« La publicité rend idiot » ou « Je vais encore me fâcher avec ces gens là. »

Je vais me fâcher avec les gens de la publicité et sûrement aussi avec quelques autres et pourtant je ne suis pas un publiphobe viscéral. Je trouve même les images que produit la pub assez agréables et ses discours, enjôleurs. Je serais plutôt du type publi-résistant ou publifuge.

C’est pourquoi la condamnation en appel de quelques profanateurs d’affiches dans le métro m’interpelle, comme d’ailleurs m’interpelle le contenu  de  l’article ci-dessous:

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/26/la-publicite-peut-avoir-des-effets-nocifs-sur-la-societe_1724489_3232.html

Procès des Déboulonneurs de pub : et la liberté de (non) réception ?

« Il serait inique que des barbouilleurs animés par un esprit civique de dépollution des images soient poursuivis et condamnés, alors que tant  d’ignominies dues à la recherche du profit maximum sont tolérées. » Edgar Morin.

Si les auteurs de cet article ne sont pas des chercheurs farfelus, il faut bien se rendre à l’évidence : l’évolution des techniques de manipulation mentale rend la publicité socialement dangereuse car nous sommes loin des techniques archaïques (du type images subliminales) que décrivait Georges Orwell dans 1984. Cela a deux conséquences, l’une qui relève de la philosophie, le maintien de notre libre arbitre, l’autre beaucoup plus terre à terre, l’augmentation des dépenses de santé. Si on n’est pas sensible au premier argument (« car après tout la philosophie n’a jamais cassé des briques »), on doit au moins l’être au second car c’est de notre porte-monnaie dont il s’agit.

Au lieu de condamner ces jeunes gens (car la plupart de ces « profanateurs » sont des jeunes) , on devrait les récompenser, comme on devrait récompenser ces donneurs d’alerte qui ont leur place dans le débat public et devraient pouvoir la prendre avec un statut un peu plus protecteur que celui de hors la loi. Ce que je dis là vaut aussi pour d’autres donneurs d’alerte comme les « faucheurs volontaires », ceux qui ont dénoncé avant les autres les méfaits de l’amiante, du Médiator etc… et furent poursuivis pour cela.

Un autre aspect est à prendre en compte, la place prise par la publicité dans le prix de revient de certains produits. Pour essayer de préserver des parts de marché, certains industriels n’hésitent pas à  prélever sur le pouvoir d’achat de leurs clients car en fin de compte, c’est bien le client qui paye la pub en payant un produit à un prix qui inclut justement ces dépenses de publicité.

Il serait peut-être temps d’aller revisiter d’un peu plus près toute la réglementation autour de la publicité

a)afin de prohiber certaines pratiques manipulatoires car intentant à la dignité humaine,

b)afin de limiter la part de la publicité dans le prix de revient des produits de grande consommation car confiscatoires de pouvoir d’achat ,

c) afin de limiter l’espace occupé parfois illégalement par la publicité  (temps de pub, lieux de pub, surface d’affichage etc..) car détériorant notre environnement visuel ou sonore.

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