçons le vandalisme qui s’est déchainé dans le centre de Nantes, qu’il n’est pas dans notre culture politique, qu’il ne correspond en rien avec notre philosophie.

S’il le faut nous reviendrons manifester pour dire que « décidément, nous ne voulons plus de ces projets inutiles, nuisibles et ruineux » mais nous le ferons en prenant bien soin d’éliminer de nos rangs tous ceux qui pensent que la violence est un moyen d’action politique dans une démocratie.

Il est donc temps d’arrêter de vouloir faire rimer pacifisme et naïveté.

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