Allez vous faire voir chez les Grecs

Sévère Greek bashing dans la Tribune le mois dernier. Jugez-en!

Tout a commence par un article finalement assez anodin le 6 septembre

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120906trib000718152/28-milliards-d-euros-de-fraude-fiscale-en-grece.html

28 milliards d’euros de fraude fiscale en Grèce

Après tout la fraude fiscale n’est pas l’apanage de la Grèce. D’autres pays autour de la Méditerranée en ont fait eux aussi leur sport national. Mais quand même, c’est un peu de leur faute et même on commence à désigner les responsables, les professions libérales. En effet, ça ne peut pas être le peuple car pour frauder le fisc, il faudrait devoir payer des impôts; ça ce ne doit pas non plus être les plus riches, ceux qu’en bon helléniste,  j’appellerais les ploutocrates, ni l’église orthodoxe. Donc les seuls qui restent, ce sont les professions libérales; alors allons-y gaiement, haro sur les libéraux. Notez, c’était facile, ils avaient effectivement fraudé

Temps deux de l’offensive anti-Grèce, une semaine plus tard exactement le 13 Septembre

Cette fois-ci, c’est le secteur public qui est dans le collimateur et cela se comprend pour une publication libérale comme La Tribune

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120913trib000719306/en-grece-le-probleme-des-entreprises-publiques-est-le-clientelisme-orchestre-par-le-gouvernement.html

« En Grèce, le problème des entreprises publiques est le clientélisme, orchestré par le gouvernement »

En effet, dans une économie de marché, une entreprise publique, c’est nécessairement une anomalie, voire une énorme saleté déposée sur la nappe du banquet de l’économie.

Evidemment une entreprise publique, c’est forcément la gabegie, le clientélisme, le népotisme, comme si dans le secteur privé, on ne voyait jamais arriver à la tête de grandes entreprises de parfaits benêts dont la principale qualité est d’être le fils du patron, le fils du copain de golf du patron ou la fille de la maitresse du cousin du patron.

Le problème de l’économie grecque, ce n’est pas forcément ces entreprises publiques mais peut-être ses entreprises tout court et ceux qui les dirigent.

Troisième temps du bashing, le 24 septembre : ça y est, on mouille la classe politique. Là aussi, la cible est facile car quel que soit son bord, cette classe politique a bien des choses à se reprocher et ce n’est pas moi qui la défendrais. Mais ici, tout est dans la présentation, y compris les mots utilisés : « blanchiment » comme s’il s’agissait de l’argent de la pègre, mais il s’agit d’argent public », deuxième signal sémantique, pour transférer cet argent vers des « paradis fiscaux », troisième indice marqueur

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120924trib000721060/scandale-en-grece-trois-hommes-politiques-auraient-blanchi-10-milliards-d-euros-d-argent-public.html#xtor=EPR-2-[Wall+Street+Briefing]-20120924

Scandale en Grèce : trois hommes politiques auraient blanchi 10 milliards d’euros d’argent public

Après, il est facile de donner le coup de grâce.

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120925trib000721185/christine-lagarde-s-inquiete-du-probleme-de-financement-grec.html#xtor=EPR-2-[Lactu+du+jour]-20120925

Christine Lagarde s’inquiète du « problème de financement » grec

Et c’est la Madame Pompadour du dernier monarque de notre République qui va le donner avec toute l’élégance et le détachement qu’on lui connaît.

Quand une autorité comme la directrice du FMI parle, c’est un peu comme si l’oracle de Delphes parlait. Alors, « Vae Victis et de toute façon ils l’ont bien mérité : regardez ceux qu’ils ont fait, on n’a cessé de vous le montrer depuis un mois. »

Cela marche parce que c’est vrai, mais surtout cela évite de parler de ceux qui sont les véritables responsables de cette situation :

Pas un mot sur les vrais riches, ce qui possèdent les entreprises grecques mais n’ont pas les moindres revenus déclarés en Grèce,

Pas un mot sur les popes barbus et qui cachent dans leurs soutanes, les titres de propriétés d’une grande partie du patrimoine immobilier grec et ne payent pas le moindre impôt

Plus un mot sur les banquiers dits « d’affaires » qui ont si habilement conseillé les dirigeants politiques grecs de mener une politique dans un sens  quand dans le même temps ils spéculaient dans le sens opposés.

Pourquoi en parler me direz-vous, puisque tout le monde le sait? Eh oui, tout le monde l’a lu mais tout le monde l’a oublié.

Vraiment du grand art d’information-désinformation!

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