Nous voilà chocolat!

Il se trouve que la semaine dernière, le même jour deux journaux aussi différents que Ouest France et les Échos ont fait chacun un article sur une entreprise travaillant le chocolat.

Voici un artisan sans autre prétention que d’être le meilleur dans sa partie et tirer le meilleur parti du produit qu’il travaille

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/morlaix-29-frederic-bleuzen-est-seul-artisan-chocolatier-06-05-2013-96113

A Morlaix (29), Frédéric Bleuzen est le seul artisan-chocolatier

Et voici deux cadres nourris au marketing et aux analyses financières

http://entrepreneur.lesechos.fr/entreprise/success-story/dossiers/sucess-story-marou-chocolat/success-story-marou-des-createurs-frenchy-defrichent-le-nouvel-eldorado-du-chocolat-au-vietnam-10028843.php?xtor=EPR-1500-[LEE_quotidienne]-20130507-[s=461370_n=6_c=609_]-1681742[_SDV]@1

Success-story : Marou, des créateurs frenchy défrichent le nouvel eldorado du chocolat au Vietnam

Voici donc deux entreprises dont le métier est le même, le chocolat haut de gamme, menées par des personnes qui ont une égale passion pour le produit  et pourtant ce ne sont pas les mêmes entreprises, pas les mêmes perspectives.

D’un côté, nous avons l’artisan dont la perspective n’est pas de croître démesurément mais de vivre (de bien vivre souhaitons-le !) du fruit de son travail en respectant au maximum les produits qu’il travaille et les clients qu’il sert. Ce n’est peut-être pas avec lui qu’on gagnera la bataille de l’emploi mais c’est avec des gens comme lui qu’on gagnera peut-être la bataille d’un aménagement équilibré du territoire car ces artisans-commerçants contribuent à maintenir une activité donc du lien social dans ces centres-bourgs qui se dévitalisent au profit de leurs périphéries Carrefourisées, macdonaldisées, Leclercisées, Conforamisées, etc….

De l’autre, nous avons le rêve de deux cadres qui semblaient las de leur modèle économique mais qui en fait sont prêts à y repiquer pour peu que le jeu en vaille la chandelle. Même s’ils s’en défendent pour l’instant, ils sont bien dans une logique de conquête de marché, même si ce sont des marchés de niches, dans une logique d’optimisation financière car à aucun moment il ne parle de commerce équitable avec leurs fournisseurs.

Transposer en France avec une ressource naturelle locale (fruits, légumes, viande ou produits de la mer), leur stratégie de niche sur des produits « haut de gamme » peut se défendre et certains l’ont déjà expérimentée avec succès. Le haut de gamme dans l’agro-alimentaire est sûrement une porte de sortie pour des filières agricoles à la recherche d’un second souffle et peut même se révéler fortement créateur d’emplois pour peu qu’on pense tout de suite « marché mondial ». C’est une autre logique.

Quant à l’intérêt d’une telle aventure au Viet-Nam, cela pourrait être bon pour les Viet-Namiens à condition que le développement de cette entreprise permette un développement en parallèle d’une filière de production « haut de gamme » de cacao, rentable donc fondée sur un échange équitable. Pour le modèle de développement économique français, je n’en vois pas l’intérêt sauf à démontrer que le « génie français » s’exporte bien et qu’il est grand temps que nos cerveaux s’en aillent faire fructifier ailleurs ce qu’on leur a transmis ici. Curieux message de la part des Echos

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