QUAND FAUT Y ALLER, FAUT Y ALLER

Quand la question de la participation des écologistes au futur gouvernement se posait il y a  six semaines, la réponse était à la fois simple et compliquée. En effet, on ne connaissait pas le résultat des élections présidentielles; on n’avait que les indications que pouvaient donner les sondages qui se multipliaient.

Il y a six semaines, le candidat socialiste l’emportait largement sur son concurrent de la droite et du centre par un écart variant de 8 à 10%.

Il y a six semaines, les deux candidats protestataires de l’extrême-droite et de la gauche radicale étaient au coude à coude et pesaient à eux deux près de 30% de l’électorat et les médias prédisaient que le candidat du Front de gauche serait le 3° homme de cette élection, comme le candidat du centre le fut en 2007.

Il y a six semaines, la candidat écologiste recueillait 2.5% des suffrages.

Dans ces conditions, la participation des écologistes au premier gouvernement nommé juste après le 6 juin n’était pas envisageable car leur poids ne leur auraient pas permis de peser sur le gouvernement pendant cette période de campagne législative.

OR LE RESULTAT DES PRESIDENTIELLES N’A PAS ETE CELUI QUI ETAIT PREDIT!

1°) si le total des voix protestataire a bien été de 30%, l’extrême-droite a établi un nouveau record de voix, reléguant le Front de gauche à près de 3 millions de voix

2°)entre les deux tours, le candidat de la droite et du centre s’est mué sans difficulté en candidat de la droite et de son extrême.

3°)le résultat du second tour a été finalement très serré puisque l’écart est inférieur à 3,5%

La seule chose qui n’a pas changé, c’est le score de la candidate écologiste : 2.5% ou un peu moins.

Mais ces 2,31% des suffrages, soit 850.000 voix n’ont plus la même signification.

Quand l’écart était de 10%, 2.5% en plus ou en moins, n’avait pas grande utilité et le vainqueur pouvait passer outre. Quand la majorité n’est plus que de 1.7%, 2.31% deviennent brutalement un élément crucial.

Quand la droite pouvait envisager de gouverner avec le centre, on restait dans le cadre du combat démocratique classique et envisager de pouvoir constituer une alternative n’était pas une utopie. Maintenant que les digues ont été rompues avec l’extrême droite, il y a un danger réel de remise en cause de notre modèle républicain.

Dès lors refuser de participer à ce premier gouvernement devenait une erreur politique mais surtout une faute morale.

Ce serait une erreur politique car ce serait refuser de saisir une opportunité de peser tout de suite sur les premières décisions de la coalition de gauche.

Ce serait surtout une faute morale car ce serait refuser de prendre ses responsabilités à un moment où les forces de tous seront nécessaires pour faire barrage aux attaques démagogiques de la droit devenue brutalement plus dure et de l’extrême-droite qui dévoile soudain que derrière le sourire carnassier de sa tête d’affiche blonde, l’extrême-droite reste xénophobe, raciste et antidémocratique.

Ce serait enfin un erreur stratégique politique et une faute morale grave de jouer la politique du pire et de laisser un gouvernement monocolore gouverner en espérant que son échec sera une opportunité de prendre le relais le moment venu. En effet, une chose est sûre, si le gouvernement issu des élections de juin échoue, le recours ne sera ni l’écologie politique, ni la gauche radicale mais la droite extrême alliée à l’extrême-droite.

La période est donc cruciale et comme on dit en se retroussant les manches : « Quand faut y aller, faut y aller. »

Mais participer à ce premier gouvernement, puis au suivant ne sera pas une partie de plaisir pour les écologistes. Plus encore qu’en 1997, ce sera un combat de tous les jours.

Mai politiquement la situation sera différente : l’écologie politique a déjà un groupe parlementaire au Sénat, groupe charnière sans lequel, il n’y a pas de de majorité dans cette assemblée. Plus le vote en faveur des candidats de l’écologie politique sera élevé, plus il y a de chance que le groupe parlementaire EELV à l’Assemblée Nationale soit étoffé. Avec deux groupes parlementaires conséquents, les ministres écologistes seront déjà mieux épaulés pour avancer leurs projets ou bloquer les projets qui constituent un facteur de rejet

Quand la morale et le réalisme politique se rejoignent, il n’y a plus à hésiter : il faut y aller mais pas comme le mouton va à l’abattoir, plutôt comme on entre dans l’arène.

 

 

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