Réforme fiscale : baisser le coût du travail?

On nous dit que c’est la condition sine qua non pour permettre à l’économie française de retrouver sa compétitivité. Bien que des études convergentes de la Banque Mondiale (Doing business) et du Forum Economique Mondiale (Global Competiveness report) montrent année après année que la compétitivité de l’économie française n’est pas liée uniquement au coûts salariaux, je veux bien admettre que ceux-ci pèsent dans la balance.

En ce qui concerne les entreprises françaises, ce qui n’est pas exactement la même chose que l’économie française, c’est également vrai sauf que les déboires actuels de la filière automobile française m’interpellent sur l’importance de ce paramètre par rapport à d’autres, comme par exemple, la politique d’innovation, la politique commerciale ou la qualité du management.

En ces périodes de négociations budgétaires, la presse bruisse de toutes sortes de rumeurs plus ou moins vérifiées qui sont le plus souvent soit des ballons d’essai lancés par Bercy, soit des brûlots envoyés par divers groupes de pression.

Il en est une qui prend consistance actuellement et qui concerne l’allègement des charges sociales. La victime toute désignée est le régime des allocations familiales. Non pas qu’on veuille en finir avec la politique nataliste qui fait que bon an, mal an le taux de fécondité en France reste le plus élevé d’Europe. Si les « Allocs » sont dans le collimateur des réformateurs fiscaux, elles le doivent surtout à leur statut hybride, puisque si le financement est actuellement fondé sur les cotisations des salariés, les versements se font selon des principes qui relèvent de la solidarité nationale. Même les tenants les plus orthodoxes de l’héritage du CNR sont d’accord pour dire que ce régime doit ripper des cotisations vers l’impôt

http://www.ouest-france.fr/actu/economieDet_-Vers-une-baisse-massive-du-cout-du-travail-_3634-2119186_actu.Htm

Vers une baisse massive du coût du travail

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/10/03/cout-du-travail-ce-que-prepare-l-elysee_1769200_823448.html

Coût du travail : ce que prépare l’Elysée

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20121003trib000722700/baisse-du-cout-du-travail-le-scenario-se-precise.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20121004

Baisse du coût du travail, le scénario se précise

Cela fait 5.5% de charges en moins pour les entreprises, transférées sur le budget de l’Etat.

C’est une manipulation difficile à faire admettre compte tenu des déficits successifs du budget de l’Etat ou alors, il faudra trouver le financement

Comment le financer ?

Le premier ballon d’essai lancé et d’augmenter la CSG : l’idée est séduisante  car on fait payer TOUS les revenus (revenu du capital comme revenu du travail) mais il y a un inconvénient, il faudra aussi faire payer…. les retraités

Et puis  transférer 40 milliards d’un seul coup sur une seule source fiscale,  c’est beaucoup

Il faut donc trouver autre choses : la TVA sociale ? Le gouvernement a supprimé cette mesure car elle posait un  problème en termes de pouvoir d’achat.

Pourquoi pas l’écotaxe qui  avait été recalé par le gouvernement précédent au profit justement de la TVA sociale Elle présente en effet les mêmes avantages et les mêmes inconvénients que la TVA sociale avec un avantage en plus qu’elle permet de sensibiliser au cout carbone des importaions  ce qui aurait  l’avantage de plaire aux écologistes et toucherait aussi et surtout les importations. Malheureusement il y a un problème : c’est encore une véritable usine à gaz  de la calculer donc une source de complication administrative et un risque accru de fraude sans compter que cela peut  être un facteur de bisbilles avec la Chine  quand on voit comment a été accueilli la taxe sur les transports aériens européenne

La solution ?

Puisque le cout  du travail sera moindre, l’embauche sera plus facile donc les aides à l’embauche seront moins nécessaires d’autant plus qu’elles ont démontré leur inutilité. En contrepartie de la baisse générale de cotisations sociales qui toucherait toutes les entreprises et tous leurs emplois, on pourra enfin supprimer  ce qu’on appelle les niches sociales, c’est à dire toutes ces exonérations totales ou partielles de charges, tous ces taux réduits qui ne profitent pas à toutes les entreprises mais majoritairement aux grosses, qui complique la vie des DRH sans jamais favoriser d’embauche. Elles coûtent environ 63 milliards, en prenant l’évaluation la plus basse

Comme le coût d’embauche sera réduit, la tentation de frauder sera moindre et surtout la fraude sera moins bien acceptée socialement.  Xavier Bertrand, l’ancien ministre du Travail  avait estime cette fraude à 20 milliards.

Comme les choses doivent se faire en douceur, on peut même combiner les trois approches : instiller un peu d’écotaxe, en commençant sérieusement à raboter les niches sociales tout en renforçant la lutte contre la fraude aux cotisations sociales.

Mais au fait qu’en est-il du coût du travail ?

Une étude de l’OCDE nous dit que  l’évolution de ce coût en France  se situe dans la moyenne de la zone euro, un peu supérieur à ce qui s’est passé en Allemagne, mais bien moins que ce qui se passe dans les pays où justement les industriels français veulent délocaliser en Europe.

http://www.latribune.fr/economie/le-morning/20120910trib000718611/tordons-le-cou-a-un-mythe-non-le-cout-du-travail-n-est-pas-eleve-en-france.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20120910

TORDONS LE COU A UN MYTHE: Non, le coût du travail n’est pas élevé en France

Si on ne regarde que la fiche de paye, délocaliser peut être rentable, mais si on rajoute d’autres paramètres comme le coût de transport des lieux de production au lieu de consommation, c’est déjà moins évident, si enfin on y rajoute le coût, caché, de la non-qualité, c’est en fait un marché de dupe. Car ce que nous apprennent aussi les études sur la compétitivité de l’économie française (Forum Economique Mondial, Banque Mondiale) c’est qu’un des facteurs qui fait que l’économie française reste l’une des plus compétitive, c’est justement la qualité de sa main d’œuvre. En la réduisant au chômage, on se prive d’un de nos meilleurs atouts en terme de compétitivité globale, mais il est vrai que lorsque madame Parisot parle de compétitivité, elle regarde plus les fiches de paie que l’état de la société française !

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