La santé est malade

Big is not succesfull

Dans le courant de l’été, l’IGAS a publié un rapport particulièrement saignant sur la réforme hospitalière. La presse pour une fois unanime en a souligné les traits majeurs

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/fusion-d-hopitaux-pas-toujours-une-bonne-operation-24-07-2012-1784511.php

« Fusion d’hôpitaux. Pas toujours une bonne opération »

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/07/23/peu-benefiques-les-fusions-hospitalieres-doivent-rester-rares-selon-l-igas_1737222_1651302.html#xtor=AL-32280308

« Peu bénéfiques, les fusions hospitalières doivent rester « rares » selon l’IGAS »

Le reproche essentiel est que cette refonte de la carte hospitalière comme d’ailleurs celle de la carte judiciaire, se fondait sur le postulat que plus une structure est importante, plus elle est efficace. C’est une croyance largement répandue dans le monde des affaires, mais elle présente deux inconvénients, le premier est que, contrairement à ceux que pensent nombres de directeurs d’hôpitaux, les établissements qu’ils dirigent ne sont pas des entreprises mais des services publics et des services de soins, le deuxième inconvénient est plus rédhibitoire, l’expérience récente des méga-entreprises montre que la loi des économies d’échelle et des économies de structure avait ses limites et qu’au-delà d’une certaine taille, les inconvénients de la taille l’emportait sur les avantages.

Toutefois, pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, convenons quand même qu’un hôpital est AUSSI une entreprise et que l’adage « small is beautiful » est aussi faux que la règle « big is succefull »

http://www.igas.gouv.fr/IMG/pdf/RM2012-020P.pdf

Notons que dans cette réforme et dans toute réforme à venir, il convient aussi de prendre en compte l’intérêt des patients mais aussi de manière générale l’équilibre des territoires, dont l’hôpital est souvent l’équipement public le plus important

Des sous …mais pas n’importe lesquels

Second coup de semonce dans le courant de l’été : les hôpitaux se sont dégradés comme de vulgaires pays du Sud Européen. Sans rentrer dans les détails, disons que cela est due autant aux gabegies des services qu’au système de financement,, comme l’indique un autre rapport, parlementaire, celui-là

http://www.senat.fr/rap/r11-703/r11-7031.pdf

Un rapport du Sénat pointe les limites de la tarification à l’activité

chacun rejette évidemment sur l’autre la cause de cette impécuniosité

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120723trib000710431/l-etat-des-finances-des-hopitaux-publics-suscite-l-inquietude.html#xtor=EPR-2-[Lactu+du+jour]-20120724

L’état des finances des hôpitaux publics suscite l’inquiétude

L’organisation territoriale des soins et un rééquilibrage de la structure de financement, voilà deux sujets de fond qui justifieraient à eux seuls que le gouvernement organise une conférence hospitalière comme il y a eu une conférence sociale et une conférence environnementale.

Mais je ne suis pas sûr que la solution envisagée pour sauver la mise financière des hôpitaux soit la bonne

http://www.acteurspublics.com/2012/08/28/le-grand-emprunt-au-secours-des-hopitaux

Le grand emprunt au secours des hôpitaux ?

En effet, quelle hérésie ce serait d’utiliser des crédits destinés à financer des investissements pour préparer un avenir meilleur pour les fins de mois difficiles de certains grands établissements.

Déjà les débats lors du PLFSS, on devrait pouvoir poser les premiers jalons de ce débat, dans le cadre d’un rééquilibrage général du système de soins français

Cela n’empêche pas entre d’eux d’être raisonnable et de commencer à faire le nettoyage dans les comptes des établissements et de tous les opérateurs du système de santé. En attendant les grandes réformes, il n’y a pas de petites économies surtout si elles sont justifiées

http://www.acteurspublics.com/2012/08/29/dmp-71-millions-d-euros-pour-les-prestataires-prives

DMP : 71 millions d’euros pour les prestataires privés

 

Un peu d’éthique ne ferait pas de mal

Il n’y a pas qu’au porte-monnaie que la santé est malade. Son cœur aussi souffre, si du moins le cœur est le siège de la vertu.

La santé souffre de scandales à répétition, plus que toute autre activité économique. En général, c’est le signe que les enjeux financiers y sont grands. Ceci expliquerait d’ailleurs peut-être ce que j’écris plus haut. Toujours est-il qu’au scandale sanitaire, au scandale judiciaire s’ajoute aussi un scandale judiciaire

http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/07/19/sur-la-sante-la-justice-a-echoue_1735943_3246.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20120723-[titres]

« Sur la santé, la justice a échoué »

Une telle impunité est rare comme sont rares les procédures utilisées pour étouffer certains dossiers

 

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