Voilà une chose de faite!

En général quand on s’est débarassé d’une corvée, c’est ce qu’on se dit : « Voilà une bonne chose de faite! »

Hier en élisant François Hollande avec un écart de plus de 3.5% des voix, les Français se sont débarassé de Nicolas Sarkozy. Compte tenu de ce que j’ai écrit sur ce blog depuis plus de deux ans, vous vous doutez bien que je considère que c’est une bonne chose.
Mais pour autant est-ce une bonne chose dans l’absolu?

Dans la V° République telle qu’elle existe, l’élection du Président est forcément un événement majeur, mais deux cohabitations et une période majorité relative nous ont montré que ce régime n’était pas aussi présidentiel que voulait nous le faire croire le précédent locataire de l’Elysée.

Le troisième tour, comme on l’appelle, revêt dans les circonstances actuelles une importance capitale. En effet, la victoire de François Hollande n’est pas suffisamment large pour qu’il puisse considérer qu’il a obtenu une forte adhésion du corps électoral.

Or les difficultés qui attendent le gouvernement, quel qu’il soit, supposent qu’il puisse s’appuyer sur  forte majorité.

Depuis hier, les barons de l’UMP, encore unis pour quelques jours, ont entonné l’air suivant: « Vous ne pouvez pas leur laisser tous les pouvoirs. Ils (c’est à dire les socialistes) ont déjà l’Elysée, 21 régions sur 22, les 2/3 des départements, le Sénat (ce qui n’est pas vrai d’ailleurs puisque le groupe socialiste à lui seul n’est pas majoritaire). Il faut rééquilibrer les choses lors du prochain scrutin. »

je sui désolé de leur dire que ce n’est pas eux qui peuvent représenter un large support et que manifestement, ils sont murs pour une petite cure d’opposition qui leur permettra de se remettre les neurones dans le bon sens.

Par contre, là où ils ont en partie raison, c’est que le PS a une tendance à l’hégémonie.

Le large soutien que réclame les mesures importantes qu’il faudra prendre très rapidement impose donc que le futur gouvernement, celui qui sera issu des élections du 10 et du 17 juin, s’appuie sur une majorité aussi diverse que possible mais une majorité qui aura affirmé dans la campagne précédente et dans celle qui vient que ses objectifs sont compatibles avec celui que le peuple vient de désigner comme son Président

En politique comme dans la nature, la biodiversité est une garantie de santé et de robustesse, de résistance aux épidémies  et le maintien d’une capacité à évoluer.

Tout reste donc à faire au mois de juin pour envoyer à l’Assemblée une majorité large où les députés écologistes, de la gauche non socialiste et de la mouvance humaniste (comme on dit maintenant pour ne pas parler de ce qui reste du MODEM) péseront d’un poids suffisamment lourd pour rappeler en permanence au Premier Ministre et à celui qui l’aura mené, qu’ en éliminant Nicolas Sarkozy, les Français ont surtout dit qu’il voulait que cela change maintenant, mais que cela change vraiment!

Donc hier soir une hypothèque a été levé car avec Nicoals Sarkozy, le changement n’était pas possible. C’était un préalable nécessaire mais non suffisant.

« C’est une chose de faite!  » Ce ne sera une « bonne chose de faite » que si les 10 et 17 juin, la composition de l’Assemblée Nationale reflète la diversité de ceux qui ont hier soir « Nicolas, Basta! » et que le PS ne soit qu’une composante d’une majorité forte de cette diversité.

 

 

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