Bilan de l’année la notation, c’est une question de confiance

Perdre une triple couronne sans y laisser ses dents

La France a perdu son « triple A » pour la deuxième fois et pourtant le monde économique ne s’est pas écroulé. Le coût de la dette est même, pour quelques temps au moins, un peu plus léger puisque la France a pu continuer à emprunter à court terme à des taux tellement bas qu’ils ont parfois crevé le plancher. De là à dire que les mauvais augures avaient tout faux, il y a un pas que je ne franchirais pas.

La France bénéficie en effet d’une conjoncture financière particulièrement favorable mais qui ne saurait durer et si elle continue à avoir les faveurs des investisseurs privés, c’est surtout parce que les autres types de placement font encore plus peur à une Finance devenu très très frileuse. Or, malgré tout le tintamarre organisé par quelques médias qui ont peut-être intérêt à ce que les marchés s’émeuvent, la perte du triple A n’est pas infâme en soi puisque 12 pays seulement l’ont encore et 5 sans restriction et que parmi ces 12 pays, seul l’Allemagne pèse d’un poids économique important.

Les arroseuses arrosées

Les agences de notation ont eu cette année quelques problèmes à rebondissement qui ont fait que la confiance dont elles pouvaient encore bénéficier a été un peu plus écornée

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20121105trib000728944/standard-and-poor-s-condamnee-pour-notation-trompeuse.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20121105

Standard and Poor’s condamnée pour notation « trompeuse »

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20121009trib000723697/les-notes-des-agences-de-notation-sont-elles-fiables-.html

Les notes des agences de notation sont-elles fiables ?

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20121107trib000729486/les-agences-de-notation-ont-du-souci-a-se-faire.html#xtor=EPR-2-[Banque++Industrie+financiere]-20121107

« Les agences de notation ont du souci à se faire »

Le manque de confiance est tel qu’un journal économiste a pu s’interroger sans que personne ne trouve trop à y redire que si la troisième grande agence n’avait pas encore dégradé la note de la France, c’est parce qu’elle appartenait à un Français et qu’il lui restait un vieux fond de chauvinisme. C’est dire si ces analystes croient à la rigueur de ces notations.

La révolte des barons

Mais surtout, les milieux de pouvoir ont commencé à trouver intolérable, le privilège que s’étaient arrogées au fil des ans des agences dont nul ne sait qui en fait les dirige, ni comment elles fonctionnent.

Quand le « parrain » du capitalisme « à la française » pousse un grognement contre la dictature des notations, tout le monde a compris que les entreprises trouvaient que ces « crises à répétition » engendrées par la moindre fuite sur une éventuelle modification de la notation finissaient par coûter cher aux entreprises et surtout aux actionnaires qui les possèdent

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20120813trib000714243/les-grands-noms-de-la-finance-exasperes-par-les-agences-de-notation-.html

Les grands noms de la finance exaspérés par les agences de notation

D’un côté, nous avons donc des agences qui se sont  assez déconsidérées et derrière elles quelques grosses institutions financières vivant EXCLUSIVEMENT des mouvements spéculatifs qu’elles attisent et de l’autre des entreprises productrices de biens et services qui trouvent la farce un peu grosse, tellement grosse même que les autorités européennes qui ont un peu joué le rôle de punching-ball cette année n’ont pas hésité un seul instant à s’engouffrer dans la fissure de confiance pour essayer d’en faire une brèche béante.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banque/20120702trib000706821/notation-des-banques-le-gendarme-europeen-des-marches-ouvre-l-enquete.html

Notation des banques : le gendarme européen des marchés ouvre l’enquête

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banque/20120621trib000705131/la-bce-veut-s-affranchir-des-notations-des-agences.html

La BCE veut s’affranchir des notations des agences

Imaginez,  la révolte a touché même la BCE, dont le patron est un ancien de Goldman Sachs, qui brûlerait  ainsi les veaux d’or qu’il a adoré un temps.

