RSE : plus loin que le bout de son nez.

J’ai toujours été surpris, voire choqué qu’en France, les projets stratégiques d’entreprises ne sont le plus souvent que des plans à 5 ans maximum. Pour  moi la stratégie c’est forcément une modélisation du long terme et pour moi le long terme c’est au moins 10 ans. «

Ho là là ! comme vous y allez, m’objecte-t-on, 10 ans pour une entreprise c’est un siècle ! Comment pouvez-vous anticiper à 10 ans ? Cela va si vite qu’on est déjà incapable de savoir comment seront les marchés dans 5 ans ! »

On a sans doute raison si on est à la remorque du marché mais dans des périodes aussi mouvantes, les entreprises qui s’en sortiront seront celles qui auront mieux senti les tendances à long terme. C’est pourquoi miser sur l’innovation est certainement un bon pari. A cet égard, je vous renverrez bien à cet article du Monde et surtout à ce théorème de Buffett les « 3i »

Innovation,

Imitation et

Idioties

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/25/reouvrir-l-avenir_1838220_3234.html

Rendre à l’entreprise sa capacité stratégique: réouvrir l’avenir

J’ai déjà consacré sur ce blog quelques billets à cette notion d’innovation. L’innovation n’est certainement pas que la nouveauté technique, même si celle-ci en est souvent le moteur. Elle est surtout une rupture avec des schémas de production en vigueur. L’innovation est parfois le fruit du hasard, c’est cela le charme de la sérenpidité mais cette capacité a percevoir le potentiel d’une erreur technique ne peut être que le fait d’une organisation en éveil sur cette approche de l’innovation. L’innovation, c’est aussi être à l’écoute de la société et de ses attentes. Ainsi quand une entreprise repense ses processus de production produire en économisant les ressources naturelles, elle innove et répond à une attente forte de la société civile plus sensible qu’on ne croit aux messages distillés depuis des décennies par les écologistes. Quand une entreprise repense la conception de ses produits pour les faire durer bien au-delà de la durée de garantie, elle innove et répond à une attente forte des consommateurs qui en ont marre de n’être plus considéré que comme un tiroir-caisse. Quand une entreprise modifie la gestion de ses ressources humaines pour laisser une plus grande initiative à ses salariés dont elle valorise les prises de risque raisonnées, qu’elles soient ou non couronnées de succès, elle innove et répond à une attente forte de ses salariés qui en ont marre de n’être plus considérés que comme des machines à produire.

Bref, être innovant, c’est d’abord être à l’écoute des parties prenantes de l’entreprise, en outre des seuls actionnaires, qui à l’inverse, auraient plutôt une aversion pour le risque.

C’est pourquoi les entreprises qui adhèrent aux principes de la RSE et non aux seules exigences formelles de la réglementation issue du Grenelle de l’environnement  seront non seulement gagnantes du point de vue moral mais seront également bien placées pour affronter les 3° et 4° décennies de ce millénaire.

Et puis il y aura les autres.

Pour reprendre la trilogie de Buffet, il y aura les imitateurs, c’est-à-dire toutes ces entreprises qui pensent faire de la RSE mais qui en fait ne font que de la bureaucratie déclarative espérant montrer par là qu’elles sont bonnes élèves. Elles ne sont pas les dernières  pourtant à râler contre la pesanteur de la nouvelle réglementation car pour elles finalement ce n’est que cela, un document de plus à remplir  pour complaire à une administration qui ne serait plus quoi inventer pour tourmenter les chefs d’entreprises. Ils ne se rendent pas compte que ces indicateurs sont des éléments précieux pour comprendre combien une entreprise est en phase avec son époque. Après tout, nul ne songerait à s’insurger contre la complexité des obligations déclaratives en matière financières tant elles sont rentrées dans les mœurs et elles sont au moins autant utiles au pilotage du manager qu’à l’information des actionnaires ou du fisc. Il n’en n’est pas autrement du « reporting RSE ». Voilà un beau sujet pour la plate-forme RSE que va animer dès la rentrée le Commissariat général à la Stratégie et la Prospective.

Et puis il y a les derniers et toujours pour reprendre la terminologie de Warren Buffet, il y a les idiots, les adeptes du « green washing », ceux qui notamment sont soumis depuis quelques années au « reporting RSE » mais qui le font à leur manière c’est-à-dire mettent de l’avant ce qu’ils font de bien pour « les petites fleurs et les petits oiseaux » pour ne pas parler des saccages que leurs filiales font à l’autre bout du monde, qui parlent abondamment de la promotion des cadres féminins pour ne pas avoir à parler des pratiques sociales  scandaleuses de leurs sous-traitants dans l’autre hémisphère. Cela ont des experts qui ont parfaitement compris les attentes de leurs contemporains mais se révèlent incapables de les intégrer dans leur fonctionnement. C’est ainsi que sont morts les dinosaures, incapables de s’adapter à un environnement qui avait brutalement changé.

le court-terme voire le très court terme (rien de plus volatil qu’un cours de Bourse) oubliant ainsi les vertu d’une vision à long terme.

Relever le nez du cours de son action, ça donne de l’air

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/25/resister-au-court-termisme_1838219_3234.html

Rendre à l’entreprise sa capacité stratégique: résister au court-termisme

Et nous revoilà au point de départ  de ce billet !

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