Des craquements dans LE modèle

Il n’y a guère, la référence en Europe était l’Allemagne : référence en matière de réussite économique, référence en matière d’équilibre des institutions politiques, référence en matière de dialogue social.

Depuis Dorian Gray, nous savons que les modèles peuvent vieillir vite. Certes l’Allemagne reste encore dans bien des domaines « le bon élève de l’Europe » mais des fêlures commencent à apparaître dans l’image.

  L’émergence des eurosceptiques

Depuis que l’Europe est une Union, et même avant, nous savions que le Royaume-Uni est eurosceptique et qu’il n’adhère à l’Europe que pour des raisons qui n’ont pas grand chose à voir avec l’idéal des « Pères Fondateurs ». Nous savions également que les Allemands, comme les Belges ou les Néerlandais étaient de façon atavique attachés à l’Europe ou du moins qu’il y avait un consensus fort sur cette question.

Mais voilà, les malfaçons de la construction de l’euro sont passées par là et des Allemands commencent à penser que porter à bout de bras, seuls pensent-ils, tout le poids d’une monnaie que leur pays a voulu , est une charge trop lourde, et pour ainsi dire indue.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/l-allemagne-et-merkel-doivent-compter-avec-un-nouveau-parti-anti-euro_1233030.html?xtor=EPR-175-[XPN_18h]-20130319–191727235@236004865-20130319192505#xtor=AL-858

L’Allemagne et Merkel doivent compter avec un nouveau parti anti-euro

Qu’il existe un parti anti-euro en Allemagne, comme il en existe en France aux extrêmes, ne serait pas en soi une catastrophe et ferait en quelque sorte entrer ce pays dans la normalité européenne. Mais compte tenu de l’emprise idéologique qu’a imposé le gouvernement allemand actuel et dans un contexte électoral un peu compliqué, cela peut s’avérer gênant quand il faut prendre des décisions de politiques financières. Le scandale récent de Chypre, dans sa version initiale, le démontre suffisamment.

 Un modèle économique fondé sur une loyauté toute relative

Lors du vote sur le traité de l’Union, les Eurosceptiques, encore eux, avaient pris comme symbole de l’Europe dont ils ne voulaient pas, la directive Bolkenstein et comme symbole des dérives économiques, « le plombier polonais ». Ils avaient raison sauf que le plombier n’est pas plombier mais porcher ou bouchers des abattoirs

http://www.ouest-france.fr/actu/AgricultureDet_-Porc.-Le-front-antidumping-social-se-renforce-en-Europe_8619-2175263_actu.Htm

Porc. Le front antidumping social se renforce en Europe

Il n’y a pas que dans l’agro-alimentaire que cela se produit, c’est en quelque sorte un modèle qui se développe au point de devenir la normalité. Si encore, cela se faisait comme cela s’est fait dans la France des années 60 où l’exode rural a permis à l’industrie de se développer grâce à une main d’oeuvre abondante et bon marché mais que cela avait corrigé par l’instauration d’un salaire minimal inter professionnel. Ici, il n’en est pas question : le SMIC n’existe pas en Allemagne et encore moins dans l’Union Européenne.

mais comme le système économique allemand est efficace, il devient le modèle et du coup, on n’est pas surpris de trouver…des plombiers polonais sur les chantiers navals nazairiens ou des salariés irlandais de nationalité française à bord d’avions low-cost.

Un modèle social qui n’a plus rien de social-démocrate

L’absence de salaire minimum inter-professionnel crée déjà un ensemble de plus en plus important de « salariés pauvres » mais petit à petit, la tache de pauvreté s’étend à d’autres couches de la population au premier rang desquels les retraités qui sont de plus en plus nombreux à retourner travailler 700.000 retraités au travail,, mettant ainsi à mal un système de protection social parmi les plus anciens du monde.

Situation aggravante, la pré-retraite est en train de gagner la tranche des 55-65 ans;

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130131trib000746191/un-allemand-sur-deux-part-en-pre-retraite.html#xtor=EPR-2-[Lactu+du+jour]-20130201

Un Allemand sur deux part en pré-retraite

Certes, la pré-retraite, c’est mieux que le chômage mais c’est un signe que l’Allemagne, qui pourtant commence à manquer de main d’oeuvre est devenue incapable d’employer correctement tout une tranche d’âge.

A terme, c’est l’ensemble du dispositif hérité de Bismarck qui risque de voler en éclat.

 

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