Eloge de la métamorphose à la soirée des « grosses têtes »

Tout le monde se souvient de cette tribune publié en janvier 2010 par Edgar Morin dans Le Monde et qui portait ce titre.

Mercredi  4 juillet au CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) nous avons eu le droit à un petit discours de quelques minutes  qui aurait pu s’intituler ainsi aussi.

Alors que nous étions pour beaucoup d’entre nous encore dans le recueillement du dernier au revoir à Olivier Ferrand, le président du CESE, Jean-Paul Delevoye nous a en effet servi un petit bijou de pensée qui, personnellement, m’a réconcilié avec l’humanité.

Manifestement, Delevoye est comme les grands crus, il se bonifie en vieillissant et sans nul doute son passage à la Médiature lui a bien dégagé les œillères.

Voici en résumé, le contenu de son petit message.

« Nous ne traversons pas une crise, nous vivons une métamorphose. Jusqu’à une période récente, l’Etat a signifié la puissance et ses instruments étaient des instruments de puissance : les armées, la monnaie, la justice et la police. En quelques années les choses ont bien changé et maintenant les instruments de la puissance étant parti ailleurs, l’Etat est devenu une protection, les grands devant protéger les petits.

Pour traduire la pensée du Président Delevoye en termes imagés, en quelques années, de masculin, l’Etat est devenu féminin et cela change beaucoup de choses.

L’Etat est devenu l’incubateur du futur, celui qui garantit les prises de risque et protège les petites structures puisque c’est dans les petites structures que naissent la quasi-totalité des innovations  et non dans les grandes organisations dont l’essentiel de l’activité et au contraire de tout faire pour conserver les positions acquises.

La fonction principale de l’Etat est donc de préserver sa capacité d’anticiper mais aussi de penser différemment les choses, ce qui implique sûrement d’avoir d’autres indicateurs de l’action publique, et le président Delevoye d’évoquer à ce sujet le passage d’une économie linéaire qui exploite, transforme, consomme et détruit des ressources naturelles vers une économie circulaire qui recycle en permanence, ce qu’elle produit et consomme.

En conclusion, l’Etat , c’est moins de pouvoir et plus d’innovation. L’Etat , c’est peut être moins de surface mais une présence plus lourde, plus dense.3

Les personnes présentes ce soir là était ravie puisqu’elles étaient venues parler d’idées nouvelles avec le défilé devenu rituel de tous les thinks tanks que compte la pensée française.

Heureusement que nous avions ce message à nous mettre sous la dans car pour le reste, ce fut d’une grande insipidité. L’institut de l’Entreprise fit de « l’Institut de l’Entreprise » et l’éloge de la « big society » de david cameron, l’IFRAP fit de « l’Ifrap » et la chasse aux déficits, la fondation Gabriel Peri fit de « la fondation Gabriel Peri » et l’éloge du service public issu du CNR comme la fondation Jean Jaurés fit du « fondation Jean Jaurés » et l’éloge de la fonction publique. L’Institut Montaigne se distingua en tirant à boulet rouge sur le cumul des mandats.

Vaincu, je suis parti au moment où Terra Nova prenait la parole  car le cœur n’y était plus. Entendre Terra Nova sans entendre Olivier, ça va être dur à admettre. A noter que tous les intervenants lui ont rendu hommage sauf l’Institut de l’entreprise et la fondation gabriel Peri. Manifestement ils ne le connaissaient pas.

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