A quoi peuvent bien servir les actionnaires ?

A 15 jours d’intervalle, deux articles parus dans deux journaux différents viennent alimenter la réflexion sur le rôle des actions et des actionnaires

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/09/03/entreprises-la-vie-sans-la-bourse_1754754_3234.html

la vie sans la Bourse

http://www.latribune.fr/bourse/actualite/20120913trib000719350/et-si-les-actions-etaient-des-obligations-perpetuelles-.html#xtor=EPR-2-[Wall+Street+Briefing]-20120913

Et si les actions étaient des obligations perpétuelles ?

 

Certes, ces deux articles ont été écrits à l’intention de ceux qui jouent Bourse par des rédacteurs qui ne vivent que de cela .

Mais incidemment, ils tordent le coup à deux assertions qui légitiment tout le système. La première est « La Bourse sert à financer les entreprises. » tout le contenu du premier article est là pour démontrer le contraire. »

La seconde est « Il est normal que les actionnaires aient le pouvoir dans l’entreprise puisqu’ils prennent le risque entrepreneurial. »  Toute l’argumentation de ce conseil en investissement qui a rédigé le second document dit le contraire, l’aversion marquée pour le risque.

Du coup, cela ouvre des perspectives sur l’évolution du mode de financement des entreprises et du mode de gouvernance des entreprises.

Commençons par le second point, la gouvernance des entreprises

Aligner les droits de vote sur l’ancienneté de propriété des titres , conséquence logique de la prise de risque

Réduire les droits de vote au fur et à mesure que le LBO est payé par l’entreprise

Idem pour ce qui concerne les rachats d’action par l’entreprise. En poussant la logique jusqu’au bout si l’entreprise rachetait TOUTES ses actions, à qui appartiendrait-elle ?

Cela amène donc à la seconde partie de la proposition, les droits de vote ainsi libérés seraient répartis entre les parties prenantes de la « communauté entreprise » c’est-à-dire les actionnaires de long cours, le management et les salariés

Venons en au premier point. Si pour reprendre le titre de l’article, les actions n’étaient que des obligations perpetuelles, cela changerait fondamentalement le statut de leurs détenteurs. Ils ne seraient plus détenteurs d’un titre de propriétés mais seulement d’une créance. Ce changement de statut emporte deux conséquences : la première, un droit de regard mais pas forcément un droit de décision, la seconde une rémunération fixe garantie. L’apport en capital changerait donc de nature : il ne serait plus qu’un facteur de production que l’entreprise rémunére comme les autres et donc une charge d’exploitation et non un titre de propriété auquel s’attache les droits de la propriété, l’usus, le fructus et l’abusus. Cela change fondamentalement la face du capitalisme.

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