Brèves de compteur n° 66 : Les lendemains qui chantent ?

1.Tout baigne pour les énergies renouvelables

Petit à petit, toutes les zones du monde deviennent « accro » à l’énergie  et donc progressivement, toutes les parties du monde prennent conscience que l’utilisation des énergies fossiles les mènent dans une impasse. Comme le nucléaire fait de nouveau peur, c’est « Vive le renouvelable ! » sur les 5 continents et c’est cet avènement que sakue à sa façon l’Agence Internationale de l’Enéergie

http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20120705trib000707627/l-aie-decouvre-enfin-les-energies-renouvelables.html#xtor=EPR-2-[Green+Business]-20120710

L’AIE « découvre » enfin les énergies renouvelables

Compte tenu des incertitudes existant sur l’évolution des technologies, ces prévisions restent un peu aléatoires mais c’est un signe encourageant. Il en faut car par ailleurs, les perspectives générales d’évolution du marché de l’énergie ne sont pas folichonnes

2. Les atermoiements de la transition énergétique

En effet, dans ce secteur des énergies renouvelables, on ne sent pas encore une volonté politique très affirmée, du moins au niveau européen

http://www.actu-environnement.com/ae/news/transition-energetique-europe-efficacite-directive-16226.php4

Transitions énergétiques en Europe

Il faut dire que les messages les plus contradictoires sont émis par les opérateurs, soit pour « enfumer » le marché, soit parce qu’ils ont eux-mêmes une vision un peu fumeuse de leur propre avenir. J’en prendrai deux exemples.

Le premier concerne le développement de la filière dite du biogaz ou de la méthanisation.

http://www.actu-environnement.com/ae/news/biogaz-etude-xerfi-marche-methanisation-16232.php4

Biogaz : un marché qui s’avère prometteur malgré des projets encore peu rentables

Les perspectives semblent prometteuses mais pour l’instant ceux qui s’y sont lancés souffrent un peu et on ne peut pas dire que les fiches techniques que produit l’ADEME sur la question soient d’une grande conviction.

Et surtout je m’inquiète du fait que cette étude soit reprise par un site dont la seule justification est de vendre des études marché

http://www.eurostaf.fr/fr/catalogue/etudes/sectorielles/energie-services-collect/biogaz.html?ec_ca=XXXXPOST01&pn_infos=90796-254522012-1175-f6db7d77

Un panorama comparatif des filières de production du biogaz et de ses principaux modes de valorisation énergétique (électricité, chaleur, biométhane)

C’est comme cela que s’est créé en 2008-2009 la bulle spéculative du photovoltaïque. Parfois, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le second concerne l’éolien offshore. Lorsque l’appel à projet pour 5 sites de 600 MW avait été lancé, presque tout le monde avait crié enfin. Mais voici qu’on se rend compte que ces projets n’ont pas que des avantages. Ils ont aussi quelques inconvénients.  Cela explique l’arrivée d’une nouvelle technologie

http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20120722trib000710276/eoliennes-flottantes-une-nouvelle-solution-pour-le-littoral-.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20120723

Eoliennes flottantes : une nouvelle solution pour le littoral ?

Si au Tréport, cela peut nuire à la pêche à la sole et au turbot, ne peut-on pas penser qu’en baie de Saint-Brieuc, cela peut aussi nuire à la pêche aux coquilles Saint-Jacques ? Mais comme en ce qui concerne les éoliennes flottantes, on en est encore qu’aux essais en bassin de carène, il y aura de l’eau qui aura couler sous les ponts avant que cela soit la solution. Cette rapide évolution des technologies expliquent sûrement l’attentisme des opérateurs. Malheureusement la planète ne peut plus attendre.

3. Des lendemains qui déchantent

En effet, les perspectives du marché de l’électricité ne sont guère enthousiasmantes si on en reste là.

L’électricité va devenir un produit de luxe si on en croit les sénateurs qui viennent de rendre public un rapport  sur le coût de l’électricité qui a le mérite de lever un peu plus le voile sur les chiffres que depuis des années on veut nous cacher

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/19/la-facture-d-electricite-des-francais-doublera-d-ici-a-2020_1735483_3234.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20120719-[titres]

La facture d’électricité des Français augmenterait de 50% d’ici à 2020

La question n’est pas tant que le prix de l’électricité va augmenter que de savoir comment on peut limiter cette hausse et comment on peut éviter de faire peser sur les plus humbles un poids qui deviendra rapidement insupportable. Voilà un rapport qui vient fort à propos pour alimenter les débats sur la politique énergétique de la France, débats qui doivent venir dans la continuité de la convention écologique que bricole, vaille que vaille Madame Batho. Malheureusement, il semblerait que les communistes (ci-devant Front de Gauche) aient opté pour la politique de l’autruche en niant l’inexorabilité de cette hausse. Ils retrouvent là les vieux réflexes soviétiques qui déconnectant prix à la consommation et coûts des facteurs de production ont mis à genou définitivement l’économie de l’ex-URSS et de tous les pays qui en avaient fait un modèle.

