Informatique et libertés

Depuis 1978 et la loi éponyme de Monsieur Peyrefitte, nous savons qu’informatique et liberté vivent une relation tumultueuse. Outil de libération de la créativité et de développement de la démocratie pour certains, outil d’oppression pour d’autres (parfois les mêmes d’ailleurs), l’informatique, qui n’a plus rien à voir avec celle de 1978 continue d’alimenter et d’empoisonner le débat démocratique.

Parce qu’elle est un outil très puissant, l’informatique amplifie forcément tous les comportements et malheureusement, il semble que les comportements déviants ou malveillants l’emportent actuellement.

1. Cyberguerre

On aurait pu rire de la mésaventure arrivé au site élyséen entre les deux tours de la présidentielle

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/07/11/soupcons-de-cyberattaques-sur-le-site-internet-de-l-elysee_1732224_651865.html#xtor=EPR-32280552-[NL_Legislatives_gratuite]-20120711-[liste]

« Soupçons de cyberattaques sur le site Internet de l’Elysée »

et moi-même j’en ai souri dans un billet précédent mais le rapport que publie le Sénat ces jours –ci fait froid dans le dos

http://www.senat.fr/notice-rapport/2011/r11-681-notice.html

« La cyberdéfense : un enjeu mondial, une priorité nationale »

Si cette guerre ne fait pas de morts, elle risque de faire des dégâts, dans les systèmes d’information d’abord, dans les esprits ensuite car derrière l’érection de défense informatique, se profile une autre réalité, la surveillance des flux, y compris les flux privés et c’est là où informatique et libertés vont avoir du mal à faire bon ménage.

2. Cyberflic

On aurait pu rire d’une loi votée dans un Bundestag vide en pleine demi-finale entre la Mannschaft et la Roja et j’en ai moi-même souri dans un billet précédent mais le contenu de cette loi est préoccupant. En effet, il touche au cœur même de la sphère privée : les données personnelles.

Est-il besoin de rappeler que c’est pour lutter contre ces dérives que la loi « informatique et libertés » a été conçue puis amendée et que la CNIL a été créée en France. Or justement la CNIL a fait récemment un bilan très mitigé de son évolution. http://owni.fr/2012/07/11/cnil-qui-rit-cnil-qui-pleure/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Owni+%28Owni%29

« Cnil qui rit, Cnil qui pleure »

Certes, on lui en demande de plus en plus, preuve que son utilité est reconnue mais dans le même temps, « parce que les temps budgétaires sont durs », on n’augmente pas ses moyens qui sont déjà ridicules par rapport à ceux de ses homologues européens. Cette technique est vieille comme le monde : le meilleur moyen de vider de sa substance un dispositif est de l’élargir tout en le réduisant. A la fin il est impuissant. C’est un peu le constat désabusé de la CNIL

Compte tenu des enjeux, il y aurait peut-être là matière à desserrer un peu les cordons de la Bourse. Mais il est vrai qu’il va falloir en même temps renforcer  l’Agence Nationale pour la Sécurité des Systèmes d’Information.

Cruel dilemme ! Défendre les intérêts supérieurs de la Nation ou défendre les intérêts privés de ses citoyens ? That is the question

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