Chronique de l’entreprise progressiste : l’émergence des parties prenantes ou comment conjuguer les talents.

Le système capitaliste  a permis un développement économique sans précédent d’abord en Europe, puis dans ce qu’on a appelé le monde occidental même si certains de ses fleurons sont en Extrême-Orient, par rapport à nous.

Son succès se fonde sur le postulat que le capital est fait pour générer du capital grâce à la combinaison du travail et du capital.

L’évolution récente de l’économie montre que  d’énormes masses monétaires accumulées entre quelques mains ne trouvent plus usage dans ce schéma de création de biens et de services et ce constat fait que c’est le système tout entier qui se pose des questions.

C’est aussi tous les acteurs du système qui se posent des questions sur les principes qui ont permis à se système de prospérer.

Et parmi ces principes, il y a le primat du droit de propriété. Ceux qui possèdent le capital de l’entreprise ont une sorte de droit divin sur celle-ci, droit tempéré par d’autres droits, droit du travail, droit de la consommation, droit de l’environnement, droit commercial sans que jamais ceux-ci ne remettent en cause cette légitimité immanente.

Cela était vrai jusqu’à ces derniers temps où commence à émerger une nouvelle conception de l’entreprise et des rapports au sein de celle-ci.

Certes, il existe déjà depuis le milieu du siècle passé des entreprises qui avaient dénié ce droit de propriété. Au fil de l’histoire, elles ont fini par constituer une famille qui s’est appelé Economie Sociale (devenue solidaire depuis les années 80). Mais cette famille restait marginale dans le monde.

Elle n’est devenue à la mode que depuis quelques années quand on s’est rendu compte qu’elles s’appuyaient sur d’autres valeurs et sur d’autres acteurs que la valeur argent et le pouvoir que sa détention procure.

Dans une certaine mesure elle a aussi permis de constater que ces autres acteurs et ces autres valeurs existaient également dans l’entreprise de type capitaliste mais qu’ils n’avaient guère voix au chapitre. C’est la reconnaissance de l’existence de ces autres partenaires que les actionnaires qu’on a appelé parties prenantes qui permettra peut-être à l’entreprise de se relégitimer dans l’économie du XXI° siècle.

Les exemples commencent à apparaître  d’entreprises qui parient sur autre chose que sur leurs actionnaires pour réussir.

L’entreprise ne vaut que par les hommes qui la font vivre

S’il y a bien un secteur industriel dont on nous dit depuis des décennies qu’il est condamné en Europe, c’est le textile. Et pourtant, il existe des entreprises qui résistent et même qui prospèrent. Certaines ont fait le pari de l’innovation technologique et donc misent sur les cerveaux de quelques salariés. D’autres parient plus prosaïquement sur le savoir-faire de tous les salariés et placent le développement continu des compétences au coeur de leur modèle économique.

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/vendee-malgre-crise-confection-luxe-recrute-talents-13-01-2013-81342

« Vendée. Malgré la crise, la confection de luxe recrute des talents « 

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/quimper-dans-an-elles-fabriqueront-fameuse-mariniere-darmor-lux-13-01-2013-81346

« Quimper. Dans un an, elles fabriqueront la fameuse marinière d’Armor-Lux « 

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/distribution/20130111trib000741985/luxe-et-made-in-france-lejaby-tente-de-se-tisser-une-nouvelle-image.html#xtor=EPR-2-[Industrie++Services]-20130114

« Luxe et « Made in France »: Lejaby tente de se tisser une nouvelle image »

 

L’entreprise est  dans un réseau

Un fournisseur est un partenaire

Plus une entreprise grandit, plus elle doit s’appuyer sur des entreprises plus petites qu’elle dans le cadre d’une répartition des tâches et de la création de valeur. Classiquement, et en France, c’est plus vrai encore qu’ailleurs, le rapport de force fait qu’il y a un phénomène d’aspiration de la valeur des plus faibles vers les plus forts. C’est en gros comme cela qu’ont fonctionné les entreprises jusqu’à aujourd’hui et qui explique que beaucoup de PME soient fragilisée dès qu’un coup de froid tombe sur l’économie.

ET puis, il y a les entreprises qui ont compris qu’elle n’était en fait que le lieu fédérateur de forces nées ailleurs et qu’elles se renforçaient non pas en affaiblissant celles-ci mais plutôt en les confortant. les fournisseurs font partie de la famille, les mettre en valeur et les protéger font partie de la solidarité indispensable vis-à-vis d’eux

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/groupe-yves-rocher-recompense-ses-fournisseurs-11-01-2013-81092

« Le groupe Yves Rocher récompense ses fournisseurs « 

Coopération plutôt que compétition

L’entrepreneur est toujours seul, plusieurs entrepreneurs qui se concurrencent sont toujours aussi seuls et d’autant plus seuls que leur concurrence est vive. Parfois il y a pourtant intérêt à faire comme les loups et à chasser en meute plutôt que d’essayer de tirer parti dans son coin d’un petit lambeau de marché.

De façon générale sur les marchés émergents, il vaut mieux travailler dans la coopération que ce soit en matière de R&d qu’en matière de conquête de nouveaux débouchés. Il s’agit en quelque sorte d’un jeu gagnant-gagnant (comme on disait il y a longtemps, en 2007)

http://www.actu-environnement.com/ae/news/lancement-initiative-france-solar-industry-exportation-17496.php4#xtor=ES-6

« France Solar Industry : un label pour le solaire électrique français »

 

Et puis il y a ça

Tout nouveau gouvernement normalement constitué ne peut plus dire, après quelques mois d’existence, qu’il ne fait rien pour promouvoir l’esprit d’entreprise en France. Il y avait eu au siècle denier Bernard Tapie et ses émissions racoleuses sur les « entrepreneurs, héros modernes », il y a eu dans le quinquennat précédent Mr Novelli et son statut d’auto-entrepreneur qui est à l’entrepreneur ce que l’auto-tamponneuse est à l’automobile (une manière de croire qu’on est vraiment un chef d’entreprise sans prendre trop de coup). Ce gouvernement ne fait pas exception à la règle et Mme Pellerin y va aussi de ses assises de l’entrepreneuriat

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/fleur-pellerin-lance-assises-entrepreneuriat-14-01-2013-81485

« Fleur Pellerin lance les Assises de l’entrepreneuriat »

Rien de bien nouveau sous le soleil, si ce n’est que les 9 thèmes retenus ne sont pas tous très classiques. A côté des tartes à la crème sur les jeunes et l’esprit d’entreprendre, le cadre fiscal, les financements et l’accompagnement de la création, il y a aussi « promouvoir l’entrepreneuriat responsable » et « inventer l’entreprise du futur ».

Rien que pour cela, il faudra être attentif à ce que produiront ces assises.

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