Mais il n’y aurait que le prix de l’énergie qu’on pourrait encore s’en arranger (les scénarios Negawat montrent que cela est possible). Il y a hélas plus grave si on poursuit dans la même voie

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/12/les-dechets-nucleaires-francais-auront-double-de-volume-en-2030_1732590_3244.html

Les déchets nucléaires français auront doublé de volume en 2030

Voilà encore un rapport qui arrive fort à propos pour éclairer les débats sur la politique énergétique de la France. Compte tenu de la densité de la matière sur la table, on en viendrait presque à demander à madame Batho de renoncer à sa petite convention écologique pour ouvrir une grande consultation à travers toutes la France sur les choix énergétiques pour les trente ans à venir.

4. Mais tapie, l’hydre guette

En effet, compte tenu de la difficulté des choix, il peut devenir tentant de revenir à des valeurs sures et c’est ce que commence à faire l’industrie pétrolière et ce ne sont pas les dénégations véhémentes de madame Batho qui y changeront grand-chose. L’épisode guyanais et l’abandon sans combattre face aux lobbies pétroliers au large de la Guyane laisse penser que l’opinion publique peut rapidement se retourner sur l’autre question qui fâche quand on parle hydrocarbure en France : les gaz de schiste.

http://www.ouest-france.fr/actu/societe_detail_-Gaz-de-schiste-pour-l-instant-la-France-resiste-_3636-2094984_actu.Htm

Gaz de schiste : pour l’instant, la France résiste

Tout est dans le « pour l’instant », car la carte jointe à l’article est parlante. Quand on a la « chance » d’avoir les deuxièmes réserves « prouvées » d’Europe, on ne la gâche pas.

Si en plus le rédacteur rajoute que la fracturation hydraulique est déjà utilisée sans risque, malgré les conclusions alarmistes d’un rapport pourtant  favorable a priori au gaz de schiste, remis à la prédécesseure de madame Batho, on sent bien que le rouleau compresseur « communicant » de Total et de ses collègues est en route. Mais c’est oublier que le problème majeur, ce n’est pas la fracturation hydraulique, c’est et cela restera l’épuisement d’une ressource naturelle et la pollution de l’atmosphère avec des rejets de CO² qu’induit non pas la production des gaz de schiste mais leur utilisation comme combustible. Ce n’est pas parce que Copenhague a été un échec (la faute à qui ?), ce n’est pas parce que Cancun a été un échec, ce n’est pas parce que Rio+20 a été un non-événement que le réchauffement climatique n’est plus une réalité. Il suffit d’en voir tous les jours les manifestations à travers des épisodes météorologiques exceptionnellement violents. Tout se passe comme le GIEC l’a décrit : tornades, sécheresses exceptionnelles ici ( Middle West) http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/17/les-etats-unis-connaissent-leur-pire-secheresse-depuis-plus-de-50-ans_1734505_3244.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20120717-[titres], épisodes pluvieux de grande ampleur là (Pékin), épisodes froids et pluvieux ailleurs (France et Grande Bretagne en juillet) http://www.ouest-france.fr/actu/societe_detail_-ete-2012-deja-un-record-de-pluviometrie-_3636-2096321_actu.Htm

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Meteo.-Quel-temps-dans-l-Ouest-pour-cette-semaine-_39382-2096895_actu.Htm?abo=2828281&serv=10&idCla=39382&idDoc=2096895&utm_source=ofmnewsletter&utm_medium=lettredinformation&utm_campaign=informationsgeneralesvoisinant avec des épisodes caniculaires à quelques centaines de kilomètres (Ukraine et Europe de l’Est ). Donc les gaz de schiste, c’est « ni ici ni ailleurs, ni maintenant, ni jamais. » car on connait trop l’avidité de ces grands groupes pétroliers. Si on les autorise, ils ne sauront pas se limiter. Les dégâts sont déjà visibles aux Etats-Unis.

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