La RSE au quotidien

1. La RSE, c’est avant tout une question d’image

La RSE   est LA réponse actuelle au désamour des opinions publiques pour leurs entreprises (par entreprises, il convient d’entendre ici les grandes entreprises, les entreprises visibles pas les PME)

Dans le courant de l’été, un texte co-signé par le secrétaire général de l’Association Française de Communication Interne et l’Association des Professionnels en Sociologie de l’Entreprise

« Entreprise: il est temps de changer de regard »

ICI

a permis de relancer le débat de fond sur la nature exacte de la RSE. La qualité des signataires de cette tribune plus que le contenu de celle-ci nous indique bien que la RSE est d’abord la réaction (saine ?) des entreprises à la rupture DE COMMUNICATION qui est apparue entre les grandes entreprises et l’ensemble de leurs parties prenantes et aux malaises que celle-ci suscite de plus en plus

C’est ce que montrent également ces deux articles parus dans La Tribune

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/20120313trib000688039/le-dialogue-entre-entreprises-et-actionnaires-se-transforme.html#xtor=EPR-2-[Lactu+du+jour]-20120314

« Le dialogue entre entreprises et actionnaires se transforme »

Et sur  Novethic

http://www.novethic.fr/novethic/isr_investissement_socialement_responsable,relations_actionnaires,chemin_difficile_pour_engagement_actionnarial_francaise,137992.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

« Chemin difficile pour l’engagement actionnarial à la française »

Cette tension nouvelle qu’on perçoit dans les assemblée d’actionnaires indique bien que certains investisseurs, institutionnels ou non, sont conscients que le système, dont ils vivent, peut être emporté par ses excès. C’est un peu comme si la dame patronnesse que Jack London met en scène dans sa fiction politique « Le Talon de Fer » découvrait brutalement que les billets de 1 dollar qu’elle distribue ostensiblement dans « ses oeuvres » étaient tâchés de sang ou souillés d’hydrocarbure.

Les plus malins en ont déjà fait un argument marketing, preuve s’il en est que pour eux, la forme prime le fond et qu’en fin de compte pour que rien ne change, il faut quand même changer un peu (du moins le montrer)

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/03/20/l-integration-des-criteres-environnementaux-sociaux-et-de-gouvernance-esg-sera-un-atout-competitif_1671992_3234.html

« L’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sera un atout compétitif » »

2. La réalité de la RSE

Cependant force est de constater que la réalité dans les grandes entreprises est encore bien différente, même si cela commence à se savoir et que les autorités judiciaires ont parfois décidé de sévir

ICI

« Suicides à France Télécom : l’entreprise mise en examen pour harcèlement moral »

Cela reste cependant encore l’exception et cela reste limité aux zones où l’influence de médias encore un peu indépendants permet d’appuyer là où cela fait le plus mal.

Ailleurs, c’est encore largement la loi de la jungle mais comme l’opinion publique ici accepte de moins en moins ce qui est fait là, on utilise le prétexte fallacieux du développement durable s’appuyant sur une démarche exemplaire de « libération de la femme via l’économie sociale et solidaire » comme au Maroc

http://www.novethic.fr/novethic/rse_responsabilite_sociale_des_entreprises,pratiques_commerciales,produits_bio,l_huile_argan_ou_envers_developpement_durable,137948.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

« L’huile d’argan ou l’envers du développement durable »

Ou l’idéal olympique comme au Cambodge

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/20120716trib000709203/jo-adidas-rattrape-pour-l-exploitation-d-ouvriers-au-cambodge.html#xtor=EPR-2-[Lactu+du+jour]-20120717

« JO : Adidas rattrapé pour l’exploitation d’ouvriers au Cambodge »

3. Quelques pistes pour que cela aille mieux

3.1. La participation des salariés à la gouvernance des entreprises

Dans le courant de l’été encore, Le Monde a ouvert ses lignes pour que certains expriment leur point de vue sur la place des salariés dans les instances dirigeantes des entreprises. Notamment l’article ci-dessous

ICI

« L’actionnariat salarié ou la gouvernance inachevée »

Soulignait l’anomalie du système français d’intégration des salariés au système capitaliste. Capitalistes malgré eux, les salariés ne le sont pas totalement, compte tenu de leur absence dans les instances dirigeantes. La comparaison avec la situation allemande est facile et cruelle pour le capitalisme populaire cher à De Gaulle. Les salariés allemands sont présents depuis plusieurs décennies, et en force dans les conseils d’administration sans qu’on leur ait demandé de participer au capital et cela explique, peut-être et en partie seulement, la plus grande fluidité des rapports sociaux. Cette option se trouve dans le programme du gouvernement actuel et cela serait sûrement une bonne idée que cette promesse de campagne soit tenue. Il est certain que leur présence dans les instances dirigeantes permettrait de poser avec plus d’acuité la question des conditions de travail dans les différentes filiales de ces grandes entreprises.

Mais cela ne permettrait pas forcément d’élever le degré d’excellence de la RSE de ces grands groupes. C’est pourquoi il est aussi utile que d’autres aient voix au chapitre

3.2. Le dialogue avec les ONG doit s’institutionnaliser

Si les deux scandales que j’ai pris en exemple ont pu être révélés, c’est parce que des ONG les ont mis au grand jour. C’est ce qu’illustre cet article paru dans Novethic

http://www.novethic.fr/novethic/rse_responsabilite_sociale_des_entreprises,politique_developpement_durable,partenariat_ong_entreprise,la_multiplication_mobilisations_citoyennes_oblige_entreprises_s_ouvrir_societe_civile,137862.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

« La multiplication des mobilisations citoyennes oblige les entreprises à dialoguer avec la société civile »

Poussons la logique de la démarche jusqu’au bout et passons d’une attitude de dénonciation, a posteriori, à une attitude de prévention, a priori. Tout le monde y gagnerait : les victimes actuelles des exactions de ces grands groupes, via leurs filiales discrètes, les clients finaux de ces entreprises, qui auraient moins l’impression d’être pris comme otages de pratiques que moralement ils réprouvent et les entreprises elles-mêmes dont l’image est actuellement durablement écornée. Mais cela suppose que dans leur schéma de gouvernance, ces grands groupes intègrent qu’ils doivent faire une place institutionnelle à ces ONG, sans tenter ni de les divertir, ni de les pervertir.

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