ça sert toujours de protester!

Une campagne spectaculaire sur le net a eu lieu pour dénoncer les méfaits de la pêche au chalut en eau profonde. Cela n’a pas suffi à infléchir le vote des parlementaires européens qui d’un cheveu ont rejeté l’interdiction de cette technique de pêche.

Mais pour autant le message est passé. Plusieurs enseignes ont renoncé à mettre les poissons issus de ce type de pêche sur leurs étals. Incidemment, cela suppose que ces commerçants ont trouvé une alternative pour nous approvisionner, et accessoirement maintenir leurs chiffres d’affaires et marges bénéficiaires. L’alternative la plus évidente et la plus rentable est, on s’en doute l’aquaculture mais des messages très alarmistes en provenance notamment de la Norvège, qui sait de quoi elle parle, montrent que cette solution n’est pas sans risque pour notre santé si elle apparait bénéfique à nos porte-monnaie. Il y a bien la ressource de la petite pêche ou de la pêche côtière, ce qui ravira évidemment les artisans qui en vivent mais de ce point de vue aussi, ça coince un peu car la ressource est de plus en plus limitée.

Une autre enseigne, et ça tombe bien puisque c’était elle la principale cible française de cette protestation « Internetique » a choisi une autre voie.

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/intermarche-scapeche-se-lance-peche-ligne-24-01-2014-128218

Intermarché. La Scapêche se lance à la pêche à la ligne.

En effet, si c’est la méthode de pêche qui pose problème et non l’épuisement de la ressource, il était aussi simple d’essayer de changer de méthode. La pêche à la ligne, après tout, il n’y a rien de plus inoffensif, sauf que quand c’est à des profondeurs de plusieurs centaines de mètres, cela doit se révéler particulièrement compliqué. Qu’un des plus grands armements français se décide à tester cette méthode en dit long sur la puissance de la protestation. Elle en dit long aussi sur l’intérêt que représente ce marché pour les enseignes de la grande distribution. On ne peut espérer qu’une chose, c’est qu’à force de recherche, ils vont finir par trouver la bonne méthode pour n’attraper que les poissons qu’ils veulent attraper, sans saccager les fonds marins.

C’est peut-être cela finalement la bonne méthode pour faire avancer notre société sur la voie de la transition écologique de l’économie : une amicale pression de la société civile, accessoirement une société de consommateurs, sur les producteurs, les transformateurs et les distributeurs et brutalement l’homo economicus devient plus intelligent.

On pourrait utilement appliquer la méthode à d’autres secteurs de la production : c’est d’ailleurs ce que font les vrais écologistes, ceux qui interpellent les acteurs de l’économie, producteurs, distributeurs, consommateurs pour qu’ils deviennent plus « en intelligence avec la planète ».

Je ne suis pas sûr qu’à l’issue de l’épisode, le patron de cet armement ne se disent finalement « Ce ne sont pas que des emmerdeurs, ces écolos! »

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