Patrons de choc, dites-vous ?

Pleurer la bouche pleine !

SANOFI est entré dans une phase de négociations actives autour de son plan de licenciement massif. Et comme toujours dans ces cas-là utilise l’arme de dissuasion massive pour faire céder le gouvernement : le chantage à l’emploi. Leader dans la profession, il n’a aucune difficulté à entraîner dans son sillage l’outil de lobbying créé par les entreprises de la filière, le LEEM.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/10/04/l-industrie-du-medicament-fragilisee-veut-du-soutien-pour-produire-en-france_1770457_3224.html

L’industrie du médicament « fragilisée » veut du soutien pour produire en France

Cela a été d’autant plus facile que derrière cette négociation sur les dégraissages à SANOFI, il y a d’autres sujets qui fâchent l’ensemble des entreprises

Il y a eu la publication fin septembre de ces deux décrets

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=2B4A36B7E15DBFA73F2950E885853C55.tpdjo04v_2?cidTexte=JORFTEXT000026426867&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id

Décret n° 2012-1095 du 28 septembre 2012 relatif à diverses pénalités financières encourues par des entreprises exploitant des médicaments et des fabricants ou des distributeurs de dispositifs médicaux

et http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=2B4A36B7E15DBFA73F2950E885853C55.tpdjo04v_2?cidTexte=JORFTEXT000026426883&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id

Décret n° 2012-1096 du 28 septembre 2012 relatif à l’approvisionnement en médicaments à usage humain

 

 Qui sonnaient comme deux rappels à l’ordre de la profession. Mais surtout, il y l’affaire du Médiator, le livre du Dr Debré et  de Mr Evin et donc une sévère mise en cause des collusions passées entre l’industrie pharmaceutique et les agences publiques.

 Mais  à regarder de plus près l’argumentation du LEEM « Aucun des 47 médicaments enregistrés en 2011 par l’agence européenne du médicament n’est fabriqué en France….un contexte structurel de surcapacité et un positionnement trop axé sur des médicaments en phase de maturité. », on se dit que le problème de l’industrie pharmaceutique c’est d’abord le renouvellement de sa gamme de produit, non ? D’ailleurs, on a l’impression d’entendre le plaidoyer larmoyant des constructeurs automobiles.

Je finis par me dire que le vrai choc de compétitivité est certainement là. Les grandes entreprises françaises se sont laissées décrocher en terme de recherche et j’en viens à me dire que les milliards de Crédit Impôt Recherche qu’elles ont aspirés ont l’air d’avoir été gaspillé en pure perte, alors qu’ils auraient bien été utiles aux PME qui voulaient grossir pour devenir ETI. Certes, le tir a été un peu redressé ces deux dernières années mais pour l’instant le mal est fait.

 

Idéologie ?

C’est plutôt rassurant qu’après Arnault, Pinault s’insurge aussi contre la politique fiscale menée par l’actuel gouvernement. L’inverse aurait été inquiétant. Vous remarquerez que les mêmes se sont peu exprimés sur la politique fiscale pendant les cinq années précédentes. Il n’est pas nécessaire de se demander pourquoi ?

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/05/pour-francois-pinault-l-ensemble-de-la-politique-fiscale-du-gouvernement-est-critiquable_1770539_3234.html

Pour François Pinault, l’ensemble de la politique fiscale du gouvernement est critiquable

Il y a toutefois un point sur lequel on peut être d’accord avec Monsieur Pinault Jr c’est quand il dit : « Je me demande si en période de crise structurelle forte, l’idéologie politique est la solution. ». En effet autant on pouvait comprendre que dans l’euphorie de la victoire en 2007, le vainqueur ait voulu mettre en pratique l’idéologie qu’il lui avait permis d’arriver au pouvoir et donc de réduire massivement les impôts, surtout des plus riches, autant on ne  peut pas comprendre qu’il est persévéré  les années suivantes quand il est apparu que le monde était confronté à une crise structurelle d’une grave ampleur. En rétablissant le balancier fiscal, le gouvernement actuel, par contre, ne fait pas de l’idéologie, il mène une politique d’orthodoxie budgétaire qui se trouve être aussi une politique de justice fiscale. S’il faisait de l’idéologie, il serait allé beaucoup plus loin et se serait attaqué à la fiscalité du patrimoine en application du slogan « les riches paierons ! »

 

Pleurer ou battre sa coulpe ?

Puisqu’on parle de la productivité et de la responsabilité des propriétaires d’entreprises, nous pourrions parler de leurs efforts d’investissement. Via Le Monde cette fois, une autre officine de lobbying efficace, le Groupement des Fédérations Industrielles avertit que l’investissement allait s’effondrer à son tour.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/04/l-industrie-francaise-en-panne-d-investissement_1770118_3234.html

L’industrie française en panne d’investissement

L’alerte est grave cette fois-ci. Si les exportations sont en berne, si la consommation est à son point bas, et si maintenant l’investissement privé se met en grève, c’en est fini des perspectives de croissance du PIB et donc de l’équilibre du budget de l’Etat. De fait, ce n’est pas d’aujourd’hui que les entreprises françaises n’investissent plus, ou du moins n’investissent plus là où il le faudrait. La part de la valeur ajoutée investie dans la Recherche et le Développement a diminué et connaît un véritable décrochage par rapport à ce que font les entreprises allemandes ou coréennes, les bêtes noires de notre ministre des Sauvetages Improductifs. Il est quand même paradoxal que la productivité globale de notre appareil industriel a reculé parce que justement on a privilégié l’investissement de productivité (en gros diminuer les coûts de production) au détriment de l’investissement d’innovation ou de capacité. C’est une erreur stratégique tragique qu’il faut rapidement rattraper même si ses effets ne se feront sentir qu’à moyen terme.

C’est ces mécanismes qu’explique fort bien Christian Chavagneux dans Alternatives Economiques

http://alternatives-economiques.fr/blogs/chavagneux/2012/10/03/choc-de-competitivite-est-ce-bien-le-moment/

Choc de compétitivité : est-ce bien le moment ?

Manifestement dans cette affaire le capitalisme français, anesthésié et gavé par des cadeaux fiscaux inespérés, a failli durablement.

Il est mal venu maintenant pour venir donner des leçons, encore plus mal venu pour venir tendre la sébile ou menacer

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