EADS-Airbus : Un actionnaire peu ordinaire!

Lors du dernier Conseil des Ministres, le ministre en charge de l’économie a fait une communication indiquant que la stratégie de l’Etat-Actionnaire allait changer et que l’Etat , directement ou via ses pseudopodes que sont la Caisse des dépôts et Consignation ou la BPI, allait mener une gestion plus « active » et plus stratégique de son portefeuille de participations dans les entreprises françaises

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/la-modernisation-de-l-etat-actionnaire

La modernisation de l’Etat actionnaire

Ces jours-ci également, EADS le consortium européen qui chapeautent Airbus mais aussi d’autres entreprises dans l’aéronautique militaire a décidé de changer de nom pour s’appeler Airbus et ainsi donner à toutes les entreprises de son groupe l’aura de qualité dont bénéficie la marque Airbus. Cela a notamment pour but de booster l’image de l’aéronautique militaire qui a bien pâli.

Or c’est le moment que choisit un de ses actionnaires pour lancer un pavé dans la mare en demandant au PDG d’Airbus de rompre l’alliance financière qui le lie à un autre avionneur militaire, Dassault

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/air-defense/actu/0202935191489-eads-prie-de-ceder-ses-parts-dans-dassault-par-un-fonds-activiste-592850.php?xtor=EPR-101-[NL_13h]-20130805-[s=461370_n=3_c=301_]-1681742@2

EADS prié de céder ses parts dans Dassault par un fonds activiste

Comme beaucoup d’entre vous, je ne connaissais pas ce « The Children’s Investment Fund » et comme vous l’auriez probablement fait, je suis allé voir ce qu’on trouvait sur Internet. Sur le site officiel de CIFF (Children’sInvestment Fund Foundation), on ne trouve rien qui puisse faire penser à un hedge fund puisqu’on y parle micro-crédit, bien-être de l’enfant et éducation. Heureusement que comme toujours, Wikipedia est là

http://en.wikipedia.org/wiki/The_Children’s_Investment_Fund_Foundation

On y lit que ce fonds est une organisation charitable qui vient en aide aux enfants des pays en voie de développement (SIDA, micro-finances etc…) Mais surtout on apprend aussi que le CIFF est également actionnaire de référence dans Lockheed Martin qui n’est nul autre que le principal concurrent de Dassault sur ce créneau de la vente d’armes.

Mais pour en savoir plu il faut aller regarder qui est le fondateur de ce fonds et de la fondation qui va avec

Son fondateur est un philanthrope manifestement mais aussi un redoutable trader.

http://www.newstatesman.com/business/2012/12/five-things-you-didnt-know-about-chris-hohn-britains-most-generous-philanthropist

Il vaut mieux donc être pauvre malade et dans le Tiers-Monde que salariés smicard  dans une de ses proies. Cette impression est confirmée par la lecture d’un autre article de Wikipedia consacré au bras armé de cette petite organisation familiale, the Children’s Investment Fund Management

http://en.wikipedia.org/wiki/The_Children’s_Investment_Fund_Management

The Children’s Investment Fund Management

Ah tiens! On y lit que , par ses méthodes un peu brutales, ce monsieur a déjà eu la peau d’AMRO et mis deux autres banques dans l’embarras. C’est aussi grâce à lui, semble-t-il, que Mittal a avalé Arcelor avec les conséquences qu’on sait sur la sidérurgie française

De là à se monter tout un cinéma sur les véritables intentions de Mr Hohn il n’y a qu’un pas qu’on ne saurait franchir immédiatement. On attend avec impatience que CIFF exprime une position sur son actionnariat dans Lockheed. On attend surtout que les actionnaires principaux, français et allemands renvoient ce philanthrope d’un genre un peu spécial à ses autres passions qui sont la philanthropie et le meccano financier en réaffirmant que la participation dans Dassault est avant tout stratégique même si elle est pour le moment peu profitable.

Outre l’aspect géo-politique de la chose, cette histoire montre qu’il existe quand même dans le monde de la finance de drôles de squales, dont on ne sait s’ils sont de vrais loups cachés dans une peau de mouton ou de nouveaux Robin des Bois qui utilisent à bon escient leur savoir-faire financier pour le bien du monde. En tout cas, je crois que les sidérurgistes de Florange doivent avoir une petite idée sur la question.

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