« Imaginons que nous ne soyons pas en 2013 mais en 1913. » Métamorphose ou transition écologique?

Pour nous « la crise » comme on dit c’est depuis 1973. Pour nous cela fait donc 40 ans que cela dure et cela nous paraît exceptionnel . Mais que se passait-il il y a un siècle?

En 1873, la France se relevait, avec le départ des dernières troupes d’occupation prussienne, d’une des plus belle raclée de son histoire avant la plus grande dégelée que fut la débâcle de 1940

L’Allemagne ou plutôt devrais-je dire la Prusse triomphait et imposait sa loi à l’Europe centrale,

La Grande-Bretagne « ruled the seas » et Victoria régnait sur le plus grand Empire qui ait jamais existé

Mais depuis déjà au moins deux décennies, le monde n’arrêtait d’accoucher d’un nouveau modèle économique qui s’appelait l’industrialisation,

A l’autre bout du monde, en Asie,  un autocrate décidait de mener son pays à marche forcée vers la modernité caractérisée par le modèle économique euro-américain : au Japon c’est le début de ce qu’on appellera plus tard l’ère Meiji du nom de l’Empereur qui fera rentrer son pays dans l’ère moderne

Ah oui ! j’oubliais!  En 1873, le smog tua 700 personnes à Londres en quelques jours

Que s’est-il passé entre 1873 et 1913 soit en 40ans ?

En 1873 ce fut surtout le début de ce qu’on a appelé la grande dépression et qui dura jusqu’en 1896 et qui fut aussi une longue période de stagnation économique, MAIS qui vit cependant l’invention de l’aviation, de l’automobile, du cinéma, des réseaux électriques etc…

Puis ce fut « la Belle Epoque » jusqu’en 1914, ainsi appelée plus tard parce que après, il y eut ..l’horreur de la Grande Guerre.

Pourquoi, ce petit rappel historique ?

Oh ! Sûrement pas pour vous faire peur avec le spectre d’une nouvelle guerre mondiale à venir puisque de toute façon, cette guerre est déjà là mais elle ne prend pas la forme d’une guerre classique avec des armées, des généraux et tout ce tremblement qui va avec.

Non, je fais ce petit rappel juste pour rebondir sur  cet excellent point de vue du Pr Morvan  qui nous permet de relativiser la notion de crise

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/louest-crise-permanente-12-03-2013-88863

L’Ouest en crise permanente ?

Ceux qui comme moi, ont eu « la chance » de commencer leur activité professionnelle au début des années 70 se disent qu’en effet, ils ont toujours vécu dans la crise. Mais par définition une crise est un état passager qui soit se termine par un retour à la normale soit par une aggravation rapide de l’état.

Depuis 1973 et au moins jusqu’en 2007, rien de tout cela et pour cause : ce que nous appelions la crise était en fait une métamorphose et on aurait pu penser que la chrysalide était en train de venir papillon à la fin des années 90 avec la révolution de ce qu’on a appelé « la nouvelle économie ». Hélas, cette nouvelle économie n’était pas encore nouvelle. Elle n’était qu’une foucade des marchés financiers qui, libérés de toutes les contraintes réglementaires et prudentielles qui lui avait été imposées après la seconde grande dépression, celle de 1930, ont désespérément voulu se rattacher à l’idée que quelques chiffres jetés sur un bout de papier en guise de business plan par quelques adolescents fous d’informatique suffisaient à générer des profits mirobolants.

Ce soubresaut a été suivi par d’autres, nourris aux mêmes mirages, jusqu’à ce que le système hoquette en 2008 . Nous n’avons donc pas eu notre « Belle Epoque » et pour cause . Les innovations , les vraies, qui ont germé durant la période de relative stagnation des années 70 et 90 n’ont pas encore fleuri.

Les innovations de la fin du XIX° siècle se fondaient sur une surexploitation des sources d’énergie, majoritairement fossiles, mais aussi de toutes les autres ressources minérales. et ont débouché sur les puissantes industries qui 50 ans plus tard ont donné les 30 glorieuses.

La fin du XX° siècle correspond à l’épuisement de ces ressources et c’est peut-être là la principale différence à un siècle d’intervalle. La crise n’a pas été qu’une crise cyclique de l’économie, c’est aussi une crise écologique et c’est pourquoi les innovations qui permettront de réussir la métamorphose en ce début du XXI° siècle sont celles qui permettront d’y répondre. En d’autre terme la métamorphose qui se prépare s’appelle transition écologique de l’économie.

Ceux qui pratiquent l’écologie politique depuis longtemps en sont de tous temps convaincus. Les praticiens de l’économie telle qu’elle s’enseigne actuellement y viennent aussi à leur tour et dans une certaine mesure, c’est tant mieux mais ils semblent avoir oublié une chose: c’est que l’écologie politique n’est pas une théorie économie, elle est une vision du monde, une philosophie de l’action si vous voulez qui place les valeurs de coopération avant les valeurs de compétition qui place le plaisir d’être au-dessus du plaisir d’avoir.

C’est faute d’avoir compris cela que les tenants de ce qu’on appelle maintenant la croissance verte risquent de nous faire rater la métamorphose et la conséquence en sera hélas, la même que la métamorphose ratée du début du XX° siècle, sauf que les conflits ne seront pas pour des territoires, ni pour une suprématie continentale, ils seront pour le contrôle de ressources vitales et c’est pour cela que ces conflits seront encore plus cruels que la Grande Guerre et sa réplique (comme on dit réplique sismique) de 1939-1945.

L’avenir nous appartient encore mais pour si peu de temps encore!

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