Le MEDEF ne devrait pas faire de politique

En écho à la tribune publiée par les Auvergnats de Bercy ( non pas les bougnats marchands de vin du siècle passé mais les hauts fonctionnaires du ministère des Finances qui se sont appelés courageusement  les Arvernes) et qui s’intitulés « les pigeons devraient faire de la politique », j’ai envie de dire à madame Parisot, qui est passe de devenir ma tête à claques, « Madame Parisot, arrêtez donc de dire que vous parlez au nom des entreprises et assumez enfin que vous faites de la politique ! »

En effet dans une tribune parue dans le Figaro, dont le rédacteur en chef ne cache plus qu’il est un journal partisan, et largement relayée par le reste de la presse

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20121015trib000724864/laurence-parisot-en-appelle-a-un-veritable-sursaut.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20121015

Laurence Parisot en appelle à « un véritable sursaut »

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Laurence-Parisot-le-Medef-veut-un-choc-de-competitivite_6346-2122803-fils-tous_filDMA.Htm

Laurence Parisot : «le Medef veut un choc de compétitivité»

La présidente du MEDEF délivre un message particulièrement alarmiste, parlant de panique, d’ouragan. Certes la situation n’est pas rose mais avec une croissance nulle, nous ne sommes quand même pas dans l’effondrement généralisé des chiffres d’affaires de toutes les entreprises.

Tout le monde a bien compris que par cet épisode de communication, le MEDEF est en train de mener une négociation, à la manière qui a toujours été la sienne depuis le baron Seillière, c’est-à-dire au sabre d’abordage. L’objet de cette négociation est double , dans un premier temps exercer une forte pression morale sur l’auteur du rapport sur les facteurs de la compétitivité des entreprises et dans un deuxième temps, sur la négociation du pacte budgétaire.

Naturellement ces propos outranciers sont repris en région par les antennes locales du syndicat. A titre d’exemple, voici la prise de position du MEDEF finistérien

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/finistere/medef-finistere-nous-sommes-ecoeures-et-inquiets-15-10-2012-1871991.php

Medef-Finistère. «Nous sommes écoeurés et inquiets»

Qu’ils soient inquiets parce que plusieurs postes de leurs comptes d’exploitation se dégradent en même temps, c’est compréhensible mais qu’ils soient écoeurés  parce que « la taxation des plus-values de cession des entreprises montent à 65% » me laisse perplexe : je ne fréquente pas beaucoup de dirigeants de PME du Finistère ( du moins pas les 235 qui ont répondu à l’enquête du MEDEF départemental), mais j’en vois quand même très peu à qui cette taxation aurait pu s’imposer si elle avait été maintenue. Ce n’est pas grave me direz-vous : l’important était que le message passe. C’est la définition qu’on donne de la langue de bois ( à l’Elysée, il y a peu on appelait cela « les éléments de langage »), qui n’est donc plus l’apanage du Parti Communiste Français.

Quitte à doucher les ardeurs belliqueuses de madame Parisot et de ses amis, il est important de connaître comment réagissent les entreprises, celles qui embauchent et qui souffrent le plus de la crise : les PME et les start-up.

Certes, elles ne baignent pas dans la joie

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/pme-n-ont-pas-vraiment-moral-14-10-2012-70798

Les PME n’ont pas vraiment le moral

Mais leur réaction est tout de même plus mesurée que celle du MEDEF. En se fondant sur une analyse raisonnée des difficultés qu’elles expriment il y a là matière définir une véritable politique économique

Du côté des capital-risqueurs, même son de cloche ou presque sur le ton « si on nous écoute un peu plus, il y a moyen de faire quelque chose »

http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/20121013trib000724671/dans-le-capital-risque-on-perd-plus-souvent-que-l-on-ne-gagne.html#xtor=EPR-2-[Technos++Medias]-20121015

«Dans le capital risque, on perd plus souvent que l’on ne gagne»

Reprenons l’exemple qui a mis le feu aux poudres. Si on pose comme principe que tous les revenus doivent être soumis de la même façon à l’impôt sur le revenu MAIS qu’on pose comme corollaire que le revenu est la somme algébrique des plus-values et des pertes sur une période et que le revenu d’imposition s’entend sur la période pendant laquelle ces plus-values et moins-values ont été générées, il y aura matière à trouver un compromis juste qui pénalise les spéculateurs et valorisent les entrepreneurs, ce qui est le but recherché quand même.

C’est pourquoi, la piste que semble privilégier le gouvernement mérite plus qu’un intérêt poli car comme le rappeler un éditorialiste d’Alternatives Economiques , il n’y a rien que craignent autant les économies que les chocs.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/14/pour-le-medef-nous-sommes-passes-d-un-avis-de-tempete-a-un-avis-d-ouragan_1775292_3234.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20121015-[titres]

Pour le Medef, « nous sommes passés d’un avis de tempête à un avis d’ouragan »

Une trajectoire, c’est une transition, une trajectoire, ça se négocie (comme on dit qu’un virage « se négocie »)

Tout compte fait, peut-être qu’en réagissant comme il l’a fait, le MEDEF rend service au gouvernement actuel en montrant qu’en ciblant ses mesures fiscales, il a touché juste !

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