Le « E » de RSE

Même Wikipedia s’y est laissé prendre

http://fr.wikipedia.org/wiki/Responsabilit%c3%a9_sociale_des_entreprises.

Pour beaucoup effectivement la RSE c’est la Responsabilité Sociale des Entreprises, traduction littérale de l’expression anglo-saxonne  Corporate Social Responsability (alors qu’on oublie que « social » est un faux ami). Sans faire l’exégèse de l’origine du concept, il semble bien pourtant que RSE et Développement Durable ont la même origine . On peut penser ce qu’on veut du concept de développement durable (et notamment beaucoup de mal quand on voit combien de crimes le « greenwashing » a commis en son nom), mais on ne peut pas nier que c’est la prise en compte de la dimension environnementale qui en a permis l’émergence .

Du coup, je ne suis pas loin de penser que pour exprimer ce que recouvre le concept de RSE, il faudrait dire « Responsabilité Sociale, Environnementale et Sociétale des Entreprises » qui pourrait donner les acronymes suivants RSESE ou RS²E². Pas très sexy tout cela. Restons-en donc à RSE mais avec l’idée qu’il s’agit d’une compression acronymique.

La dimension environnementale étant acquise, comment cela peut-il se traduire dans les actes ?

1. Il y a la méthode anglo-saxonne dite de la « soft law », démarche volontaire qui implique directement les acteurs dont la traduction au niveau international est l’édiction de la norme ISO 26000 qui contrairement aux autres normes ISO n’est pas un outil de certification mais plus un guide des bonnes pratiques à l’usage des pratiquants. L’article ci-dessous résume bien les limites de l’exercice

http://entreprisescitoyennes.blog.youphil.com/archive/2012/08/08/une-norme-iso-au-secours-de-la-biodiversite-est-elle-suffisa.html

Une norme ISO au secours de la biodiversité est-elle suffisante ?

Mais ce n’est pas parce qu’elle est lacunaire que cette démarche est détestable et notamment il faut entendre le témoignage de ce chef d’entreprise qui apporte un commentaire en fin de l’article

2. Et comme la démarche bénévole (« je veux bien ») ne peut suffire, il y a la démarche réglementaire que de façon atavique, l’administration française préfère. Quand on a suivi les péripéties de la promulgation du décret pris en application de l’article 83 du Grenelle, on comprend que cette voie s’est heurtée à une farouche résistance du MEDEF et de son fer de lance, l’AFEP (Association Française des Entreprises Privées, club très fermé du CAC 40, créé notamment par DSK)

http://www.institutrse.com/reporting-rse/decret-et-analyse/le-decret-et-notre-analyse.html

Par rapport au grand flou préexistant, il s’agit d’un progrès indéniable mais pour autant les obligations nouvelles qui incombent aux entreprises ne sont toujours pas d’une grande précision. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun chef d’entreprise de remettre en cause la précision et le degré de détail des textes qui régissent les rapports financiers et comptables qu’ils rendent depuis des années : c’est normal il s’agit d’argent et pour les entreprises, leurs actionnaires et le fisc « un sou, c’est un sou. » Par contre, il faudra s’en tenir aux quelques indications générales contenues dans le décret pour établir ces rapports. La comparaison dans le temps et dans l’espace ne sera pas aisée.

D’où l’importance des travaux menés par des experts-comptables peu ordinaires pour introduire une comptabilité universelle dans les entreprises

http://entrepreneursdavenir.com/blog/post/-/id/107

afin que ces rapports de RSE soient suffisamment exhaustifs et auditables dans le temps et l’espace.

3. Mais en attendant, puisque la méthode bénévole est trop aléatoire, que la méthode réglementaire est trop incomplète, reste la méthode participative. Le meilleur moyen de vérifier qu’une entreprise est réellement RSE est encore de soumettre son fonctionnement à la sagacité de ceux qui ont l’expertise pour le faire, un peu comme les commissaires aux comptes ou les auditeurs le font pour les données financières et comptables. Et comme actuellement l’expertise est plutôt du côté des ONG de défense de l’environnement, c’est naturellement à elles qu’il conviendra de s’adresser. Cela veut donc dire qu’il faudra leur faire une place dans les instances de gouvernance, sous la forme par exemple d’un comité ad hoc, comme il en existe d’autres qui gravitent autour des Conseils d’administration ou des Conseils de Surveillance, dont l’avis serait obligatoire, non contraignant mais publié conjointement avec le rapport RSE proprement dit, afin de donner un peu plus de consistance à toute la démarche.

Cette intrusion des parties prenantes dans le champs environnemental des entreprises a reçu en quelque sorte un début de consécration ces jours-ci avec la publication d’un document de la Banque Mondiale

http://www.banquemondiale.org/fr/news/2012/08/15/new-world-bank-sourcebook-advocates-engaging-stakeholders-allies-pollution-management?cid=EXT_BulletinFR_W_EXT

Il s’agit d’un nouveau guide d’information de la Banque mondiale qui  préconise d’allier les intérêts des diverses parties prenantes dans la gestion de la pollution. Ce qui est vrai dans la gestion des crises peut l’être dans le « reporting au quotidien ».

Quand tout cela fonctionnera bien et sans à-coup, peut-être pourra-t-on commencer à parler d’entreprises écologiques !

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Un commentaire pour Le « E » de RSE

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