Budgets publics : Scier l’arbre par les deux bouts

Le budget de l’Etat est en crise : on nous le serine à longueur de temps. Il y a même un ministre, bien placé pour savoir l’état réel des finances de l’Etat qui a redit, mais depuis il s’est rétracté, que Celui-ci était en faillite. Evidemment, ce n’est pas vrai puisque tant que l’Etat pourra emprunter pour honorer ses dépenses, il ne sera pas en cessation de paiement.

Mais il a cependant raison s’il veut dire par là que l’Etat n’est déjà plus en mesure de faire face à toutes ses obligations, au point même d’appeler au secours les autres collectivités publiques pour l’aider à assumer sa fonction de solidarité, que ce soit pour le développement de l’emploi

http://www.lagazettedescommunes.com/153334/5-000-emplois-davenir-michel-sapin-appelle-a-les-collectivites-et-les-associations-a-un-effort-environ-5-000-emplois-davenir-m-sapin-appelle-a-un-effort/?utm_source=quotidien&utm_medium=Email&utm_campaign=08-02-2013-quotidien

« 5.000 emplois d’avenir : Michel Sapin appelle à les collectivités et les associations à un “effort” »

ou pour la lutte contre la pauvreté. Dans ce dernier cas , c’est le budget communautaire qui serait mis à contribution.

Mais le pire dans tout cela est que , dans une conjoncture aussi morose, quand les investisseurs privés hésitent à investir par manque de visibilité à moyen terme sur les marchés, quand les consommateurs rechignent à consommer par manque de visibilité à court terme sur leur situation personnelle, quand les exportations plafonnent par manque de compétitivité des entreprises françaises, la seule chose qui puisse encore sauver le dynamisme de l’économie française, c’est l’investissement public. Or, cela fait longtemps que l’Etat n’investit plus, se reposant pour cela sur les collectivités territoriales qui en assument les 3/4 et un peu sur les budgets communautaires dans les zones qui bénéficient des fonds structurels

Or que se passe-t-il?

Selon un rituel désuet et sinistre, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Européenne se sont mis d’accord pour raboter un peu plus le budget communautaire. Certes le coup de rabot n’est pas énorme mais il en dit long sur l’état d’esprit qui les anime

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/europe/europe-accord-trouve-sur-le-premier-budget-en-baisse-de-son-histoire-08-02-2013-1999061.php

« Europe. Accord trouvé sur le premier budget en baisse de son histoire »

Comme chaque pays a souhaité préserver malgré tout ses « avantages acquis », et notamment la France avec cette politique agricole commune héritage d’un autre âge, les marges de manoeuvre disponibles pour l’investissement en sont réduites d’autant.

Mais s’il n’y avait que cela. Non content de réduire même de façon symbolique sa contribution au budget européen, le gouvernement français veut aussi réduire sa contribution au budget des collectivités territoriales

http://www.acteurspublics.com/2013/02/07/les-collectivites-encore-appelees-a-la-rescousse

« Les collectivités encore appelées à la rescousse ? »

La plupart des dotations sont la contrepartie d’un transfert de compétences et de charges. Le transfert financier diminuera donc sans pour autant que la charge s’allège. Au contraire même devrait-on dire quand il s’agit de la prse en charge des revenus de transfert par les conseils généraux. Comme la charge fiscale prélevée par les collectivités n’est pas extensible à l’infini, là aussi c’est la capacité d’investissement des collectivités territoriales qui va être sérieusement amputée.

Dès les premiers jours de la crise, plusieurs voix se sont élevées pour dire la même chose. Jacques Delors, à la tête d’un groupe d’anciens responsables européens réclamait un grand plan d’investissement pour relancer le projet européen, plan financé en partie par un impôt communautaire, en partie par un emprunt communautaire.

Au même moment deux anciens premiers ministres français faisaient la même propositions pour la France. ILs furent en partie écouté puisqu’un plan de 35 milliards financés intégralement par l’emprunt fut mis en place sous le nom de « Plan d’Investissement d’Avenir ». 4 ans après, on en est encore à définir ce qu’on en fera et ces crédits sont recyclés en permanence comme support d’annonces gouvernementales, en 2010, en 2011, en 2012 et aussi en 2013.

On ne peut pas scier un arbre par les deux bouts et espérer qu’en même temps il nous donne de beaux fruits!

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