Restaurer la confiance

Pour autant, la finance mondiale ne peut pas rester sans thermomètre autre que le fameux « pifomètre » des traders. C’est pourquoi certains en appellent  à la sagesse des gouvernements. La sagesse est ici à prendre dans son sens le plus juvénile. En effet en lançant cet appel le pilote d’un paquebot financier qui pèse  près de 3.000 milliards d’euros, ne pense en effet pas à la sagesse des anciens mais bien plutôt à la docilité des enfants sages

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/19/retablir-la-confiance-entre-investisseurs-et-gouvernements_1792656_3234.html

Rétablir la confiance entre investisseurs et gouvernements

A défaut d’être acceptable, ce message a la vertu d’être clair.

Mais comme le risque majeur vient quand même du système bancaire lui-même, certains ont eu la bonne idée d’essayer de restaurer la confiance en racontant comment la catastrophe pourrait arriver et comment on pourrait s’en sortir

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20121102trib000728710/les-banques-allemandes-preparent-leurs-testaments.html#xtor=EPR-2-[Lactu+du+jour]-20121105

Les banques allemandes préparent leurs « testaments »

Après tout faire un testament, c’est bien mettre de l’ordre dans ces affaires de façon à ce qui en hériteront ni soient pas de leur poche. C’est tout ce que demande une Finance que la faillite de Lehman Brothers a quand même un peu traumatisé.

ET SI ON PARLAIT D’AUTRE CHOSE POUR FINIR !

A l’importance qu’ont prises dans les médias, les moindres battements de sourcils des « agences », on comprend mieux  à quel point nos dirigeants politiques, économiques et médiatiques sont « sous influence », car enfin il n’y a pas que la finance dans la vie, même si une vague de révolte s’est levée contre la dictature des « trois sorcières », les alternatives proposées jusqu’à présent sont encore imprégnées  des « valeurs » de la finance.

Heureusement qu’il y a des initiatives plus heureuses comme celle prise par le PNUE et Global Footprint

http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,institutions,etats,dettes_souveraines_vers_prise_en_compte_risques_environnementaux,138752.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

Notation des Etats : vers une prise en compte des risques environnementaux

http://www.actu-environnement.com/ae/news/dette-souveraine-empreinte-ecologique-17088.php4#xtor=ES-6

Dette publique : la dégradation des écosystèmes nationaux, grande oubliée des agences de notation financière

Je ne suis pas forcément d’accord avec les méthodes et les critères de Global Footprint mais il faut bien reconnaître que si cette initiative va à son terme, on aura là des outils d’analyses alternatifs aux seules notations en trois lettres.

D’ailleurs le PNUE n’est pas le seul à se lancer dans la recherche de nouveau thermomètre,

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/20/la-fondation-bertelsmann-presente-sa-notation-de-la-france_1793426_3234.html

La fondation Bertelsmann présente « sa » notation de la France

Mais pour l’instant, ce ci n’est que l’esquisse de l’ébauche d’un schéma d’indicateurs.

Et il existe bien d’autres, qui n’avaient pas été créés à cet effet, c’est-à-dire mesurer le degré de « risques » que représente un pays.  Mais si au lieu de mesurer le risque, on mesurait la confiance en utilisant un peu tous ces indicateurs, aussi bien les indicateurs financiers que les indicateurs du PNUE, que d’autres indicateurs comme l’Indicateur de Développement Humain du PNUD, voire même l’indicateur de compétitivité globale du Forum Economique Mondial ou l’indicateur d’attractivité de la banque Mondiale

On peut faire confiance aux mathématiciens pour en sortir une espèce d’indicateur très composite, hybride qui permettrait de se faire une idée précise de la santé réelle et future d’un pays.

Mais comme toute construction humaine,  aussi bien pensé soit-il, cet indicateur sera lui aussi sujet à caution puisque la pondération accordée à chaque facteur dépendra exclusivement de l’échelle des valeurs de ceux qui le produiront et comme il n’est même pas question de demander leur avis à ceux que cela concerne directement, c’est-à-dire vous, moi, les citoyens, la confiance qu’ont pourrait y avoir sera à l’aune de la « respectabilité des experts » qui l’auront bâti.

« Aye confiance, aye confiance ! » sifflait Kaa en hypnotisant le petit Mowgli

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