Brève de compteur n°63 : la transition énergétique, c’est possible

Le cas suédois

Lorsque nous parlons de transition énergétique, nous nous tournons vers nos voisins les plus proches c’est-à-dire les Allemands ou parce que leur capacité de réaction fait l’admiration, vers les Japonais.

Mais nous oublions que depuis maintenant plus de 20 ans, un pays a lancé sa mutation énergétique et est en train de réussir sa mutation, la Suéde.

http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,energies,energies_renouvelables,,137050.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

Suède : le succès d’une économie sobre en carbone

Je suis certes un peu dérangé par le fait que le nucléaire représente encore, 20 ans après, une part non résiduelle du cocktail énergétique suédois.

Certes, je suis aussi un peu dérangé par le fait que la Suède dispose de ressources hydraulique non négligeables et d’une biomasse forestière conséquente.

Il n’empêche que le modèle mérite d’être examiné d’un peu plus près et les leçons qu’on peut en tirer sont les suivantes.

Les Suédois, comme d’ailleurs les Allemands, font flèche de tous bois et utilise largement la palette des possibilités :

*en diversifiant les sources d’énergie, qui est la meilleure garantie de réguler le flux global sans être dépendant

*en mettant l’urbanisme de leur ville au service de cet objectif

Et surtout, les Suédois n’ont pas hésité à mettre en œuvre une vraie taxe carbone dont le montant est suffisamment dissuasif pour avoir un effet immédiat sur les comportements.

Enfin, « last but not least » comme disent nos voisins britanniques , la Suède qui est aussi décentralisée que la France est jacobine a pu s’appuyer sur une grande diversité d’initiatives qui se combinent entre elles.

Nous ferions bien de nous en inspirer. Bien sûr la Suède, ce n’est pas la France. Mais si l’une à des ressources hydrauliques et des forêts abondantes, on ne peut pas dire que la France manque non plus de ressources hydrauliques et si la forêt est plutôt maigrelette, il existe une plus large palette de possibilités : des couloirs éoliens relativement réguliers et puissants, un ensoleillement important, une longueur de façade maritime impressionnante.

En outre, les hivers français n’ont rien à voir en rigueur et en durée avec les hivers scandinaves.

Donc, rien n’empêche que nous puissions réussir là où les Suédois sont en train de réussir.

Pour dire deux mots de la taxe carbone et tordre le cou une bonne foi à l’argument qui voudrait qu’écologie et économie sont antinomique, il convient de préciser ceci :

*Les cotisations sociales pénalisent l’emploi .Or, nous voulons promouvoir l’emploi.

*Nous voulons réduire la consommation d’énergie, notamment d’origine carbonée. Or, seule une augmentation conséquente du prix de l’énergie peut avoir un effet sur cette consommation.

Dès lors, il est facile de comprendre qu’un transfert des charges sociales vers la taxe carbone peut avoir un effet bénéfique dans les deux sens sans effet sur les comptes des entreprises pourvu que les taux soient correctement calculés.

Amener l’éolien à maturité

 

Le Syndicat des énergies renouvelables nous propose là un plaidoyer pro domo et son constat est un peu de parti pris

http://www.greenunivers.com/2012/04/leolien-a-la-parite-reseau-mais-lavenir-est-menace-ser-75501/

« L’éolien à la parité réseau, mais l’avenir est menacé (SER) »

Parler d’égalité de coût de production entre l’éolien et les autres sources d’énergie électrique, c’est sûrement aller un peu vite en besogne mais en tout cas, c’est bien la tendance qui se désigne et assez rapidement, cela se vérifiera. Cela se vérifiera d’autant plus vite que la volonté politique sera là pour aider la filière éolienne à arriver à maturation. Il n’y a pas besoin d’aides financières conséquentes pour cela, il suffit de stabiliser  et de simplifier le cadre réglementaire. A la clé, il y a évidemment aussi une perspective alléchante pour les gouvernants quels qu’ils soient : la création de quelques dizaines de milliers d’emplois, ce qui n’est pas négligeable.

L’efficacité énergétique reste la clé du problème

 

Courir en permanence après une consommation d’énergie en croissance continue est une course perdue d’avance. La seule façon de réussir la transition énergétique est bien d’inverser la courbe et pour cela, il faut agir sur toutes les sources de consommation : logement, transport, production

C’est ce qu’ont compris les professionnels du bâtiment, qui sans attendre que l’Etat se réveille enfin s’organisent pour être prêts à produire quand les vannes budgétaires vont s’ouvrir. Là aussi, il y a manifestement quelques dizaines de milliers d’emplois à la clé.

http://www.greenunivers.com/2012/04/la-filiere-batiment-vert-se-federe-pour-accelerer-son-developpement-75369/

C’est ce qu’ont  aussi commencé à comprendre les Régions qui développent des petits programmes dans ce sens. C’est le cas en Rhone-Alpes

http://www.greenunivers.com/2012/04/appel-a-projets-en-rhone-alpes-pour-lefficacite-energetique-75452/

C’est aussi le cas en Bretagne

http://www.bretagne.fr/internet/jcms/preprod_147814/appel-a-projets-batiments-basse-consommation-2012

où le Conseil Régional va même plus loin puisqu’il semble promouvoir la décentralisation énergétique

http://www.bretagne.fr/internet/jcms/preprod_147836/appel-a-projets-boucle-energetique-locale

Certes, il s’agit là de la troisième branche du Triskell cher au Président  Le Drian et à son fameux « Pacte Energétique Breton » mais on a quand même l’impression que dans ce schéma, cela reste le parent pauvre. Je ne demande qu’à être démenti mais surtout, je demande à voir. Le soutien apporté à un projet inepte, et le mot n’est pas trop fort, à Landivisiau monte pour l’instant qu’il n’a pas compris que la sobriété énergétique était la clé. En effet, on ne propose pas à un alcoolique en début de sevrage de prendre en guise de dernier verre, un Jéroboam de mauvais vin.

Oui, la transition énergétique est possible à condition d’avoir la volonté politique de le faire, de prendre les mesures fiscales qui s’imposent, de clarifier le paysage réglementaire et d’assumer les priorités budgétaires.

Et à la clé, cerise sur le gâteau, il y aura en plus des emplois.

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Un commentaire pour Brève de compteur n°63 : la transition énergétique, c’est possible

  1. Pourquoi perdre vos compétences en écriture sur le blog alors que vous pourriez écrire des livres sur le sujet ? Pensez-y. Vous êtes très bon dans ce que vous faites.

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