RSE A quoi ça peut bien servir la « plate-forme RSE » ?

La RSE est un des totems encore debout du Grenelle de l’Environnement. C’est donc naturellement un des sujets majeurs de la conférence environnementale annuelle. En attendant la prochaine conférence qui aura lieu à l’automne, un collectif a demandé avec insistance  la création d’une plate-forme d’échange consacré à la RSE.

Il est intéressant de détailler les composantes de ce collectif. On y retrouve le gratin des associations d’entrepreneurs qui promeuvent une vision progressiste de l’entreprise, une confédération syndicale qui  a toujours manifesté un intérêt pour les questions environnementales et sociétales. Les associations qui dénoncent  la corruption ou pour la promotion du développement durable y sont sans surprise également. Par contre, il est plus surprenant d’y retrouver aussi  le gratin des organisations patronales : le MEDEF, la CGPME et encore plus surprenant l’AFEP

http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,institutions,la_plateforme_rse_bientot_en_ordre_marche,139558.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

La plateforme RSE bientôt en ordre de marche

Mais pourquoi veulent-ils tous cette plate-forme et d’abord de quoi s’agit-il ?

En fait, ce nom un peu pompeux désigne un lieu de concertation pour traiter les problèmes que pose la mise en œuvre de la RSE en France.

http://www.strategie.gouv.fr/content/installation-de-la-plateforme-rse

Installation de la Plateforme RSE

Le fait que des parties prenantes venant d’horizons différents s’impliquent ainsi est du coup significatif. Mais il est regrettable que d’autres syndicats de salariés ne se soient pas associés à cette initiative. Il est également regrettable par exemple que des associations de défense de consommateurs n’y soient pas non plus. Pour un mouvement qui se veut le rassemblement de toutes les parties prenantes, c’est un peu dommage.

De quoi vont-ils donc bien pouvoir parler ?

Restons soft !

Evidemment, il sera question dans leurs échanges de « reporting » puisque c’est là le principal sujet de préoccupation, à la fois, des entreprises, qui n’en veulent pas trop, et des ONG qui en veulent beaucoup.

Et là, on comprend mieux pourquoi le MEDEF et l’AFEP tiennent tant à être présent. En effet, mieux vaut négocier et contrôler les débats dans une enceinte un peu neutre pour essayer d’arracher des arrangements que de devoir négocier en direct avec les services de l’Etat . Quand on se souvient les difficultés qu’ont eu les services ministériels pour faire sortir les décrets d’application de la loi Grenelle II sur ce sujet, on se dit que les organisations patronales vont tout faire pour éviter qu’on ne parle de normalisation des rapports RSE. Il est en effet indispensable qu’on en reste à la soft law en l’occurrence, ce qui permet à chaque grand groupe de ne communiquer que sur ce qui lui plait. Il est également nécessaire pour elles qu’on évite le « corporate reporting » ou pire encore, l’intégration des sous-traitants dan ce rapport annuel.

Restons courtois !

Puisqu’on parle des sous-traitants, il y a un sujet qui devrait venir rapidement sur le devant de la scène.  ll s’agit évidemment des relations entre les grands groupes et les PME. Il faut dire que l’actualité récente propose des sujets de friction.  La mesure phare d’aide aux entreprises, le Crédit d’impôt sur la masse salariale donne lieu semble-t-il à des pressions assez révoltantes de la part des grands groupes sur leur sous-traitants

http://entrepreneur.lesechos.fr/entreprise/fiscal/actualites/0202762558273-credit-d-impot-un-effet-pervers-inattendu-pour-les-entreprises-10029057.php?xtor=EPR-1500-[LEE_quotidienne]-20130516-[s=461370_n=6_c=603_]-1681742[_SDV]@1

Crédit d’impôt : un effet pervers inattendu pour les entreprises ?

On imagine assez facilement les échanges entre la CGPME et l’AFEP sur cette question. Cette mesure fiscale a été faite pour aider les PME et il serait particulièrement scandaleux que par un chantage honteux, cela profitât à des groupes, qui n’ont pas toujours comme préoccupation première la création d’emplois, en France. On est loin ici d’une démarche responsable vis-à-vis de la société.

Soyons conviviaux !

Mais il y a aussi l’attitude générale des grands groupes vis-à-vis de la communauté d’entreprises qu’ils font vivre et qui les font vivre. Dans les pays qui ont une forte et ancienne tradition d’exportation, les entreprises sont habituées à chasser en meute avec en général un chef de meute. Ils pratiquent aussi ce qu’on appelle de façon inélégante le « piggy bag » qui consiste à , métaphoriquement, prendre dans ses bagages les PME avec lesquelles on travaille quand on participe à des négociations internationales. Il y a là manifestement des progrès à faire

http://entrepreneur.lesechos.fr/entreprise/developpement/actualites/pme-grands-groupes-les-petites-entreprises-reclament-plus-d-opportunites-a-l-international-10029450.php?xtor=EPR-1500-[LEE_quotidienne]-20130530-[s=461370_n=6_c=606_]-1681742[_SDV]@1

PME/grands groupes : les petites entreprises réclament plus d’opportunités à l’international

Même si globalement, les relations sont bonnes, elles pourraient quand même être meilleures. Cela est due à la nature même de ces relations qui sont fondées sur tout, sauf sur la convivialité, qui veut quand même « vivre et se nourrir ensemble ».

Etre responsable quand on est un grand groupe, c’est cela aussi !

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