Les ressorts de la RSE

Voici un article de journal  qui pose une excellente question. En effet, puisque la coercition est rejetée par les entreprises (trop de règle tue la règle) et par les consommateurs, il  ne reste plus qu’à croire en la bonté naturelle de l’homme ou, ce qui revient un peu au même, aux vertus correctives de la pression sociale.

http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20121023trib000726675/peut-on-miser-sur-le-bon-vouloir-des-individus-et-des-entreprises-pour-proteger-l-environnement-.html#xtor=EPR-2-[Wall+Street+Briefing]-20121023

Peut-on miser sur le bon vouloir des individus et des entreprises pour protéger l’environnement ?

Quand il ne s’agit pas de faire tout simplement des économies, la RSE est  la plupart du temps la réponse pragmatique, voire cynique que font les chefs d’entreprises à une attente , réelle ou supposée, de leurs consommateurs . En effet que ce soient de pure opérations de communication sans aucun fond (greenwashing) ou de véritables tentatives de séduction de nouveaux clients, toutes manifestations d’intérêt porté par l’entreprise aux conditions de travail, d’exploitation de la planète ou de protection de l’environnement  s’appuie sur l’hypothèse de fond que c’est ce que la majorité des clients souhaitent. Il existe quand même des chefs d’entreprise pour qui la RSE est un véritable engagement citoyen mais ce sont en général des patrons de PME, rarement les patrons des grands groupes.

Quoiqu’il en soit, cela veut dire qu’à un moment donné, dans la tête de ces milliers de consommateurs et de ces centaines de chefs d’entreprise s’est fait un déclic qui a fait le lien entre un produit, ou un service, que les uns achètent parce que les autres le fabriquent, et la façon dont ce bien ou ce service était produit.

Ce déclic est rarement fortuit ; il est le fruit d’une prise de conscience, accompagnée le plus souvent d’un changement de comportement.

Mais en général, tout partira de la prise de conscience du consommateur qui va devenir consom’acteur.

C’est pourquoi il apparait évident que la transition écologique de l’économie doit obligatoirement commencer par des actions de sensibilisation des consommateurs. C’est la thèse que défendaient dans leur livre respectif Michel Servet  (« le grand renversement » https://dominiqueguizien.wordpress.com/2010/08/15/les-lectures-de-lete-le-grande-renversement-de-jean-michel-servet/) et Tim JACKSON ( « prospérité sans croissance – la transition vers une économie durable » https://dominiqueguizien.wordpress.com/2010/08/17/les-lectures-de-lete-%C2%AB-prosperite-sans-croissance-la-transition-vers-une-economie-durable-%C2%BB-de-tim-jackson/) C’est par contre une dimension qui manque au livre de Jeremy RAFKIN « la troisième révolution industrielle » qui considère comme acquise cette évolution des mentalités dès lors que la transition énergétique sera en route.

C’est pourquoi dans le gouvernement qui s’est mis en place en juin dernier, il semblait évident que le portefeuille essentiel pour les écologistes devait être celui de la consommation. Si en plus on y rajoutait l’économie sociale et solidaire, cela permettait de faire coup double avec des entreprises dont l’ADN les porte plutôt à la transition qu’à la stagnation.

Ce n’est pas le cas et espérons que le titulaire du poste nous réservera de bonnes surprises, cela nous changerait de certains de ses collègues de parti.

Mais comme l’évolution des mentalités est quelque chose de très fragile, si j’en crois cet article et de toute façon, une opération de longue haleine, il vaut mieux ne pas attendre que le fruit soit mûr pour le cueillir et anticiper ce consensus par un peu de coercition. C’est le sens des premiers textes sur la RSE qui restent  pourtant d’une grande timidité.

C’est pourquoi, il est aussi important que ceux qui sont déjà des consom’acteurs puissent avoir à dire leur mot sur la façon dont les entreprises mettent en œuvre ces « légères contraintes ». A défaut  d’avoir voix au chapitre dans les instances de gouvernance des entreprises, ceux-ci utilisent les moyens dont ils disposent c’est-à-dire la pression médiatique. C’est ainsi que depuis 4 ans déjà la remise des prix Pinocchio  du développement durable est toujours un petit événement http://www.prix-pinocchio.org/ autant pour les entreprises qu’il montre du doigt que par les commentaires dont sont agrémentés ces prix de la dérision. 

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