Il était temps de régulariser

Le temps est à la vertu. Il faut dire que la succession de scandales, autour de l’argent, des privilèges, des passe-droit et des conflits d’intérêt commençait sérieusement à faire désordre dans le paysage public français. Il a donc fallu M.O.R.A.L.I.S.E.R. Cela a d’abord était le projet de loi sur la transparence des patrimoines et le cumul des mandats. Le débat n’est pas encore clos mais déjà on peut dire que d’amendements en amendements, les élus de la république ont réussi à mettre à mal les intentions vertueuses, quoique timides, du gouvernement. En effet quand on arrive à des absurdités comme les déclarations de patrimoine communicables mais non publiables, l’hypocrisie n’est pas loin, même si les bonnes âmes soulignent que ce régime s’applique déjà à nos déclarations d’impôt.  Quand l’interdiction du cumul devient la limitation des cumuls, on a l’impression d’avancer comme la garde montante, en faisant du surplace.

Comme les élus résistent, heureusement qu’il existe les fonctionnaires et surtout les hauts fonctionnaires à qui des règles déontologiques renforcées devront bientôt être appliquées.

http://www.acteurspublics.com/2013/05/21/le-pantouflage-des-fonctionnaires-place-sous-surveillance

Le pantouflage des fonctionnaires placé sous surveillance

Notez que des règles existent déjà mais elles ne sont pas appliquées avec toute la rigueur nécessaire. Il faut dire que dans certains cas, les « pantouflages » ont un fort relent politique et qu’il est difficile à la commission de déontologie de s’opposer au fait du prince. Or c’est justement dans ces cas-là que les règles de déontologie devraient s’appliquer avec toute la rigueur nécessaire car ces « placements de favoris » cachent le plus souvent des conflits d’intérêts. Nous avons tous en tête des exemples récents ou plus lointains.

Mais il y a pire encore que ces départs sulfureux dans le privé ; il y a le maintien, « au cas où », du statut protecteur de la Fonction Publique par ceux qui prospèrent dans le privé. Combien sont-ils de ces hauts fonctionnaires, « en disponibilité pour convenance personnelle » mais qui n’ont nullement l’intention de revenir de leur plein gré poursuivre un carrière de haut fonctionnaire, sans surprise mais aussi sans surprime.

De temps en temps, certains régularisent leur situation, comme le montre l’exemple suivant

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000027436712&dateTexte=&categorieLien=id

Décret du 21 mai 2013 portant réintégration et radiation (corps des administrateurs civils) –

Il est vrai que dans le cas d’espèce, après une brève carrière d’administrateur civil, il avait fort bien réussi dans la banque puis dans la presse comme l’indique sa fiche Wikipédia (c’est une référence qui en vaut d’autres). Il était temps qu’il se rende compte qu’une carrière de haut fonctionnaire ne conviendrait jamais à son tempérament. Il était temps surtout que l’administration se rende compte, 11 ans après, qu’il avait quitté la fonction publique sans payer la fameuse « pantoufle », c’est-à-dire l’équivalent monétaire des années qu’il devait à l’administration (10 ans) et qu’il n’avait pas totalement effectué.

Appliquer strictement cette règle de remboursement nonobstant les perspectives de retour serait un moyen de limiter les départs trop hâtifs de certains qui ont confondu ENA et MBA.

Combien sont-ils dans ce cas et qui ne songent même pas à régulariser ?

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