Dernier débat sur la productivité avant publication du « rapport »

Le Président de la République reprenant la main dans un débat qui devenait cacophonique a bien indiqué que les décisions seront prises, en tenant compte notamment des conclusions du rapport Gallois

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/29/competitivite-hollande-annonce-des-decisions-pour-novembre_1782702_3234.html

Compétitivité : Hollande annonce des décisions pour novembre

Il est dommage que le débat ait été réduit par le MEDEF et sa point sommitale, l’AFEP au seul coût du travail et à la réduction de l’impôt sur les société, évoquant en fin de parcours seulement la nécessité de relancer l’investissement

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/28/les-grands-patrons-proposent-a-hollande-un-pacte-pour-relancer-la-croissance-et-l-emploi_1782249_3234.html

Les grands patrons proposent à Hollande un pacte « pour relancer la croissance et l’emploi »

Il est surtout dommage que certains patrons aient crû bon de surfer sur cette vague « compétitivité » pour prendre, en son nom, des décisions de « dégraissage » renforçant un peu plus la méfiance des salariés vis-à-vis de ce débat

http://www.letelegramme.com/une/cecab-fermeture-de-deux-sites-a-rosporden-ce-vendredi-dans-le-telegramme-26-10-2012-1886250.php

Cecab. Fermeture de deux sites à Rosporden, ce vendredi dans Le Télégramme

Mais heureusement d’autres voix dans le patronat français se sont élevées pour dire, sans forcément l’exprimer ainsi,  que l’allégorie du Titanic employée par Madame Parisot était une outrance de langage qui n’apportait rien au débat et que ce débat devait nécessairement s’enrichir d’autres dimensions

Ce sont d’abord trois grands patrons qui s’expriment pour dire que le coût du travail n’est pas un problème en soi. Il n’est un problème que par rapport à l’Allemagne. En fait, compte tenu des déséquilibres que cela introduit dans le commerce mondial, c’est en fait l’Allemagne qui a un problème de compétitivité coût avec la plupart de ses partenaires commerciaux, au premier des rangs desquels la France, premier client et longtemps premier fournisseur.

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/competitivite-cout-ou-hors-cout-3-grands-patrons-francais-s-invitent-dans-le-debat_353845.html?xtor=EPR-175-[XPN_18h]-20121026–191727235@217104146-20121026183047

Compétitivité coût ou hors coûts : 3 grands patrons s’invitent dans le débat

Ensuite chacun évoque un point qui le concerne plus directement,

l’un évoque la gouvernance des entreprises françaises qui est en net retrait par rapport à celle de la plupart des économies développées. Là aussi la comparaison avec l’Allemagne est à notre désavantage : la participation de salariés aux instances dirigeantes est AUSSI un facteur de compétitivité

l’autre met l’accent sur l’effort d’innovation et les investissements en R&D qui permettent de garder un temps d’avance sur les pays à bas coûts

le troisième évoque le prix de l’énergie mais contrairement à ce qu’il affirme, une énergie chère n’a jamais nui à la compétitivité de l’industrie allemande mais l’a obligé à devenir ingénieuse. L’argument se retourne donc contre son auteur car c’est justement la politique d’énergie bon marché, fondée sur le nucléaire qui est la cause du retard de l’industrie française en matière de maîtrise de l’énergie et qui se transforme en handicap,  lorsque cet avantage compétitif ne peut plus être maintenu artificiellement.

C’est aussi le message que veulent faire passer un autre groupe de chefs d’entreprises

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20121029trib000727812/le-cout-du-travail-n-explique-pas-tout-l-appel-de-76-industriels-pour-une-autre-competitivite.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20121030

Le coût du travail n’explique pas tout ! L’appel de 76 industriels pour une autre compétitivité

Cela peut paraître trivial mais ces chefs d’entreprises ont sûrement raison de rappeler que l’innovation n’est pas qu’immatérielle et que s’agissant d’industrie, l’innovation passe souvent par un progrès technologique. C’est pour avoir trop crû que nous étions déjà dans la société de la connaissance et de l’immatériel que des sommes colossales ont été dépensées par les pouvoirs publics pour financer de « l’innovation » dans des secteurs comme la banque ou l’assurance. Ces cadeaux faits à ces grandes entreprises ont évidemment manqué à ces centaines d’entreprises moyennes pour qui les gains de compétitivité passaient par un saut technologique. En l’occurrence, les torts sont partagés. A partir du moment où ces industriels n’avaient pas de projets à proposer, il est clair que les pouvoirs publics ont tenu guichet ouvert  pour ceux qui avaient eu l’astuce de se présenter. En changeant les règles du crédit impôt,  on change aussitôt les flux de financement.

