Fusion et confusion

Lors du dernier quinquennat, le mot d’ordre était « rationalisation » des moyens de l’Etat et « fusion des services ». C’est ainsi que le mouvement de fusion déjà amorcé dans les hôpitaux s’est accéléré, que la carte judiciaire a été fortement chamboulée, que les services déconcentrés de l’Etat ont été passé à la moulinette de la RéATE (curieux acronyme pour Réforme de l’Administration Territoriale de l’Etat mais il faut dire que R.A.T.E. aurait été malvenu)

On connait déjà les jugements portés sur cette dernière par la Cour des Comptes notamment mais il semblerait que pour le reste le gouvernement précédent n’ait pas eu la main plus heureuse

En ce qui concerne la réforme de la carte judiciaire que tous le monde réclamait de ses vœux, sauf peut-être la Garde des Sceaux qui, en 2000, n’osa pas poursuivre le mouvement entamé par sa prédécesseure sur la base de travaux pourtant bien étayés, il semblerait que la méthode « à la hussard » n’ait pas été la bonne

http://www.senat.fr/notice-rapport/2011/r11-662-notice.html

De ce rapport très riche, on retiendra que le regroupement de juridictions ne peut pas être une fin en soi, qu’il n’a de signification que s’il permet de mieux rendre la justice. On l’a oublié en cours de route au profit d’une logique purement comptable, sur la base d’une croyance communément répandue dans le monde des affaires que « big is beautiful. »

Le résultat est qu’une réforme qui de l’avis de tous était nécessaire, sera sûrement à refaire. Quel gâchis humain entre deux ! Quelle gabegie financière aussi, ne l’oublions pas !

L’Etat n’a guère été plus chanceux avec la réforme de la carte hospitalière et l’IGAS n’est pas tendre avec la politique de fusion entreprise depuis une quinzaine d’années

http://www.igas.gouv.fr/IMG/pdf/RM2012-020P.pdf

Est-ce un fait exprès ou finalement n’est-ce qu’une question de bon sens, l’IGAS arrive à peu près aux mêmes conclusions que les sénateurs. Le regroupement des services n’est pas une fin soi , qu’il n’a de signification que s’il permet de mieux exercer la médecine. Mais l’IGAS enfonce un peu plus le clou contre le dogme du « big is beautiful » puisque le rapport parle d’une taille critique au-delà de laquelle, les économies d’échelle deviennent des « désécénomies ».

Et si cette règle était aussi valable dans le monde des affaires ?

Voilà deux beaux rapports qui arrivent opportunément sur le bureau de la ministre chargée de la réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction Publique. Comme elle connait bien les deux sujets, et pour cause, elle devrait en faire son miel, mais aussi sur celui de la ministre chargée de l’égalité des territoires que cette question de l’accès égal aux services publics devrait passionner. Il ne faut pas oublier non plus les ministres chargées de la justice et de la santé. Beau challenge pour ce quatuor entièrement féminin

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