La mondialisation, c’est ça aussi !

Les « invisibles »

Traditionnellement, dans le calcul de la balance des paiements d’un pays, il y avait, à côté des échanges de biens et services, la balance commerciale, ce qu’on appelait les invisibles dont les transferts effectués par les travailleurs émigrés vers leur pays d’origine. Traditionnellement, cela représentait des flux peu importants sauf évidemment pour les pays d’émigration pour lesquels c’était souvent une rentrée de devises appréciables.

La mondialisation des années 90-2000 a eu cet effet notamment que le nombre de personnes quittant leur pays pour travailler ailleurs est en forte augmentation. Certes, il n’y a a pas grand ‘ chose en commun entre l’ « expat » français parti diriger un chantier à l’autre bout du monde ou « tradant » pour une banque anglaise à Singapour et le clandestin malien qui travaille un jour sur trois sur un chantier  de TP de la région parisienne sauf que chacun à sa manière contribue à gonfler un flux financier qui ne cesse d’augmenter et ne connait manifestement pas la crise

http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/NEWSFRENCH/0,,contentMDK:23316599~pagePK:64257043~piPK:437376~theSitePK:1074931,00.html?cid=EXT_BulletinFR_W_EXT

À l’échelle mondiale, les envois de fonds des travailleurs émigrés dépasseront 530 milliards de dollars en 2012

Mine de rien,  à l’échelle mondiale, cela représente 25% du PIB d’un pays comme la France

Le plus surprenant dans ces chiffres est que les deux principaux pays bénéficiaires de la mondialisation en terme de progression de leur production intérieure brute, c’est-à-dire la Chine et l’Inde, sont aussi les principaux bénéficiaires de ces flux d’ « invisibles ». C’est en quelque sort, pour eux « le beurre et l’argent du beurre ».

 

On ne change pas le monde avec des bons sentiments ! …ou alors lentement

A l’époque où il regardait la maison brûler et qu’il pensait qu’il fallait faire quelque chose, Jacques Chirac avait repris cette idée lumineuse qui lui avait été soufflée par un de ses visiteurs du soir : instaurer une taxe aussi minime soit-elle sur les billets d’avion pour dissuader les gens d’utiliser à outrance ce moyen de transport particulièrement polluant et utiliser le produit de cette taxe pour financer une cause humanitaire d’intérêt mondial.

http://blogs.worldbank.org/voices/fr/comment-une-taxe-indolore-peut-changer-le-monde?cid=EXT_BulletinFR_W_EXT

Comment une taxe « indolore » peut changer le monde

Sur le principe, c’est simple comme l’œuf de Colomb mais dans la pratique c’est autre chose. Il arrive en effet à cette taxe la même mésaventure qu’une autre taxe aussi fameuse, la taxe sur les transactions financières, appelée improprement « Taxe Tobin ». Toutes les deux sont fondées sur les mêmes principes :

la mondialisation profite à quelques activités, dont la caractéristiques principales est de provoquer plus de nuisances que de bien-être pour la majorité de la population mondiale et elles ne sont pas taxées.

Le niveau de taxation est volontairement faible pour être a priori indolore

Le produit de ces taxes est vesré à un pot commun mondial pour servir de cagnotte aux organisations gravitant autour de l’ONU.

En quelque sort, la mondialisation financière et économique contribue à l’émergence d’une mondialisation des peuples

Force est de constater que cela ne marche pas. La taxe sur les transactions financières peine à voir le jour au niveau européen. Et même s’ils arrivent à se mettre d’accord sur le dispositif, il n’est pas sûr qu’il voit quand même le jour. Pour cela, il suffit de se souvenir de cette reculade honteuse au début de cet automne, quand les Etats européen ont voulu instaurer une taxe sur les transports aériens et qu’ils ont dû céder face au chantage que les compagnies aériennes chinoises, américaines, indiennes, australienne, etc… ont exercé via le carnet de commande d’Airbus.

Quant à la taxe Chirac, comme on le voit, elle vivote.

Mais comme disait l’autre « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. »

 

Les ambigüités du « Made in »

Un commerçant de souvenir se fait épingler par les services de la répression des fraudes pour publicité mensongère

http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Justice.-Le-couteau-breton-etait-en-realite-fabrique-en-Chine_40820-2138781_actu.Htm

Justice. Le couteau « breton » était en réalité fabriqué en Chine

Difficile de dire que le commerçant en question est malhonnête ou naïf. De son point de vue, on comprend bien que, puisqu’il assure le montage et la finition, le produit est français. Après tout, dans la future réglementation sur les panneaux photovoltaïques , seront considérés comme européens des panneaux dont deux au moins des 7 ou 8 opérations de transformation auront été réalisées sur le territoire national.

Et c’est toute l’ambiguïté du label « made in France ». La mondialisation a contribué u peu plus à brouiller les cartes. Peut-être qu’en utilisant les analyses du type « chaînes de valeur », on pourrait définir qu’un produit est « made in » dès que 50% de cette chaîne est générée en France. Mais vous imaginez les contrôles que cela suppose. Appliquez cela à l’agriculture et vous verrez les tracteurs « made in » des paysans  envahir de nouveau les rues pour protester contre les lourdeurs administratives. Peut-être qu’après les élections…professionnelles agricoles, on pourra de nouveau parler raisonnablement avec eux!

 

Il faut être cohérent … ou fataliste !

La mode est au cloud computing, c’est-à-dire à se débarrasser de la tâche de gérer ses bases de données sur le dos d’opérateurs spécialisés qui les stockent … »dans un nuage ». Concept un peu nébuleux, auquel je ne comprends pas grand-chose mais qui manifestement fait saliver beaucoup d’entreprises dans le monde.

Si j’ai bien compris, les données deviennent elles aussi sans frontière.

La France qui ces dernières années n’a jamais été en retard d’une bataille perdue sur le numérique s’est montrée incapable de proposer une solution nationale crédible. Il faut dire que le consortium réuni par le président d’alors était une coterie de copains qui entre eux se sont livrés à une véritable bataille d’égo, jusqu’à ce que l’un d’entre plante les deux autres sans solution.

Du Coup, on est obligé de faire appel à des prestataires extérieurs.

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/bretagne-le-conseil-regional-confie-des-donnees-a-amazon-30-11-2012-1926142.php

Bretagne. Le conseil régional confie des données à Amazon

Et cela donne cette situation cocasse. Voici une collectivité territoriale dirigée par un socialiste et un peu encore sous le « parrainage » d’un ministre important de la république qui confie ses données à une entreprise montré du doigt par le même gouvernement pour ses pratiques fiscales douteuses.

A défaut d’être cohérent politiquement, il faut donc être fataliste et se dire qu’on ne pouvait pas faire autrement.

Par contre, on aurait pu éviter de subventionner ladite entreprise pour créer des emplois précaires sur des plates-formes de distribution, qui en plus sont en général alimentées par des produits d’importation.

Rome n’est plus dans Rome

On a assisté à une première dans l’histoire pourtant riche et ancienne de l’église catholique, apostolique et universelle. Le mois dernier le pape a créé (on dit comme cela quand il nomme des cardinaux) 6 nouveaux cardinaux, dont aucun Italien et même dont aucun Européen. La mondialisation, c’est aussi cela.

La mondialisation  c’est tout ça AUSSI!

Publicités
Cet article, publié dans mondialisation quand tu nous tiens, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s