Il est bon que ce soient des chefs d’entreprises , pragmatiques et non dogmatiques, qui rappellent ces éléments.

D’ailleurs je suis surpris que dans le débat sur la compétitivité de l’économie française, on ne parle plus des résultats des états généraux de l’industrie qui avaient réuni en région plusieurs milliers de chefs d’entreprise. Il y avait dans cet effort de réflexion collective de nombreuses idées intéressantes à reprendre, de même qu’il y a des idées à reprendre dans l’étude menée à l’époque sur les filières d’avenir. On ne peut que regretter que le gouvernement qui avait eu ces initiatives ne soient pas aussitôt passer aux actes. 3 années ont ainsi été perdues.

Les économistes sont aussi entrés dans la danse pour apporter leur éclairage un peu théorique sur la questions pour rappeler quelques vérités historiques

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/29/la-fausse-promesse-du-choc-de-competitivite_1782476_3234.html

La fausse promesse du « choc de compétitivité »

Ou  pour défendre leur chapelle doctrinale, les uns monétaristes prônant une forme de dévaluation

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/10/24/pour-une-devaluation-fiscale_1780211_3232.html

Pour une dévaluation fiscale

Les autres rappelant les élasticités différentes de la dépense publique et des cadeaux fiscaux, qui sont à la base de la théorie de Keynes

http://www.acteurspublics.com/2012/10/12/a-court-terme-les-diminutions-de-depenses-publiques-ont-un-effet-plus-recessif-que-les-hausses-d-impots

Thomas Philippon

D’autres enfin pour défendre une politique sectorielle donnée

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20121029trib000727755/pour-un-choc-de-competitivite-soutenable.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20121030

Pour un choc de compétitivité soutenable

Par Éloi Laurent et Jacques Le Cacheux, économistes à l’OFCE

Ces contributions, pour importantes qu’elles soient ne sont pas d’une grande utilité pour nous éclairer, ces prises de position étant plutôt une question de croyance

 

Heureusement que d’autres éclairages sont venus d’endroits qu’on attendait pas  pour nous dire que la compétitivité ce n’est pas simplement une question de mécanique financière. Je n’en prendrai qu’un exemple. C’est l’enquête menée par Transparency International concernant les efforts menés par les pays pour lutter contre la corruption dans leurs entreprises.

http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20121023trib000726669/la-lutte-anti-corruption-peut-aussi-etre-une-arme-de-guerre-economique.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20121024

La lutte anti-corruption peut (aussi) être une arme de guerre économique

Il se trouve que parmi les critères retenus tant par la Banque Mondiale (étude Doing Business) que le Forum Economique Mondial (Global Competivness Report) pour qualifier la compétitivité d’une économie figure justement  la lutte contre la corruption et on ne peut pas dire que la France réalise là une performance exemplaire. La confiance, sur les marchés à l’exportation est une valeur fondamentale et quelques affaires récentes sur les marchés d’armement ont durablement terni l’image des entreprises françaises . Voilà un axe où on peut à faible coût augmenter sensiblement notre compétitivité.

Pour conclure, provisoirement, cette analyse du débat national sur la compétitivité, je voudrais juste signaler que cette compétitivité n’a de sens que si on se rappelle les finalités de l’économie. C’est ce que nous rappelle cette tribune parue dans le Monde

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/10/29/il-est-imperieux-de-discipliner-l-economie-et-de-la-remettre-au-service-des-peuples_1782727_3232.html

Il est impérieux de discipliner l’économie et de la remettre au service des peuples

Cela relative sérieusement la plupart des arguments échangés de plus ou moins bonne foi depuis un mois. Il était temps que ce suspense entretenu par les medias cesse. Maintenant place aux actes !

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