L’entreprise progressiste : la richesse de l’homme!

Renouer le dialogue social

Que n’a-t-on écrit sur l’accord signé par trois organisations patronales et trois organisations syndicales représentatives? Nous avons eu le droit à tout, depuis » l’accord historique » jusqu’au « Munich social » (quoique « Munich » ait été lui aussi un « accord historique » mais honteux). Comme toujours dans ces négociations, le résultat est plus mitigé. Comme toujours à l’issue de ces négociations, il y en a qui estiment avoir tout gagné et d’autres dont on pense qu’ils ont tout perdu. Dans le cas d’espèce, il semble bien que très vite on s’est aperçu que les employeurs étaient les grands gagnants à court terme. Mais sur le long terme? Bien malin qui pourra y répondre. Toutefois, un point est désormais acquis et le restera définitivement si les parlementaires le décident : les partenaires sociaux sont devenus suffisamment majeurs pour régler leurs différents entre eux sans s’en remettre un peu lâchement aux pouvoirs publics. Et rien ne dit que dans une négociation ultérieure, la balance ne penche pas de l’autre côté

http://www.entreprises.ouest-france.fr/conseil-expert/surtout-ne-pas-changer-accord-sur-lemploi-04-02-2013-84286

« Compétitivité. « Surtout ne pas changer l’accord sur l’emploi » « 

En cela cet accord est effectivement historique puisqu’il consacre le retour du dialogue social sur la scène publique. Mais il ne sera qu’anecdotique tant que la représentativité des partenaires sociaux sera aussi désespérément faible. En effet, les taux d’adhésion d’un côté comme de l’autre sont très bas et la participation aux élections ferait honte à n’importe qu’elle démocratie. L’ouverture récente d’élections professionnelles dans les entreprises de moins de 10 salariés le confirme avec un taux de participation inférieur à 15%. A titre de comparaison, lors des élections aux chambre d’agriculture, le taux de participation dans le collège des exploitants agricoles a été de 55% (et c’est considéré par tous comme un échec) alors que dans le collège salarié cela tourne plutôt autour des 20%

Peut-être qu’en recrédibilisant la signature des partenaires sociaux, on leur rendra une certaine audience. Le pari est là

Préserver les compétences

Car sur le fond, cet accord est aussi intéressant sur le long terme puisqu’il pose les premières pierres d’un système de sécurisation des parcours professionnels et c’est cela qui est important. En effet, dans une économie où aucune situation n’est définitivement établie, avoir la garantie que quelle que soit les vicissitudes de la vie professionnelle, chacun pourra continuer de capitaliser sur les acquis d’une expérience professionnelle de plus en plus riche et diversifiée vaut bien un emploi à vie. Et pour l’entreprise, ce n’est pas non plus une mauvaise affaire. Meilleures sont les compétences des personnes qu’elles recrutent, mieux cela vaut pour elles. Seul le système qui prévaut actuellement dans les entreprises françaises est un jeu perdant-perdant puisque le chômage est à la fois une perte de revenu pour le salarié (immédiatement) et une perte de motivation ( assez rapidement) et  pour les salariés comme pour les entreprises une perte de compétences ( au fur et à mesure que cette période d’inactivité forcée s’allonge) sans compter pour ces derniers une perte de confiance dans un système qui fait aussi peu de cas des compétences ainsi perdues, quelles qu’elles soient.

Mais en attendant que cela se mette en place, des pratiques d’une grande stupidité continuent d’exister. Naïvement, je croyais qu’avec la disparition progressive des aides de l’Etat, le système des pré-retraites avait disparu. Et bien non! La preuve

http://www.ouest-france.fr/actu/economieDet_-Partir-en-retraite-a-58-ans-avec-75-du-salaire-_3634-2160358_actu.Htm

« Partir en retraite à 58 ans avec 75 % du salaire ? « 

Tant que l’Etat contribuait au financement de ce système, son utilisation massive pouvait se comprendre de la part des entreprises puisqu’elles reportaient ainsi sur les dispositifs publics de solidarité la responsabilité du maintien du revenu.

Continuer à financer ainsi des préretraites, c’est accepter de payer, pendant quelques années, sans bénéficier en retour des compétences que détiennent  ces personnes et qu’elles pourraient transmettre. C’est ce en quoi par exemple, les contrats de génération, par contraste apparaissent comme une solution intelligente.

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