TSCG : dénouer le noeud gordien

S’il y a bien un parti où les choix européens ne pose a priori aucun problème, c’est bien à « EUROPE Ecologie-les verts » car l’Europe est dans nos gènes.  C’est pourquoi tout ce tintamarre autour du Pacte budgétaire est un peu insignifiant.

Et pourtant, il y a eu débat au sein de ce parti, comme seul il sait en faire pour finalement arriver à la conclusion que tous étaient d’accord sur tout sauf sur la couleur du bulletin à mettre dans l’urne.

En effet, que  propose-t-on? Un traité bricolé lors d’un des multiples « sommets de la dernière chance » mais qui fut l’occasion pour les tenants des thèses libérales de faire passer une de leur mesure phare : museler les Etats en leur rognant les ailes budgétaires.

Evidemment ce traité est mauvais. Il est même exécrable. Il fallait voter « Non » et sans hésitation. Pourtant certains à EELV prônaient le OUI. Paradoxe, puisque nous sommes d’accord sur tout, mais paradoxe seulement en apparence. En effet, entre le moment où ce texte a été bricolé et maintenant, il y a eu un autre Sommet, qui a accouché d’un plan de relance et de diverses autres mesures (aller vers l’union budgétaire, instauration d’une taxe sur les transactions financières, des engagements sur la supervision bancaire) qui vont dans le sens d’une Europe comme nous la voulons tous à EELV : une Europe forte politiquement, une Europe fédérale et une Europe au fonctionnement démocratique DANS TOUTES SES INSTANCES.

Le choix entre le OUI et le NON est alors une question d’appréciation, non sur le TSCG lui-même mais sur la portée des engagements pris lors du compromis de Bruxelles de juin 2012. Ce compromis est-il un premier pas vers une véritable politique de relance, vers une meilleure intégration des politiques fiscales, sociales et budgétaires, vers un renforcement du fonctionnement démocratique des institutions? Ou ce compromis est-il l’ultime limite de ce qu’on pouvait arracher aux tenants d’une Europe des Nations et des accords Inter-Etats? Ou dit différemment, voter NON au Traité est-il une manière de faire pression dans le cadre des négociations en cours pour de nouvelles avancées fédérales ou une façon de bloquer un processus qui contenait en lui les germes d’une plus grande solidarité et de se disqualifier pour la suite des négociations? et voter OUI était-il une façon d’appuyer un processus vertueux d’évolution de l’Union Européenne selon la méthode bien connue « des petits pas » ou une façon de clore la discussion sur la discipline budgétaire?

Comme on le voit , c’est toujours ce vieux débat du verre à moitié vide et du verre à moitié plein.

ET à travers ces débats que le secrétaire national a qualifié de « shakespeariens » ( j’eus préféré « cornéliens », non par chauvinisme mais par fidélité aux textes), il y a en filigrane aussi la confiance que nous avons dans la volonté du gouvernement français d’aller plus loin dans la mise en oeuvre du compromis de Bruxelles.

Face à ce dilemme, il y avait deux solutions. faire comme Alexandre face au Noeud Gordien, prendre son épée et trancher ou alors faire comme Pénélope dénouer fil à fil la tapisserie, pour la reconstruire en mieux. Le PS manifestement a choisi la méthode alexandrine, EELV a, semble-t-il, réussi par un débat de haute qualité à déconstruire la trame et la rebâtir différemment. En effet, en élaborant un texte dont 95% est approuvé par l’ensemble du Mouvement, EELV a déplacé l’objet du débat et fait de ce vote un vote pour l’Europe, pour une Europe politique, fédérale et démocratique. Du coup, ce vote de refus du TSCG a une signification particulière. Il veut dire « Nous ne voulons pas que le TSCG soit un point final, nous ne croyons pas que sans un coup de pouce fort, le gouvernement que nous soutenons aura la pugnacité suffisante pour enfoncer le clou planté en juin 2012, nous disons aux autres pays européens et notamment à leur opinion publique que l’essentiel aujourd’hui n’est pas l’instauration d’une règle budgétaire stupide mais au contraire le renforcement des solidarités en Europe autour d’un projet politique européen profondément rénové, dont la pierre de touche s’appelle FEDERALISME. »

EELV n’est pas le seul parti à prôner le « NON » au TSCG mais notre « NON » n’est pas un « NON » de repli, un « NON » de refus, une sorte de troisième tiers-temps d’un match Maastricht-TCE-TSCG comme le disent certains à droite de la droite ou à gauche de la gauche. Ce choix n’est pas un choix sur une règle d’or mais sur une vision de l’Europe. C’est pourquoi, EELV doit débattre avec les autres partis à gauche qui prône le « NON », pour leur dire « Vous vous trompez de débat. » ou ceux qui prônent le « OUI » pour leur dire « Vous vous trompez de méthode. »

La réponse d’EELV est claire. C’est pourquoi il serait dommage de brouiller cette lumineuse transparence en participant le 30 Septembre, à des manifestations dont les organisateurs ont manifestement pas, ou pas encore, la même vision du futur de l’Europe que nous, ou en votant OUI au Sénat ou à l’Assemblée Nationale, en mêlant des votes de parlementaires EELV à ceux de l’UMP. Mais comme la montré la grande tenue du débat qui a eu lieu, chacun est libre de ses choix car pour le coup, il s’agit bien d’appréciations personnelles sur la capacité d’un mouvement politique à faire bouger les lignes.

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